Joan., xvil, 1, 9, 2i. — 2. Joan., xvi
catis nostris : non pro nostris autem tantum, sed etiam pro totius mundi ^ . Son Père lui dit toujours, comme en sa résurrection, en lui montrant ses trésors: Postula a me et dabo tibi-; et lui, répète toujours à son Père en lui montrant ses disciples : Ego pro eis rogo. Serva eos in nomine meo. Sanctlftca eos in veritate^.
Il est vrai que pour avoir droit à ses grâces on doit s'unir à son esprit et prier avec confiance. Mais quelle difficulté y peut-on trouver quand on est à ses côtés et qu'on le voit offrir son sang en faveur de nos âmes? Aussi est-ce à l'autel que l'Eglise convoque ses enfants, et au saint Sacrifice qu'elle fait pour eux ses prières les plus touchantes. C'est là que son ministre récite en leur nom l'Oraison dominicale, qui comprend tout ce qu'ils peuvent désirer : le règne de Dieu sur eux et sur tous, le pardon de leurs péchés, la persévérance dans la divine grâce. Comment douter que Notre-Seigneur ne fasse agréer à son Père cette prière qu'il leur a enseignée et que son esprit leur suggère ? Fût-on encore pécheur, comme le larron crucifié, si l'on prie comme lui, ne sera-t-on pas exaucé comme lui*?
Enfin, en mettant sous nos yeux à l'autel les vertus qu'il a pratiquées au Calvaire, Notre-Seigneur donne à ses exemples tout l'ascendant qu"'ils peuvent avoir.
Il a réuni et porté au plus haut degré dans sa Passion
1. I Joan., II, 1. — 2. Ps. ii, '1. Cf. Act.^ xin, 2'i. — 3. Joan., xvn, 0, 11, IT.
4. Dicebat : Domine, mémento mei cum veneiis in regmim tuum. Et dixit illi Jésus : Hodie mecum evis in paradiso. (Luc, xxiii, 43, 44.)
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toutes les vertus qu'il a fait paraître dans le cours de sa vie. Saint Paul, parlant de son obéissance, dit qu'il l'a pratiquée jusqu'à la mort et à la mort de la croix : Factus ubediens usque admortem^ mortemaulem crucis ^ ; c'est-àdire que pour n'y pas manquer, pour l'exercer d'une manière plus parfaite, iln'a pas hésité à verser son sang et à se laisser attacher à une croix. Et quelle est celle de ses vertus dont on ne doive dire la même chose ? N'est-ce pas aussi jusque-là, jusqu'à cet excès, qu'il a porté son dévouement pour nos âmes, sa patience, sa mortification, son zèle, son horreur du péché? C'est donc en sa Passion qu'il nous a donné les exemples de perfection les plus capables de faire impression sur nos cœurs.
Mais il en est des exemples comme des miracles, comme des bienfaits. Pour en être touché, il ne faut pas les voir de trop loin. Les vertus dont on est le plus frappé, sont celles qu'on a sous les yeux et qu'on touche pour ainsi dire de la main. Aussi le Sauveur a-t-il voulu que nous puissions considérer les siennes, non comme de simples souvenirs dans l'éloignement du passé, mais d'aussi près que possible, comme des réalités présentes et vivantes, dans toute leur activité et toute leur ardeur. Car, il est à l'autel, quand il s'offre à à son Père, tel qu'il était au Calvaire. C'est avec les mêmes dispositions, la même générosité, la même religion, le même amour qu'il continue à s'y sacrifier. Non seulement il a conservé ses vertus au fond de son cœur, mais pour nous toucher davantage, il se plaît à s'en vêtir et à les faire paraître au dehors. Impassible et glorieux en réalité, il ne laisse pas de paraître dans un état