‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 50 sur 247 · Gren., XXII, 8, 14. — 4. Eph., v · texte numérisé non relu

Gren., XXII, 8, 14. — 4. Eph., v

espèces du pain et du vin, et s'offrant ainsi à son Père devant les fondateurs et les représentants de son Eglise, réunis en cénacle, comme Melchisédech, prêtre du Très-Haut, l'a offert en figure devant Abraham, le père des croyants et la personnification du peuple de Dieu, il leur dit, et en leur personne il dit à tous ceux qui leur succéderont dans le sacerdoce : « Voici ma chair et mon sang. C'est la matière du sacrifice que je vais offrir pour votre salut. Je veux que cette oblation se perpétue d'une manière non sanglante dans la société que vous allez fonder. Ce que vous me voyez faire, vous le ferez vous-mêmes. Faites-le chaque jour en mémoire de moi, jusqu'à ce que je revienne : Hoc est corpus meuni. Hic est sanguis meus. Hoc facile in meam commeinorationcm * . »

Cette institution est la base, le centre et l'âme du culte chrétien. Grâce à elle, l'Église a son autel : Habeinus altare"^. Elle a un sacrifice et une communion. Et le sacrifice qu'elle offre, et l'aliment qu'elle donne sont dignes d'elle, dignes du Sauveur et dignes de Dieu : c'est un sacrifice surnaturel et divin 3, c'est le corps et l'âme du Verbe incarné. Cliristus dilexit Ecclesiam et scipsum tradidit pro ea^. Jésus-Christ continue à se dévouer, à s'offrir, à s'immoler pour son Epouse. Comme il est son époux et son chef, il veut être aussi son hostie et sa vie : Nutrit et fovet eam ; quia membra sunius corporis ejus et de ossibus ejus^.

1. Matth., XXVI, 2«; I Cor., xi, 24, etc. — 2. Heb., xin, 10.

3. N'ovenint qui legunt quid proluloiil Melchisédech, quando beuedixit Abrahae, et vident taie sacrilicium nuQC offerri toto orbe teriavum. (S. Aiig., Cont. adv. leg., i, 39.)

4. Jean, iv, 23, 24. — 5. Eph., v, 29, 30. Caput est Ecclesiœ, ipse salvator ejus. (v. 23. Col. i, 18.)

Mais quand il se dévoue ainsi en faveur de l'Église, quand il se fait son hostie, l'Homme-Dieu veut l'offrir elle-même et en faire une même victime avec lui; car c'est comme son chef qu'il s'offre, c'est comme son époux qu'il s'immole ; et l'on ne peut douter qu'il ne s'offre et ne s'immole à la Majesté divine sans aucune réserve, par conséquent en joignant à lui dans son cœur celle qu'on ne peut séparer de lui^ qui est avec lui un seul et même corps, l'os de ses os et la chair de sa chair, et tous ceux qui sont devenus en elle ses membres mystiques*. C'est par ce moyen, c'est grâce à cette oblation incessante et à cette immolation commune, qu'il veut la sanctifier, la détacher du monde, l'unir à son Père et attirer sur elle toutes sortes de bénédictions.

Déjà quand Notre-Seigneur s'immolait sur la croix, il nous associait à lui et nous immolait en esprit avec lui. Mais c'est à notre insu, quand nous n'existions pas encore, que Jésus-Christ s'offrait alors pour tous ses membres. De nous-mêmes, par notre volonté, nous ne pouvions prendre aucune part à son oblation. Aujourd'hui, au saint autel, il en est autrement. C'est en notre présence, c'est sous nos yeux, par le ministère d'un prêtre, pris du milieu de nous et qui nous représente en même temps qu'il le représente lui-même, qu'il réitère son immolation. Nous savons qu'il se sacrifie pour nous, c'est-à-dire qu'il fait en notre faveur et à notre place ce que nous serions hors d'état de faire

Page 1