‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 51 sur 247 · Eph., V · texte numérisé non relu

Eph., V

dignement par nous-mêmes. Nous le voyons s'anéantir aux pieds de son Père, non plus pour expier les péchés du monde, puisque l'expiation du Calvaire a été complète et que l'état de gloire où se trouve son humanité exclut toute souffrance: mais pour s'acquitter en notre nom de tous nos autres devoirs. Par son exemple, en même temps que par sa parole, il nous invite à nous unir à lui, à nous anéantir comme lui, à rendre grâces, à adorer, à prier avec lui et par lui. Et tandis que sa grâce agit en nous pour nous faire entrer dans ces sentiments et nous déterminer à prendre part à son sacrifice, il agit auprès de son Père par l'ardeur de ses désirs et la dignité de sa personne, afin de lui faire agréer son oblation et celle de tous ses membres. Ajoutez que l'Eglise n'omet rien pour nous pénétrer de ces pensées, pour ne pas nous laisser oublier que le plus cher désir de notre Sauveur est de nous offrir avec lui comme une partie de lui-même, et de nous donner part aux mérites et aux fruits de son immolation. Elle nous fait une loi de nous rassembler fréquemment autour de ses autels. Elle nous presse de nous approcher de sa Table sainte, et elle nous exhorte sans cesse à nous animer de son esprit et à nous tenir en société de grâce et dévie avec lui ^

1. Ipsum sacrificium corpus est Christi. S. Aug., De civ. Dei, xxil. Cum ipsius capitis Ecclesia corpus sit, seipsam per ipsum discit offerre. (x, 21),) Profecto efficitur ut tota ipsa redempta civitas id est congregalio societasque sanctorum uuiversale sacrificium offeratur Deo per saccrdotem magnum qui i-tiam seipsum obtulit ia Passione pro nobis ut tanti capitis corpus essemus. (x, C.)

98 r)U DIVIX SACRIFICE

Jugeons par là combien Jésus-Christ nous aime et jusqu'à quel point il a daigné honorer son Église ^ . Quand il s'est donné à elle, c'a été sans réserve et sans retour^. Non seulement elle n'a rien à envier à la synagogue, mais entre le culte de la synagogue et le sien, il y a la différence qu'il doit y avoir, une différence immense, celle de l'ombre à la réalité ^ : Dllexit Dominus portas Sion super omnia tahernacula Jacob ^. Gomme le Père éternel ne saurait recevoir un hommage plus glorieux que de voir l'Horame-Dieu anéanti à ses pieds et immolé à sa grandeur, l'Église ne pouvait être plus honorée que d'avoir à lui offrir en sacrifice le Verbe fait chair, égal en tout à son Père. Si le second temple, malgré sa petitesse et sa pauvreté, l'emportait de beaucoup dans l'esprit des prophètes et des vrais croyants sur celui de Salomon, par cette seule raison qu'il devait recevoir le Messie dans ses murs et être témoin des premiers hommages qu'il rendrait à la Majesté divine, quelle estime et quel respect ne mérite pas l'Église chrétienne, dans le sein de laquelle le Sauveur du monde renouvelle chaque jour son sacrifice, o\x il habite continuellement, avec

1. Christus dilexit Ecclesiam et seipsum tradidit pro ea ut illani sanctificaret, mimdans lavacro aquae in verbo vitae, ut exhiberet ipse sibi gloriosam Ecclesiam, non liabentem maculam neque rugam aut aliquid ejusmodi, sed ut sit sancta et immaculata. (Eph., v, 25-27.)

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