Ps. cxxxviil
sacrifice d'un tel Fils. Et pour que ce sacrifice fût parfait, il fallait d'abord que ce divin Fils s'offrît lui-même d'une manière sanglante, puis, qu'avec tous ses membres, il se tînt constamment dans un état d'immolation et de mort, mettant aux pieds de l'Être des êtres la création tout entière et proclamant à sa gloire son suprême domaine et sa souveraine justice.
« Jésus-Christ étant l'unique victime, est par là même le seul médiateur, la prière universelle, la louange par excellence. C'est l'hostie qui a expié sur la croix toutes nos iniquités. C'est l'oblation qui couvre toutes les fautes et qui mérite tous les dons. Cette victime, toujours immolée, soutient tout l'univers contre la rigueur des châtiments divins. Elle obtient l'accroissement du règne de Dieu sur la terre, la sanctification de son nom, la multiplication de ses élus. »
Ces paroles font connaître dans quelles vues et pour quelles fins le P. de Condren offrait le saint Sacrifice. Nous apprenons de même dans quels sentiments il communiait à la divine Hostie. « Quand le Sauveur vient dans mon cœur, dit-il, c'est pour en prendre possession au nom de son Père. Dieu était en son Fils sur la croix pour se réconcilier le monde ^, il est en lui dans son Sacrement pour nous attester sa charité et pour l'établir dans nos âmes. Il vient en nous dans la Communion pour nous donner part à sa vie. Il veut que nous lui soyons unis aussi étroitement que le sarment l'est à la vigne et le bras à la tête.
« On a vu des hommes passer en la possession du démon et être asservis à la tyrannie de Satan pour avoir