‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 32 sur 247 · Heb., VII, 2G · texte numérisé non relu

Heb., VII, 2G

illo anima mea '. «Voici l'Agneau de Dieu, répétait Jean Baptiste; voici notre victime et notre rédempteur : Ecce AguHs Dei; ccce qui tollit peccatiun muncli ^. » En prenant la place des hosties figuratives , l'Homme-Dieu avait annoncé qu'il allait mettre fin à l'ancien culte et faire cesser toutes ses ombres : Dicens : Ecce i'enio, aufert priniuni, ut scqueiis statuât^; il avait à remplir cet engagement et à couronner son œuvre. Après s'être offert à la Majesté divine et dévoué en faveur des pécheurs, il devait s'immoler pour leur salut, expier leurs péchés et régénérer leurs âmes par la vertu de son sang ^.

C'est ce qu'il eut constamment dans l'esprit tout le temps qu'il fut sur la terre. Jamais, depuis la prophétie de Siméon, ou plutôt depuis la parole que lui-même avait dite à son Père en son incarnation, il ne perdit de vue le sacrifice auquel il était voué. Gomme il a protesté en entrant dans la vie qu'il ne venait au monde que pour accomplir la volonté divine par notre rédemption : Ecce venio ut faciam, Deus, voluntatem tuam^, il répète à chaque instant que tel est bien le vœu de son cœur et qu'il n'a d'autre désir que de tenir sa parole et de réaliser sa promesse : Deus meus, volui, et Icgem tuam in niedio cordis mei^.

Commencé avec sa vie, le sacrifice de l'Homme-Dieu n'a donc pas été suspendu un seul instant jusqu'à l'heure de sa mort. Tout ce que le Sauveur eut à souffrir durant les trente-trois années qu'il a passées icibas, ses fatigues, ses privations, ses austérités, ses périls, ses opprobres, tout cela fut la suite de sa première

1. Is., 1,11, 1. — 2. Joan., i, 29, iiO. — 3. Heb., x, 9. — i. ïs., lui, 11. — ô. Ps., XXXIX, 8. — 0. Ps., XXXIX, 0.

oblation et fit partie du même calice. Il a tout iiccepté, tout souffert dans les mêmes dispositions et pour la même fin que sa Passion. Et sa Passion elle-même avec tous les outrages et tous les tourments dont elle fut remplie, on peut dire qu'il l'a ressentie et endurée sans interruption pendant toute la durée de sa vie. Car ce n'est pas seulement dans son agonie, la veille de sa mort, qu'il en eut une vue claire et distincte, et qu'il commença d'en ressentir la douleur : c'est chaque jour et à tous les instants. Depuis le moment où il s'est fait homme et où il a pris sur lui tous nos péchés, il n'a jamais cessé d'embrasser sa croix et de la porter, la lumière dont son âme était éclairée ne lui permettant pas d'ignorer les moindres circonstances de l'immolation qui l'attendait, ni d'en perdre le souvenir; et la charité qu'il avait pour son Père lui faisant accepter d'avance tout ce qu'il savait être conforme au bon plaisir divin : Proposito sibi gaudio sustinuit cruceni, confusione contempla ■* . La prédication même de son Evangile ne peut en distraire sa pensée ni en détacher son cœur. Il s'en entretient au Thabor avec Moïse et Élie^; il en parle à ses disciples en toute occasion : Dicebat illis : Oportet Filium liominis milita pati et occidl ^ . Et sicut Moyses exaltavit serpentem in deserto, ita exaltarl oportet Filium hominis^. a G^est au haut d'une croix, comme un supplicié, que je dois être bientôt montré au monde. » Toujours sa pensée regarde l'avenir et ses démarches comme ses désirs tendent vers le Calvaire : Dam complerentur dies assumptionis ejus, ipse firmavit faciem suam in Jérusalem ^. Dixit autem :

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