‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 218 sur 247 · II. BALTHASAn ALVARÈS, JÉSUITE · texte numérisé non relu

II. BALTHASAn ALVARÈS, JÉSUITE

Il serait difficile de se préparer au divin Sacrifice avec plus de soin que ce saint religieux. Plusieurs fois le jour, il examinait sa conscience, et il avait hâte de confesser les moindres fautes dont il se croyait coupable. Sa grande ressource dans ses difficultés était à l'autel. C'est dans la célébration des divins Mystères qu'il obtenait pour l'ordinaire les lumières et les secours dont il avait besoin. Jamais il n'allait célébrer sans avoir donné à l'oraison un temps plus ou moins long; aussi nul n'assistait à sa Messe sans être édifié de sa modestie et de son recueillement. Un jour, sainte Thérèse, dont il était le directeur, vit sur sa tête, à l'autel, un diadème d'une splendeur admirable, indice des vertus et des dons divins dont son âme était ornée. Mais lorsqu'il éprouvait un sentiment de piété plus qu'ordinaire et

1. Ces paroles rappellent un trait touchant d'un célèbre docteur, Hugues de Saint-Victor, surnommé de son temps le nouvel Augustin. « La veille de sa mort, rapporte le pieux Osbert, son disciple, j'allai le voir de bonne heure et je lui demandais comment il se trouvait. « Fort bien, répondit-il, pour l'àme comme pour le corps. » Puis s'étant assuré que nous étions seuls, il reprit : « Vous avez dit la messe, ce « matin! — Oui, répondis-je. — Eh bien! approchez-vous, et soufflez « sur mon visage en forme de croix, pour me donner part à l'Esprit « que vous avez reçu. » Je le fis, et aussitôt ce vénérable mourant prononça, dans un profond recueillement, ce verset de None : Os tneuin aperuiet altraxi spirituni. » (Ps. cxviii, 131. Cf. Joan., xx. 22. )

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qu'il pressentait quelque faveur, il avait soin d'aller célébrer à l'écart, dans un petit oratoire, sans autre témoin que son servant, afin de goûter plus longtemps les douceurs de la visite céleste. Après le saint Sacrifice, il employait une demi-heure à rendre grâces ;i Dieu des bontés dont il se voyait l'objet; et c'est alors surtout que Notre-Seigneur l'éclairait sur la conduite qu'il devait tenir ou sur ce qu'il avait à dire.

Il recommandait beaucoup de ne pas abréger ce temps de l'action de grâces et de le bien employer. « Non defrauderis a die bono, disait-il, et particula boni dati non te prœtereat ^ . On ne jouit pas d'une telle grâce quand on veut. Notre-Seigneur peut dire à ceux qui l'ont reçu, comme aux convives de Béthanie : Me auteni non semper habebis- . Que faire donc, sinon adorer avec tout le respect possible ce divin Sauveur présent en nous, nous reconnaître indigne de contempler sa divine face, implorer sa bénédiction; puis écouter les paroles qu'il veut bien nous adresser et lui exposer avec humilité les besoins et les désirs de notre âme? Ne lui demandons pas ses douceurs, mais sa grâce et son esprit. Il ne les refuse jamais à qui le lui demande pour sa sanctification, car ne nous imaginons pas qu'il soit avare de ses dons ou qu'il vienne à nous les mains vides, en laissant au ciel ses dons et ses vertus. Ce qu'il souhaite avec le plus d'ardeur, c'est de se donner à ceux qui l'aiment et de leur communiquer sa vie. Qui le désire l'obtient, et qui le possède a tout. Oh! que de grâces on reçoit en le recevant! Christus, vita noslra^. Si la vie de notre âme se communique à notre corps, tellement que chacun de nos membres y participe, même les plus faibles et les

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