Rom., IV
3. Calix bcnedictionis cui benedicimus, nonne communicatio sanguinis Christi est ? Et paais quem frangimus, nonne participatio corporis Domini est ? ( I Cor., x, 16.)
4. Faciet Dominas omnibus populis in monte hoc convivium pinguium, convivium vindemiae, pinguium medullatorum, vindemiae defœcatae ; et praîcipilabit faciem viucuii colligati super omnes populos, et praecipitabit mortem in sempiternum. (Is., xxv, G -8.) Memoriam fecit mirabilium suorum : escam dédit timentibus se. (Ps. ex, 3.) Parasti in conspectu meo mensam adversus eos qui tribulant me. (Ps. xxil, 5.)
5. Antienne du S. Sacrement. Magnum est dare se in socium, dit S. Thomas, majus in prctium, summum autem cum datur in cibum.
(OpuSC. LVIII, 5.)
Ainsi l'Homme-Dieu, après avoir racheté le genre humain et être rentré dans le sein de son Père, nourrit et vivifie de sa propre substance tous ceux qui croient en lui. Après avoir mérité la grâce aux âmes, il la leur communique; et son sacrifice, le Sacrifice par excellence, réunit tous les caractères des sacrifices figuratifs qui l'annonçaient.
N'est-ce pas ce que TEsprit-Saint avait prédit de la manière la plus frappante, dans ce psaume vingt-etunième que nous citions plus haut et que Notre-Seigneur s'est appliqué expressément sur la croix? Le Psalmiste commence par faire le tableau des souffrances et des ignominies de l'Homme-Dieu dans sa Passion. Mais après avoir dit dans une première partie tout ce que la divine Victime devra souffrir de la justice de Dieu et de la fureur des hommes, son délaissement, son crucifiement, le partage de ses vêtements, les insultes et les dérisions des Juifs, l'effusion de tout son sang^, il s'arrête tout à coup, et parlant au nom du Sauveur expirant, il demande à son Père de l'arracher à la mort et de le tirer du tombeau : Tu autem. Domine, ne elongaveris auxlllum tuum a me! Erue a framea, Deus, animam meam., et de m.anu canis unicam meam. Salva me ex ore leonis *. Et aussitôt, assuré de n'avoir pas prié en
1. Ps. XXI, 8, 0, 13-19. Cf. Matth., xxvn, 35, 39-42; Luc, xxili, 37; Joan., XIX, 23, 24; xx, 20, 25, 27.
2. Preces supplicationesque ad euni qui possit illum salvum facere a morte, cum clamore valido et lacrymis offerens, oxauditus est pro sua reverentia. (Heb., v, 7.)
vain, il se met à annoncer, dans le reste du psaume, ce qu'il fera après sa résurrection, pour achever de glorifier la Majesté divine et de sanctifier nos âmes : « Je ferai connaître, Seigneur, votre nom à mes frères, et les réunissant à mes côtés dans une même Eglise, je leur apprendrai à vous bénir : Narrabo nomen tuiim fratribus meis : in medlo Ecclesise laudabo te ^ . Je serai votre louange dans la société des justes. Je vous offrirai en leur présence un sacrifice d'action de grâces : Apud te laus mea in Ecclesia magna : vota mea reddam in conspectu timentium eum'^. Les pauvres et les humbles se nourriront de l'aliment que je leur offrirai; ceux qui cherchent le Seigneur le béniront, et leur cœur vivra d'une vie qui ne finira pas : Edent pauperes et saturabuntur ; et laudabunt Dorninum qui requirunt eum ; vivent corda eorum in sœculuni sseculi^. Alors tous les peuples se souviendront du vrai Dieu; et les nations les plus éloignées, reconnaissant sa souveraineté, lui offriront leurs adorations et accepteront son empire : Adorabiint in conspectu ejus onines familire gentium. Les riches et les puissants du monde viendront eux-mêmes au banquet du Seigneur; ils fléchiront le genou devant
1. Ps. XXI, 23. Non confunditur Jésus fratres eos vocare, dicens : Narral)0 nomen tuum fratribus meis. (Heb., ii, 11, 12.) Cf. Matth., xxviii, 16; Joan., xx, 17; I Cor., xv, 16.
2. Ps. XXI, 26. Cf. cxv, 19. Vota mea Domina reddam in conspectu omnis populi cjus : iu atriis domus Domini, in medio tui, Jérusalem. Vota sua sacrificium vult intelligi corporis sui, quod est fldelium sacramentum. (S. Aug., Epist. cxl, 62.)
3. Ps. XXI, 27, 30. Ego sum panis vitte. Si quis manducaverit ex hoc l>ane, vivot in aeternum, (Joan., vi, 48, .50, 52.) Istae cpulœ celebrantur per orbem torrarum. Vitulus enim ille incorpore et sanguine dominico et offertur Patri et pascit totam domum. (S. Aug., quœst, evang., De rcditu Prodigi, lib. ii, :J3.)
lui. Le peuple nouveau, celui que le Sauveur doit substituer au premier, apprendra du ciel cette œuvre de justice et de sanctification : Annuntiabitur Domino generatio Ventura^ et annuntiabunt cœli justitlani ejus populo qui iiascetur, qiieni fecit Domirius.
Voilà comment le Fils de Dieu devait achever sa mission. 11 était écrit que l'immolation du Calvaire serait couronnée par un sacrifice d'action de grâces, auquel toutes les nations seraient conviées et qui durerait jusqu'à la conversion du monde entier.
§11. Seconde raison de l'institution du Sacrifice eucharistique.
Il donne à l'Eglise un culte digne d'elle.
Le concile de Trente indique une autre raison qui a porté le Fils de Dieu à établir le sacrifice de nos autels: c'a été d'honorer la sainte Eglise, en la rendant capable de rendre à la Majesté divine un culte digne d'elle : Ut un visibile, sicut hominis natura exigit, rellnqueret sacrificium ^ .
L'Eglise chrétienne, formant ici-bas une société visible, devait avoir un culte public, des assemblées religieuses, des solennités, des cérémonies, des prières communes ^. Surtout elle devait avoir un sacrifice ; car le sacrifice est l'expression la [jIus parfaite des sentiments dont les hommes doivent être animés envers Dieu. Il résume tous les hommages qui peuvent être rendus au Seigneur, et nous savons que dans tous les temps, sous