‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 53 sur 247 · Ps. XLVII · texte numérisé non relu

Ps. XLVII

de faire de telles prédictions et d'opérer de tels prodiges^. O Israël! quam magna est domus Domini et ingens possessio ejtis! Magnus est et non habet fi/iem, excelsus et immensus^.

On sait avec quelle majesté et quel enthousiasme le Martyrologe romain, ayant à annoncer la fête de la Nativité, proclame que le Fils de Dieu est venu dans la plénitude des temps sanctifier ce monde par sa présence et qu'il en a fait la demeure et le temple de sa divinité : Jésus Christus, xternus Deus, œterni Dei Filius , mundum volens adventu suo piissiino consecrare, in Bethléem Judse nascitur factus honio^. Que faisait cependant le Verbe incarné au moment de sa naissance que de commencer son œuvre ? Et à quel instant l'a-t-il terminée? Quand peut-on dire avec une entière vérité qu'il a fait de cette terre un lieu sacré et un temple divin? N'est-ce pas au moment où il a institué le sacrement de l'autel ; c'est-à-dire lorsqu'il a étendu à tous les lieux et à tous les temps les mystères opérés à Bethléem et au Calvaire ? Oui, c'est dès ce jour qu'il a commencé à remplir toute l'étendue du monde, qu'il en a sanctifié toutes les parties par son humanité comme par sa divinité ; Qui descendit ipse est et qui ascendit, ut impleret omnia^. Implevit majestas Domini templuni Domini'^. C'est à partir de cet instant qu'il est devenu impossible au Père éternel de porter le regard sur notre globe sans

1. Quis auditum fecit hoc ab initio, ex tune praedixit illud ? Numquid ego Deus, et noa est Deus absque me ? (Is., xlv, 21.) Aperite oculos et videte ab oriente soli usque ad occidentem in omni loco oflerri sacrilicium christianorum non cuilibet Deo, sed ei qui ista piaîdixit Deo Israël, secundum ordinem Melchisedech. (S. Aug., De civ. Dei, x\iii, 35.)

2. Habac, m, 24, 25. — 3. 25 décumb. — 4. Eph., iv, 10. — 5. II Parai., vu, 2.

avoir devant les yeux le spectacle qui le ravissait au Tliabor, et sans répéter intérieurement ce qu'il dit alors aux apôtres : Hic est Filius meus dilcctus in quo mihi bene compUicui * .

Mais le divin Sacrifice n'est pas seulement de tous les lieux : il est aussi de tous les temps, de tous les jours et de toutes les heures : Juge sacrificium- . Il n'y a pas un instant où la divine Victime ne soit immolée au Seigneur dans une multitude d'endroits. Sans cesse, des milliers de prêtres montent à lautel pour consacrer le corps et le sang du Sauveur et l'offrir à son Père ; et quand ils en descendent, des milliers d'autres leur succèdent pour reproduire ailleurs la même oblation. Dieu voit à tout moment l'Hostie trois fois sainte élevée vers lui depuis un pôle jusqu'à l'autre, et à tout moment il entend son divin Fils lui redire, ce qu'il disait devant ses Apôtres, la veille de sa Passion : Hoc est corpus meuni. Hic est sanguis meus. Pro eis ego sanctifico meipsuni. Serva eos in noniine tuo quos dedisti mihi ^. C'est un des résultats les plus remarquables de la diffusion de l'Eglise sur toute la face du monde et du mouvement continuel de notre globe autour de son axe. Comme la terre présente à chaque instant au soleil une nouvelle portion de sa surface, à chaque instant aussi il y a, d'un pôle à lautre, des contrées nouvelles qui entrent dans la lumière et pour qui sonnent les premières heures

Page 1