Soit parce que le Verbe est originairement et essen
tiellemcnt la gloire de son Père ; soil parce que les anges, ayant élé instruits dès rorigine du sacrifice que l'Homitie- Dieu devait offrir à son Père, ont dû reconnaître dans son immolation le véritable culte dû à la Divinité ; soit parce que Jésus-Christ a été donné pour chef à toute l'Eglise militante et triomphante, et que les purs Esprits lui sont subordonnés, aussi bien que les bienheureux. — Trcmiint polestates. (Cf. Job. xvi, 12.) Cogita quibuscum invoces De uni, scilicet cuin CJierubiin, citm Seraphim, ciim aliis cœli virtntibus aniinadverte r/itot hahes socios. (S. Chrys., De die nat. Hom., 4.)
5. Cantique du ciel à la gloire de la Trinité. Entre toutes les perfections de Dieu, sa sainteté est celle à laquelle les anges sont surtout appliqués et que le divin Sacrifice a spécialement pour fin d'honorer : Seraphim claniabaiit aller ad alterum : Sanctus, sanctus, sanctus. (Isai, vi, 3.) Requiem non habebant, dicentes : Sanctus. (Apoc, iv, 8.) Cette triple affirmation exprime l'admiration la plus vive et insinue la Trinité des personnes divines.
6. Dcus Sabbaolh : Dieu des armées, c'est-à-dire non moins fort et puissant que saint.
7. Sainte Colette ne pouvait entendre ces paroles sans se sentir ravie d'admiration.
8. Cris de joie qu'on fit entendre à Notre-Seigneur, à son entrée triomphante à Jérusalem, figure de son entrée au ciel.
9. Benedictus : cette acclamation s'adresse à Notre-Seigneur, comme le Sanctus à la Trinité.
10. On a attribué à saint Xiste (127) l'insertion de cette doxologie au Missel : elle remonte certainement aux temps les plus anciens. Rien de plus digne de préluder à la consécration du corps et du sang du Sauveur ; rien de plus propre à élever l'âme à la hauteur de ce mystère.
Te igitur i, clementissime Pater ~, per Jesum Christura Filium tuum Dominum nostrum, supplices rogamus ac petimus^, uti accepta habeas, et benedicas * haec -]- dona, haec -|- munera, haec sancta sacrifîcia -]- illibata ^ ; in primis quae tibi offerimus pro Ecclesia tua sancta catholica^ : quam pacificare, custodire, adunare et regere digneris ^, toto orbe terrarum, una cum famulo tuo Papa nostro N., et Antistite nostro N., et omnibus orthodoxis, atque catholicae et apostolicœ fidei cultoribus^.
Mémento, Domine, famulorum famularumque tuarumN. . .^. Et omnium circumstantium ^^^ quorum tibi fides cognita est, et nota devotio^*, pro quibus tibi offerimus, vel qui tibi offerunt^^ hoc sacrificium laudis ^^, pro se, suisque omnibus, pro redemptione animarum suarum, pro spe salutis et incolumitatis suœ : tibique reddunt vota sua œterno Deo, vivo etvero.
1. Ici commence le Canon, la partie de la liturgie la plus essentielle et la plus vénérable : Antiquior est oinni me/noria, dit le cardinal Bona. (Cf. Conc- Trid., Sess. xxii, 7.) C'est comme une suite de Secrètes qui se terminent au Pater de la même manière que les précédentes viennent de se terminer à la Préface.
2. Pater : la sainte Trinité, considérée dans la première personne, comme au Suscipe de l'Offertoire. Après avoir levé les yeux et les mains vers le ciel, comme pour supplier le Père éternel d'envoyer son Fils sur la terre, le prêtre les baisse aussitôt et s'incline profondément. Il semble alors entrer dans le Saint des saints, comme le Pontife de la loi
COMMENTAIRE ARREGÉ 461
ancienne, ou comme Moïse, monter sur la cime du Sinai, pour s'entretenir seul ù seul avec Dieu des intérêts de son peuple. Aussitôt commence à voix basse cette longue prière, reliée à la précédente par le mot Igitur : « Puisqu'il est juste et digne de vous bénir ainsi... » Ensuite il baise l'autel, figure du Sauveur.
3. Rogamas ac petinius : nous vous prions avec humilité et nous vous demandons avec confiance, par Jésus-Christ, Notre-Seigneur. , .
4. Benedicas : la bénédiction qu'on demande n'a pas pour fin de rendre la victime présente, ou de faire qu'elle devienne agréable à Dieu ; mais d'appliquer à l'Eglise le mérite de son sacrifice. Cette prière ne peut donc pas déroger à la dignité du Fils de Dieu, pas plus que celle qu'il a faite lui-même pour ses disciples au temps de sa Passion, (Joan., xvii.)
5. Dona : ce sont des dons, parce qu'ils nous viennent de Dieu ; inunera, des présents, parce qu'ils lui sont offerts; saiicta sacrificiel, des hosties saintes et sans tache, parce qu'elles méritent dès à présent ce nom autant que les hosties des sacrifices anciens, et parce qu'elles vont être transsubstantiées au corps et au sang du Sauveur, lllibata, nondum libata. Les trois signes de croix qui se font ici indiquent que le mystère sera la reproduction du sacrifice du Calvaire et qu'il s'opérera par la puissance de la Trinité, en vertu des mérites du Sauveur. On peut se rappeler que les agneaux destinés à l'autel étaient appelés victimes longtemps avant leur immolation.
6. Pro ecclesia : pour l'Eglise, que Jésus-Christ a rachetée de son sang, afin qu^elle devienne de plus en plus sainte. Nul sacrifice qui ne profite à l'Eglise entière. (Cf. Exod. XXVIII, 29.)
7. Pacificare : souvenir des temps de guerre ou de persécution auxquels i-emontc le Canon ; custodire, dans la foi ; adunare, dans l'unité ; légère^ dans les voies de la sainteté. (Cf. Joan., XVII, 12, 19, 21.)
462 ORDINAIRE TiK LA MESSE
8. Organes et éléments essentiels de la sainte Eglise. (Heb. XIII, 7 ; I ïim., ii, 11.)
9. Mémento : Après avoir prié pour l'Eglise en général, pour le pape, pour l'évèque et pour tous ceux qui professent la "vraie foi, le prêtre prie en particulier pour ceux qu'il a des raisons personnelles de recommander à Dieu^ C'est un droit qu'on lui a toujours reconnu : il est fondé sur la valeur infinie du Sacrifice de l'autel et sur la part privilégiée que son ministère met à sa disposition i. L'usage ancien était de nommer à haute voix, après le pape et l'évèque, les bienfaiteurs de l'église et ceux qui avaient apporté des offrandes. Leurs noms, aussi bien que ceux des saints qu'on nommait avant le Pater, se lisaient sur des tablettes ou cartons garnis d'ivoire qui se pliaient en deux et qu'on nommait diptyques. Comme il s'élevait souvent des discussions sur les noms à insérer ou à effacer dans ces diptyques, on résolut d'en abandonner l'usage, de ne plus nommer personne qu'à voix basse et de ne mettre au rang des saints que ceux qui étaient inscrits dans le Missel.
10. En étendant les mains, penser à Moïse tenant les bras élevés sur la montagne, ou à Notre-Seigneur priant les bras étendus sur la croix.