Luc.j IX
AU TEMPS DE LA RÉDEMPTION Gl
Baptismo habeo baptizari, et quomodo coarctnr iisqueduni perficiatur * ? Plus le jour de son sacrifice approche, plus il se plait dans cette vue; plus il montre d'ardeur pour l'exécution de ce dessein : Eccc Filins hominis tradetur gentibus ad cruciftgendum ^. Eamus in Judaeam iternm '. .9/ exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum *.
Enfin l'heure fixée de toute éternité pour son immolation arrive. Il marche au devant du sacrifice et se livre de plein gré à ceux qui veulent lui enlever la vie : Tradidit scmetipsum oblatLonem et liostiam Deo^. Reconnu innocent et néanmoins condamné à mourir, il sort de Jérusalem, portant sur ses épaules, comme un autre Isaac, le bois sur lequel il va être immolé^. Il gravit la montagne qu'il doit rougir de son sang; et à la vue de tous, sur le théâtre des exécutions publiques, il est élevé sur une croix par la main des bourreaux, et meurt après avoir épuisé dans sa personne toutes les douleurs du corps et toutes les afflictions de l'âme : Nova victima novo impoiiitur altari, dit saint Léon : Cru.v Christi non templi fuit ara, sed mundi ~.
1. Luc, xii, 50. — 2. Math., xx, 28. — 3. Joan., xi, 7. — 4. Joan., XII, :i2.
5. Eph., V, 2. Cf. Matth.. xxvi, 46; Marc, xiv, 42; Joan., xv, 31.
f>. Vuloeratus est propter iniquitates nostras, attritus est propter scolera nostra. Posuit Domiiius ia co iniquitatem omnium nostrum. Oblatus est quia ipse voluit, et non apevuit os suum. Sicut ovis ad occisîonem ducetur. Hs., un. .5, 7.)
7. S. Léo, Serm. viii, de Pass. — Et cur, inquies, non in tomplo hostia offertur, sed extra urbem et mœnia ? Idoo non in templo Judaico, ne sibi Judaei hostiam vindicarcnt, neve pulares pio illa geute tantum
La foule, qui ne réfléchit pas et qui juge sur l'extérieur, n'aperçoit dans cette mort que le supplice d'un condamné vulgaire; mais le ciel qui connaît la dignité et le dessein de la Victime voit dans son immolation volontaire l'acte du dévouement le plus sublime et de la charité la plus héroïque. Il y voit l'hommage le plus parfait qui puisse être rendu à la Majesté suprême, l'accomplissement du grand sacrifice dont toutes les oblations antérieures étaient l'annonce et le gage : quasi verba promittentls^, l'immolation de l'Agneau divin dont le sang devait effacer toutes les iniquités, payer toutes les dettes, apaiser toutes les colères et obtenir toutes les grâces. Il y voit enfin la réalisation de la promesse faite par le Seigneur à nos premiers parents, la fin du triomphe de Satan sur la terre, la régénération de l'humanité, le point de départ d''une nouvelle ère^ d'une ère de grâces et de salut dans le temps, de gloire et de béatitude dans l'éternité -.
Sans doute , pour découvrir ces merveilles, pour croire qu'elles seraient le résultat de la mort du Sauveur, il fallait une autre lumière que celle des sens et de la simple raison. Cependant le spectacle de cette mort suffisait pour frapper tous ceux qui en furent témoins et surprendre ses ennemis même les plus prévenus. Pour un esprit intelligent, que la passion n'aveuglait pas,
hanc offerrl. Idcirco extra urbcm et mœnia, ut discas universalo sacrificium esse, quia pro universa tei'ra erat oblatio. (S. Chrys., Hom. de Cruce et Latrone.)