A LA COMMUNION
Unde et memores, Domine, nos servi tui, sed et plebs tua sancta^, ejusdem Christi Filii tui Domini nostri tam beatœ Passionis, née non et ab inferis Resurrectionis, sed et in cœlos gloriosae Ascensionis^^ offerimus praeclarae majestati tuœ de tuis donis ac datis *, Hostiam \ puram, Hostiam -\
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sanctam, Ilostiam -J- immaculatam, paneni sanctum -jvitae œternîip, et calicem -J- salutis perpeture ^.
Supra qiKT* propitio ac sereno vultu respicere digneris '', et accepta habere ^, slciiti accepta habere digoatiis es muaera pueri tui jiisti Abel, et sacrificium Patriarcba^ nostri Abraha>, et qiiod tibi obtulit summiis sacerdos tuus Melchiscdech ", sanctum sacrificium, immaculatam Hostiam '".
1. Cette partie de la Messe répond au temps que le Sauveur a passé sur la croix. C'est pour la victime le même état d'immolation elles mêmes sentiments intérieurs. — Les prières qui suivent la consécration s'adressent au Père, comme celles qui la précèdent. Elles ont les mêmes caractères d'antiquité, de simplicité et de piété. Le prêtre continue à tenir, en les récitant, les bras étendus, comme Noire- Seigneur crucifié. Supra, p. 268.
2. Servi tui : vos ministres, distingués de plehs tua sancta : fidèles sanctifiés par le baptême. Unde lie cette prière aux dernières paroles que le prêtre vient de dire : In mei memoriam facietis; et ce qui suit explique le sens de ces paroles : Nous qui sommes venus après l'accomplissement des mystères du Sauveur, nous en faisons mémoire, comme il nous l'a recommandé, et, en en faisant mémoire, nous les rendons réellement présents.
3. Passion, Résurrection, Ascension, trois mystères que l'Eglise unit ici, comme au Suscipe, sancta Trinitas, et qui étaient essentiels à notre rédemption ; car à quoi nous eût servi la mort de Noire-Seigneur, s'il était resté dans le tombeau? ou sa résurrection, s'il ne nous avait pas ouvert le ciel? Mais il n'a pas fait son œuvre à demi. Celui que nous avons devant nous n'est pas seulement le Sauveur crucifié, c'est le Sauveur ressuscité et glorifié. 11 est juste d'offrir à son Père nos actions de grâce.
4. De luis donis : quel don plus généreux et plus gratuit, en effet! Sic Deiis dilexit mundum. (Joan, m, 16; Rom., VIII, 32.)
5. Ces cinq qualifications répondent aux cinq conditions, énumérées plus haut; adscriptam ratam, etc. On dit : hostiam puravi , par opposition aux victimes charnelles; sanctam, par allusion à la parole de l'Ange : Quod nascetur ex te sanctum (Luc. i, 11); immaculatajn , en souvenir de l'oracle de Malachie : Offcretur nomine meo oblatio munda. (i, 21.) Les mots panem et calicem montrent le corps et le sang du Sauveur sous des espèces séparées, dans un état d'immolation, en même temps qu'ils indiquent un aliment destiné à nourrir les âmes, paneni vitse seternse, le pain qui contient et qui communique la vie éternelle ; calicem saliitis perpetux, la coupe du salut et de l'immortalité. Les cinq signes de croix qu'on trace en même temps font penser aux cinq plaies que le Sauveur a reçues pour nous. Rien qui donne une plus haute idée de notre Sacerdoce et de notre sacrifice. Les prêtres d'Aaron ne pouvaient agir sur le cœur de Dieu que par leurs dispositions personnelles. Notre sacrifice, à nous, agit sur Dieu par lui-même, indépendamment de nous. Ils n'avaient à lui offrir que des hosties sans valeur, dont le mérite était de figurer plus ou moins imparfaitement la divine Victime. Nous avons entre les mains cette victime elle-même, la victime infinie, l'unique victime, plus précieuse que le monde, que le genre humain, que la cour céleste. Dieu ne saurait en détourner les yeux sans manquer à ce qu'il se doit à lui-même.
6. Supra quse : désignation vague, comme jubé hase perferri. Ce mystère divin n'est pas nommé parce qu'il est ineffable : Ininterprelahilis ad dicendum. (Heb., v, 11.)
7. Après avoir indiqué la première fin du Sacrifice, qui est la gloire de Dieu : offerimus majestati tuse, le prêtre en indique une seconde : propitio vultu ,• il dira bientôt la troisième : ut omni gratia repleamur.
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8. L'Hostie divine et l'offrande qu'elle fait d'olle-nième ne peuvent manquer d'être agréés de Dieu; mais comme l'oblation que nous en faisons lui pourrait déplaire, le prêtre demande que ses dispositions répondent à son offrande, et qu'elles lui méritent les bénédictions dont les plus saints patriarches ont été l'objet. (S. Th., p. 3, q. 83, a. 4.)
9. L'Eglise remet ici devant les yeux de son ministre trois grands personnages et trois grands sacrifices des anciens temps, pour deux raisons : 1° parce que ces personnages ont été des figures de Notre-Seigneur, souverain prêtre, et d'admirables modèles des vertus que son sacerdoce demande ; 2° parce que leurs sacrifices ont figuré d'une manière frappante le double sacrifice de Jésus-Christ : celui d'Abel, son sacrifice sanglant, celui de Melchisédech, son sacrifice eucharistique, et celui d'Abraham, père des croyants, l'un et l'autre à la fois. (Supra, p. M.)
10. Sanctum sacrificium : ces mots ajoutés par saint I^éon sont le complément de accepta hahcre et ont pour objet le sacrifice de la Messe. Ce qui est dit des sacrifices d'Abel, d'Abraham et de Melchisédcch est comme une parenthèse.
Supplices te rogamusi, omnipotens Deus : jubé liîTcperferri^per manussancti angeli tui^ in sublime altare tuum, in conspeetu divin3e Majestatis tuoe : ut quotquot ex hac altaiis participatione ^, sacrosanctum Filii tui Corpus et Sanguinem sumpserimus, omni benedictione cœlesti, et gratia repleamur^. Pcr eumdem Christum Dominum nostrum'. Amen.
1. Ici, le prêtre joint les mains et s'incline profondément devant la croix, se reconnaissant indigne de présenter à
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Dieu une pareille hostie et incapable de l'offrir dignement.
2. Allusion aux sacrifices anciens, dans lesquels la victime, consumée par les flammes, s'élevait d'elle-même, pour ainsi dire, dans le sein de Dieu. Hxc, dit Bossuet, c'est Jésus-Christ; mais c'est Jésus-Christ avec son Eglise, avec ses membres, avec nous, avec nos vœux et nos prières. Cela ne fait qu'une seule oblation; et nous avons à la faire agréer de Dieu dans sa totalité, spécialement dans ceux qui offrent la divine Hostie et qui s'unissent à elle. (S. Th.. p. 3. q. 83, a. 4.)
3. Quel est cet ange ou cet envoyé ? Plusieurs répondent : c'est l'ange qui assiste au saint Sacrifice et qui a la charge d'offrir à Dieu nos prières. (Cf. Tob., xii, 12; Apoc, viii, 3.) Comme nous avons exprimé à la Préface le désir d'unir nos voix à celle des anges, nous pouvons bien demander en cet endroit que les anges s'unissent à nous pour rendre plus agréable à Dieu l'oblation que nous lui faisons de nous-même en union avec son Fils. Mais, plus communément, on entend par là Jésus-Christ, l'Ange du grand conseil, l'Ange du Nouveau Testament, le grand Médiateur. ( I Tira., II, 6.) Lui seul, par ses mérites et par son sang, a un libre accès dans le Saint des saints, devant le trône de Dieu, à l'autel sublime du ciel. C'est là que saint Jean l'a vu dans son ravissement. (Apoc, v, 5; vni, 3.) L'Eglise conjure donc ici le Seigneur d'agréer que son offrande lui soit présentée, par son propre Fils, et qu'ainsi les mérites de Jésus- Christ, glorifié au ciel, couvrent l'indignité du ministre qui le représente sur la terre. « Un insecte ne saurait porter un monde, dit M. Olier : comment un mortel pourrait-il offrir à Dieu le Fils de Dieu, maître du monde ? »
4. Ici le prêtre baise l'autel de la terre, figure de Celui du ciel qui est la personne même du Sauveur, sa personne divine, élevant notre nature créée à la hauteur de sa Divinité ; car le Verbe incarné, prêtre par son esprit, victime par son corps et son sang, est en même temps autel à rai-
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son de sa personne et de sa substance divine. L'Eglise a une grande dévotiini à cet autel.
5. Afin qu'étant nourris du corps et du sang du Sauveur, nous ayons en nous la plénitude des bénédictions célestes (Cf. Act., I, 4; Eph., I, 1); en d'autres termes, afin que Notre-Seigneur uous fasse participer par la Communion à toutes les grâces dont son humanité a été remplie et qu'il prend plaisir à communiquer à ses membres dans le ciel et sur la terre.
6. Ici finit l'Oraison : Unde et memores, qui a pour objet l'ofl'rande. Ce qui suit est une supplication.
Mémento etiam, Domine, famulorum, famularumque tuarum, qui nos pra?cesserunt cura signo fidei et dormiunt in somno pacis, N... ^
Ipsis, Domine, et omnibus in Christo quiescentibus 2, locum refrigerii, lucis et pacis, ut indulgeaSjdeprecamur^.PereumdemChristum Dominum nostrum. Amen.
Nobis quoque peccatoribus, famulis tuis, de multitudine miserationum tuarum sperantibus partem ab'quam et societatem donare digneris cum tuis sanctis apostolis et martyribus * ; cum Joanne, Stcphano, Matthia, Barnaba, Ignatio, Alexandro, Marcellino, Petro, Felicitate, Perpétua, Agatha, Lucia, Agnete, Cœcilia, Anastasia et omnibus Sanctis tuis ^, intra quorum nos consortium, non a>stimator meriti, sed venia', quaesumus, largitor, admitte ''. Per Christum Dominum nostrum.