‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 49 sur 247 · Conc. Trid., Sess. xxii, cap · texte numérisé non relu

Conc. Trid., Sess. xxii, cap

2. Mens huniana iadiget, ut conjungatur Deo, sensibilium manuduetione. (S. Th., 2» 2"= , 9, 81, a. 7.)

nKI'UIS I,A RÉDEMPTION 93

la loi de nature comme sous la loi de Moïse, il a été le principal tribut payé à la Divinité, le centre de la religion, le foyer et 1 aliment de la piété. Mais quel sacrifice la sainte Eglise pourrait-elle offrir convenablement à la Majesté suprême, si ce n'est celui que son divin chef lui a offert : le sacrifice divin dont lui-même était l'Hostie, le seul en rapport avec son divin Sacerdoce, le seul digne du Très-Haut, celui dont il était prédit qu'il couronnerait et remj)lacerait un jour tous les autres ? Quelle autre victime pouvait être agréée du Père éternel que celle dont la dignité était proportionnée à sa grandeur et en qui il avait déclaré si hautement qu'il prenait toutes ses complaisances ' ?

Les protestants, ne pouvant croire au prodige d'amour dont l'Eucharistie est le gage, ont imaginé qu'après s'être immolé en personne au Calvaire, le Fils de Dieu voulait qu'on l'immolât seulement en effigie dans son Eglise, comme on faisait dans la synagogue, et qu'ainsi le souvenir delà Rédemption s'entretînt parmi les chrétiens, de la même manière qu'on en entretenait l'espérance parmi les Israélites. Mais cette idée n'est pas seulement contraire à la foi de l'antiquité chrétienne, elle est encore opposée à tous les principes et démentie par tous les faits : elle ne s'accorde ni avec les desseins de la Providence, ni avec l'amour du Sauveur pour ses disciples. Depuis que le Fils de Dieu est venu sur la terre et qu'il y a réalisé son œuvre, le temps des symboles est passé : Vetera îransierunt^. Nox praecessit ; dies auteni uppropinquavit'^. L'Eglise qu'il a établie sur les ruines de la synagogue est en possession de tous les

1. Matth., m, 17; xii, 18; xvii, 5. — 2. II. Cor., v, 17. — 3. Rom., XIII, 12.

biens dont celle-ci avait la promesse', et ce que l'ancienne loi offrait et immolait en figure, la nouvelle doit l'offrir et l'immoler en réalité : Quia lex per Moysen data est, gratta autem et veritas per Jesum Christum facta est-. C'est donc Jésus-Christ lui-même, en sa propre personne, avec sa chair et son sang, qui devait se faire notre victime ; et pour mettre en harmonie tous ses plans, il fallait qu'il trouvât le moyen de s'anéantir encore après sa Résurrection, et de s'immoler sans cesse sur la terre, tout en restant glorieux et impassible dans le ciel.

Le problème a été résolu, et les figures se sont réalisées : Deiis providit sibi victimani liolocausti'^ . Le Sauveur a aimé son Epouse jusqu'à se sacrifier pour elle sans réserve et sans mesure. Au Calvaire, il s'est immolé d'une manière sanglante pour la délivrer de l'esclavage du péché et la purifier de toutes ses souillures. Sur nos autels, il se sacrifie d'une autre façon et pour une autre fin : il s'immole, sans répandre son sang, pour la rendre sainte et l'orner de ses vertus : Christus dilexit Ecclesiam et seipsum tradidit pro ea, ut illam sanctlficaret, ut sit sancta et iininaculata^ . Gomme il avait pris dans Flncarnation la forme d'un esclave, afin de nous soustraire au joug de l'enfer, en se livrant pour nous à la mort, il prend dans l'Eucharistie l'apparence d'un aliment matériel, afin de nous communiquer sa propre vie et de nous conduire au ciel. Cachant son humanité sous les

1. Nemo vos judicet ia cibo vel in potu, qua; sunt umbra futurorum, corpus autem Christi. (Col., il, 14, 17.) — Veritatem novitas, Unibram fugat Veritas : Noctem lux éliminât. (S. Th., OJf. SS. Sac.)

2. Jean., I, 17. Necesse est enim exemplaria cœlestiuni his mundari, ipsa autem cœlestia melioribus hostiis quam istis. (Heb., ix, 23.)

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