‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 240 sur 247 · Condition ordinaire pour profiter du saint Sacrifice · texte numérisé non relu

Condition ordinaire pour profiter du saint Sacrifice

12. En réalité, ce sont toujours les fidèles qui fournissent d'une manière ou d'une autre les dons nécessaires à l'autel, et qui les offrent à Dieu par les mains de ses ministres.

13. Sacrificium lundis : parce que l'Eglise joint ses louanges au sacrifice du Sauveur et qu'il est essentiellement un sacrifice de louange et d'adoration.

1. Voir la proposition xxx^ du Concile de Pistoie condamnée par la Bulle Auctorem fidei : « Assertio sic intelleeta ut specialis oblatio seu applicatio sacriûcii qiiae fit a sacerdote non magis prosit, Cieteris paribus, illis quibus applicatur quam aliis quibus-libet, quasi nullus specialis fructus proveniret ex speciali applicatione, declaratur falsa, temeraria, perniciosa, inducens in errorem alias damnatum in Wiclefo. »

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Gommunicantes ' et memoriam vénérantes^, in primis gloriosa* semper Virginis Maria*, Genitricis Dei et Domini nostri Jesu Ghristi ; sed et beatorum apostolorum ac martyrum tuorum, Pétri et Pauli, Andréa, Jacobi, Joannis, Thoma-, Jacobi, Philippi, Bartholomaei, Matthaù, Simonis et Thaddaei ; Lini, Gleti, Glementis, Xysti, Cornelii, Gypriani, Laurentii, Ghrysogoni, Joannis et Paub", Gosma? et Damiani ^, et omnium sanctorum tuorum : quorum meritis precibusque concédas, ut in omnibus protectionis tua^ muniamur auxilio. Fer eumdem Ghristum Dominum noslrum. Amen*.

1. Communicantes : étant unis de communion, comme membres d'un môme corps qui participent à une même vie.

2. L'Eglise de la terre appelle à elle celle du ciel, composée de ses enfants les plus saints ; elle l'appelle dans l'espoir d'être aidée de ses suffrages et de recevoir plus dignement l'Agneau divin qui va descendre.

3. Elle nomme avant tout la bienheureuse Vierge, mère de l'Homme-Dieu, qui a eu la principale part au sacrifice de son Fils, puis Jes douze apôtres, cortège préféré du Sauveur, saint Pierre et saint Paul qui semblent ne faire qu'un seul apôtre, à cause de leurs travaux et de leur martyre communs dans la fondation de l'Eglise mère, les deux saints Jacques, saint Tbaddée ou saint Jude, etc.. Viennent ensuite cinq martyrs pontifes, saint Xiste II, mis à mort dans les catacombes de Saint- Prétextât en 258, et saint Corneille qui a précédé saint Xiste, mais qu'on rapproche à dessein de saint Cyprien, évêque de Carthage, à cause de leurs mutuelles relations ; puis saint Laurent, diacre de

saint Xiste (-|- 258), saint Chrysogoiie, mis à mort sous Dioclétien, saint Jean et saint Paul, martyrisés sous Julien l'Apostat, dans leur maison même qu'on vient de retrouver à Rome ; enfin saint Côme et saint Damien, immolés dans la dernière persécution avant Constantin, mais dont les corps furent rapportés à Rome, après quelque temps. Là s'arrête Ténumération ; car l'Eglise n'a plus permis d'insérer d'autre nom au Canon, de sorte que l'honneur d'être nommés au sacrifice de l'Agneau divin est réservé aux martyrs, qui ont été immolés comme lui à la gloire de Dieu, les seuls saints du reste qu'on honorât solennellement dans les premiers siècles.

4. Per Jesiun Christum : conclusion de la première oraison du Canon.

Hanc igitur oblationem servitutis nostrae*, sed et cunctœ familiae tuae, quaesuraus, Domine, ut placatus accipias; diesque iiostros in tua pace disponas^, atque ab alterna damnatione nos eripi, et in electorum tuorum jubeas grege numerari. Per Christum Dominum nostrum. Amen.

Quam oblationem^ tu, Deus, in omnibus, quresumus, benedictam -|-, adscriptam j, ratam -\, rationabilem, acceptabilemquefaceredigneris*, ut nobis Corpus -]- et Sanguis -\ fiât dilectissimi Filii tui Domini nostri Jesu Christi^.

1. Igitur : puisque nous faisons cette offrande en union avec vos saints... En disant cette prière qui remonte au pape saint Léon (444), le prêtre étend les mains sur l'Hostie et le calice, comme on faisait dans l'ancienne loi sur la victime offerte pour l'immolation. (Levit. , iv, 1-4.) Par là, il témoigne accepter au nom de Dieu la divine Hostie à la

place de ceux qu'elle représente ou pour lesquels elle se dévoue. (Cf. Isai., lui, 6.)

2. Iii tua fxice : paroles ajoutées par saiut Grégoire le Grand, lorsqu'il voyait, dit Paul, diacre, les Lombards lemeiiacer do leurs armes et le peuple de Rome décimé parla peste.

3. Ici commence la principale prière du Canon, pour finir au Mémento des défunts.

4. Que ce pain et ce vin, élevés à l'état de chose sainte, sacrée, divine, henedicta , deviennent pour nous une source de grâces ; que Dieu en accepte l'offrande ; qu'il mette celte oblalion au nombre des choses qu'il approuve et qui lui appartiennent, adscripta • qu'il la ratifie et la tienne pour irréprochable, rata ; qu'il la juge digne de sa sainteté, et infiniment supérieure à toute oblation charnelle, rationabilis (Rom., xi, 1) ; qu'il l'accepte enfin comme digne de sa grandeur et de sa gloire, accepta hilis. C'est par les mérites de la croix que nous espérons cette grâce.

5. Ut nohis : Que ce renouvellement du sacrifice du Sauveur devienne en même temps salutaire et fructueux pour nos Ames, comme son corps et son sang le doivent être. Fiat nohis, dans le même sens qu'Isaie a dit : Pavviilus natus est nohis. C'est une grâce à demander ; car, dit saint Bernard : Non semper eis fit pro quibus fit. Rien ne s'opposerait d'ailleurs à ce que l'Église demandât ici ce qui aura lieu infailliblement, la consécration effective du pain et du vin, comme Xotre-Seigneur lui-même a demandé sa glorification. (S. Th., p. 3, q. 83, a. 4, ad 7.) Les deux mots corpus et sanguis, avec le signe de la croix dont chacun est accompagné, sont une allusion à l'immolation mystique qui se doit faire de la divine Victime.

Qui, pridie quam paleretur^, accepit panem in sanctas et venerabiles manus suas - : et elevatis

oculis in cœlum ad te Deum Patrem suum omnipotentem, tibi gratias ag-ens, benedixit^ -f, freg-it, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et manducate ex hoc omnes :

Hoc EST ENiM Corpus meum^.

Simili modo, postquam cœnatum est^, accipiens et hune prœclarum Calicem *5 in sanctas ac venerabiles manus suas, item tibi gratias agens, benedixit -j-, deditque discipulis suis, dicens : Accipite et bibite ex eo omnes :

Hic EST ENiM CALix Sanguinis mei ^, novi et aeterni Testamenti ^, mysterium fidei^ : qui pro vobis et pro mullis '" effundetur in remissionem peccatorum l'.

Hœc quotiescumque feceritis, in mei memoriam facietis ^ '.

1. Qui pridie : ajouté par saint Alexandre, sixième successeur de saint Pierre, afin de mieux retracer la dernière cène, où fut institué le Sacrifice eucharistique. Dès ce moment, le ministre de l'autel semble se transformer et devenir un autre Jésus-Christ. Il emprunte ses paroles et reproduit ses actions ; il n'agit plus qu'en sa personne, avec la vertu de son Esprit.

2. Venerahiles manus : par comparaison avec celles du ministre qui le représente, lesquelles ont eu à se purifier.

3. Gratias agens : Notre-Seigneur rendit grâce à son Père pour la gloire qu'il lui destinait et pour les dons qu'il voulait faire à ses membres. Benedixit : il invoqua la puissance divine seule capable d'opérer ce prodige. Remercions-le des grâces que nous avons reçues, et de celles que nous devons obtenir par ce divin Sacrifice.

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