Cf. De liAnlagGS, Instructions ecclésiastiques
du Père de Gondren. Ce fut son bonheur sur la terre de célébrer les saints Mystères et de s'immoler au Seigneur avec son divin Fils. Il put dire avec le Psalniiste : Passer invertit sibi domum et tiirtur nidum sibi, iibi portât pullos siios : altaria tua, Domine vivtutum ' / Nous ne sommes pas à même de dire quelles étaient ses pratiques au saint autel ; mais son Traité sur le Sacerdoce du Sauveur qu'on a publié après sa mort' et plusieurs de ses lettres nous font connaître ses principales idées.
a Dieu n'est pas seulement notre souverain Maître : il est notre créateur, il est la vie de tout ce qui respire. Tous les êtres vivants doivent un hommage incessant à cette vie perpétuelle. Toute vie, comme toute existence, découlent de lui, c'est trop peu de lui en rapporter l'usage. Nous lui devons jusqu'au fond de notre substance. Mais quand je m'immolerais devant lui et qu'avec moi j'immolerais l'univers entier, pour témoigner que tout lui appartient et que lui seul mérite d'être, que serait-ce pour honorer sa grandeur et sa souveraineté infinies ? Toute la création n'est qu'une ombre en sa présence. Plus je contemple cet Etre des êtres, plus sa grandeur s'accroît à mes yeux et s'élève au-dessus de moi : Çonfortata est, et non potero ad cani ^. Notre seule ressource pour lui rendre gloire est donc en son Fils Jésus-Christ, le Verbe fait chair. Il n'y a qu'un Dieu qui soit une victime digne de Dieu. II n'y a que le Fils de Dieu qui connaisse bien les hommages dus à son Père. Il n'y a que lui pour les lui offrir. Afin d'honorer dignement un tel Père, il ne fallait rien moins que le