‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 24 sur 247 · S. Aug., Serm. xix · texte numérisé non relu

S. Aug., Serm. xix

5. Non faciet Dominus vorbum, nisi revelaverit secretum suum ad

AVANT LA KKDKMPTION 45

Abraham croyait au Sauveur. Il savait que le Messie naîtrait de sa race et que toutes les générations seraient bénies en lui' . Nous apprenons de Notre-Seigneur qu'il fut consolé par une vision dont son avènement était l'objet"^, et saint Paul nous assure que, lorsqu'Isaac lui fut rendu après son sacrifice, il le reçut en figure de l'avenir : Euni iti paraholam accepit^. On peut lui appliquer, dans ces circonstances, les paroles que saint Augustin a ditesde Jacob, son petit-fils : Prsssentem tangens, fuiura prospiciens^. Nul doute qu'il n'ait transmis à ses descendants les révélations dont il fut favorisé. Les figures que les patriarches eurent sous les yeux ne furent donc pas, pour eux, de pures énigmes ; et leur foi fut surtout la foi au Messie promis, à la rédemption, à la grande victime. S'ils ne voyaient pas encore l'accomplissement des divines promesses, ils en avaient des gages certains, et ils en pressentaient Papproche. Ils saluaient dans l'avenir le Sauveur et le salut, comme le navigateur salue de loin le port qui commence à poindre à l'horizon et qui lui promet le repos et le bonheur : Nondum acceptis repromissionibus , secla longe eas aspicientes et salutantes ^.

On a vu quels hommages Dieu recevait aux premiers

serves suos prophetas. (Amos., m. T.) Antiqui cnim celebrabant figuras sacrifieii veri, multi scientes, plures igaorantes. Nam prophetae et sancti Patriarchaj noverant quod celebrabant. (S. Aug., In Ps. xxxix, -2.)

1. Gen., xxn, 18 ; xxvi, 4 ; xxviii, 14. — 3. Joan, vill, 50. — 3. Heb., XI, 20-23. — 4. S. Aug., Serm. cclxxix, 1 . — 5. Heb., xi, 13.

âges du monde, avant qu'il se fût choisi un peuple pour être le dépositaire de sa parole et pour exercer son culte au milieu des nations. Alors les vérités révélées étaient peu nombreuses et la religion d'une grande simplicité. Mais dès que le Seigneur eut pris pour son partage les enfants d'Israël, qu'il s'en fut fait le législateur et le prince, il manifesta plus clairement ses desseins. On apprit avec précision de quelle manière il voulait être honoré jusqu\iu temps oii il enverrait Celui qu'il avait promis, Donec veniret semen, cui promiserat'^ , afin de donner à la religion sa dernière forme et sa perfection : usque ad tenipus correcdonis-.

Le majeure partie des lois qu'il prescrivit à son peuple a pour objet le culte divin. Or ce qui, dans le culte, domine tout, c'est le sacrifice, l'immolation des victimes. Les prescriptions relatives au sacerdoce, à l'ordre lévitique, au tabernacle, à la célébration des fêtes, au nombre et aux qualités des victimes, à la pureté extérieure et à la sainteté des mœurs se rattachent au sacrifice comme au centre de la religion. A la vérité, les hosties sont sans nombre. Il y en a de toute sorte : pour rendre gloire à Dieu, pour le remercier de ses bontés, pour solliciter ses grâces, pour lui demander pardon des péchés et des délits. Cette multitude et cette variété dans les oblations ont pour but de faire ressortir tout ce que l'offrande de l'Agneau divin rendra d'hommages à la Majesté suprême et ce qu'elle contiendra de valeur et d''efficacité dans son unité substantielle ^.

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