‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 46 sur 247 · Deut., XXI, 28; Gai., m · texte numérisé non relu

Deut., XXI, 28; Gai., m

2. Lev., VH. 34; etc. Cf. S. Th., la 2», q. 102, a. 3, ad. 8, 10.

3. Videte Israël secundum caroem. Nonne qui edunt hostias participes ûunt altaris ? (I Cor., x, 18.)

revenait au prêtre qui avait sacrifié en son nom ' ; et si l'holocauste, ou la victime d'adoration, immolée pour la seule gloire de Dieu, était consumée tout entière par le feu de l'autel 2, il était d'usage d'y joindre l'offrande d'un pain sacré ou de quelque aliment, au moyen duquel la communion pouvait encore avoir lieu 3. Aussi était-ce une règle que les sacrifices fussent suivis de festins religieux ^, et voit-on saint Paul donner aux autels le nom de tables, aussi bien que les anciens prophètes^. Sous ce rapport encore, rien de semblable au Calvaire : le sacrifice de la croix contraste de la manière la plus complète avec les sacrifices de la loi. Pas un spectateur n'a soin de recueillir le sang du Sauveur. Personne ne pense à s'unir à lui en aucune manière. Aussitôt qu'il a rendu son âme à son Père, ceux qui ont concouru à son immolation l'abandonnent, et il est enseveli à la hâte, presque furtivement, par le petit nombre de disciples qui lui sont restés fidèles.

On s'explique ces particularités. Elles sont conformes au caractère que le sacrifice de la croix devait avoir et en harmonie avec le dessein de la Providence. C'était pour l'expiation de nos péchés que le Sauveur voulait être immolé d'une manière sanglante. Plus on le verrait humilié, outragé, délaissé, plus il satisferait à la divine

1. Levit., VII, 7. — 2. Levit., l, C-8. — 3. Levit., vi, 12, 15, 16. Cf. Pelissier. Traité de l'Eucharistie.

4. Immolabis hoslias, et comedes ibi et epulaberis coiani Domino. (Deut., XXVII, 7.)

5. Non potestis mensae Domini participes esse et mensœ dœmoniorum. (I Cor., X, 41.) Mensa Domini despecta est, mensa Domini contaminata est. (Mal., I, 7, 12.) Apostolus Paulus dieit non posse eos quiparticipatione mensse dœmonioium polluti sunt, mensœ Domini participes fieri : per mensam altare intelligens. (Conc. Trid., Sess.xxu, 1.)

justice, plus l'aspect de sa croix serait propre à nous faire sentir la gravité de nos fautes et l'étendue des divines miséricordes. Néanmoins, comme il voulait nous acquitter en même temps de toutes nos dettes, qu'il se proposait de rendre grâce à son Père et de solliciter sa bonté, aussi bien que d'apaiser sa justice, on devait s'attendre à voir réunis et réalisés dans son sacrifice tous les caractères qui l'avaient figuré. Par conséquent, il y avait lieu de se demander pourquoi l'un des plus saillants faisait défaut , et ce qui pouvait suppléer à l'absence de toute communion dans son immolation sanglante '.

La réponse à ceite question est facile et ne laisse rien à désirer. Le sacrifice du Calvaire et celui de l'Eucharistie sont au fond vn seul et même sacrifice : le second est la reproduction et le prolongement du premier^. Or ce qui semble manqier dans l'un apparaît dans l'autre; le prêtre, le culte religieux, la communion, invisibles à la croix, sont visibles et manifestes au Cénacle et à l'autel •^.

1° Au Cénacle, c'est-i-dire dans l'institution même du mystère eucharistique où le sacrifice de l'autel est célébré pour la première fcis, c'est le Sauveur lui-même qui l'offre à son Père en présence de tous ses apôtres.

Page 1