‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 227 sur 247 · Apoc, vu, 3-Ô · texte numérisé non relu

Apoc, vu, 3-Ô

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à l'autel, le Seigneur inonda son âme de tant de délices qu'il en conserva l'impression toute la vie. Il conçut du divin Sacrifice une telle estime qu'il eût voulu, disait-il, trois éternités pour s'en acquitter à son gré ; une pour s'y disposer, une pour le célébrer, une pour en rendre grâces.

Il avait pour maxime que le représentant du Sauveur doit être victime en même temps que sacrificateur, et qu'en offrant Jésus-Christ à son Père, il faut s'offrir aussi soi-même, souhaitant d'être détruit et transformé, autant qu'il est possible, en Notre-Seigneur, comme le pain et le vin offerts à l'autel.

Sa vénération pour les saints Mystères s'étendait à tout ce qui y avait rapport. Ainsi il honorait religieusement tous les prêtres, et il avait soin de donner au peuple, dans les missions, l'exemple du respect dû au sacerdoce. Mais il avait un égal désir que les prêtres honorassent eux-mêmes leur caractère. Il ne pouvait souffrir la précipitation à laquelle un certain nombre se laissaient aller en célébrant. « Je supplie nos frères, écrivait-il aux membres de sa Congrégation, de dire la Messe avec grande application d'esprit et de cœur, de ne se hâter jamais en célébrant et de j)rononcer toutes les prières d'une manière posée et distincte. » Une fois il menaça un de ses confrères, qui se pressait trop au saint Sacrifice, de le faire sortir de la Congrégation, disant qu'il en sortirait lui-même, plutôt que d'être témoin d'une telle indévotion, et qu'il mourrait de douleur s'il y voyait son Maître traité avec si peu de respect.

Il attachait aussi une grande importance à ce que la Messe fût servie avec décence, comme on peut s'en

convaincre par un petit écrit qu'il a composé pour montrer l'excellence et le mérite de cette fonction et pour signaler les manquements qui s'y peuvent commettre. C'était un bonheur pour lui de rendre ce service. Quand il en trouvait l'occasion, il s'en acquittait avec tout le respect possible. Jamais il ne manquait de se revêtir pour cela du surplis. Il recommandait à ses confrères de faire de même, et de ne pas négliger dans leurs missions de former les enfants de chœur à servir à l'autel d'une manière édifiante et religieuse.

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