‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 62 sur 247 · RÉSUMÉ ET CONCLUSION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSION

sans bornes. Aussi le Père éternel lui a-t-il décerné l'honneur du Sacerdoce, comme une prérogative personnelle, comme un bien propre et inaliénable, et a-t-il déclaré de la manière la plus solennelle qu'il n'accepterait jamais d'autre sacrilice que le sien : Dixit Dominus Domino meo... : Tu es sacerdos in œternum ^ .

Comme le Fils de Dieu désire infiniment la gloire de son Père et qu'il ne peut rien faire de plus excellent, pour le glorifier, que de s'immoler en son honneur, la première inspiration de son cœur est pour le sacrifice ; c'est pour lui un besoin de faire, de sa vie, de son être, de tout ce qui est à lui, l'holocauste le plus complet de la Majesté divine. Et comme il désire en même temps et parle même motif le salut et la sanctification des hommes, et que les hommes n'ont d''autre moyen de se sanctifier que de s'immoler avec lui à la sainteté de Dieu, il ne souhaite rien avec plus d'ardeur que de les associer à son immolation, de leur en faire partager le mérite et de leur en communiquer les fruits, C'est pourquoi il cherche à se les attacher par la foi et à se les unir par la charité. Il s'efforce de les soumettre à son esprit et de les animer de ses dispositions. Il s'applique à leur inspirer ses sentiments d'abnégation, de pénitence, de dévouement, de reconnaissance; et les offrant à son Père avec leurs dispositions et leurs actes, il les lui fait agréer, comme n'étant avec lui qu'une seule Hostie et ne formant qu'un même Sacrifice : le Sacrifice unique, mais total, universel et permanent de l'humanité

1. Ps. cix, 1, 4; Heb., v, 5, C : VU, 21. Alii quidam plures facti sunl sacerdotes, idcirco quod morte prohiberentur permanere : hic autem, eo quod maneat in seternum, senipiternum habet sacerdotium. (Heb., VII, 23, 2i.)

pénitente et fidèle, sous l'influence et par la vertu de celui qu'elle a reçu pour chef.

Ainsi, nous le répétons, parce que cette vérité est capitale^ Dieu n'a ici-bas qu'un adorateur, mais cet adorateur est d'une dignité infinie et il a une infinité d'organes qu'il anime de son esprit. Jésus-Christ honore son Père d'une manière parfaite et le fait honorer par tous ceux qui sont à lui ; de sorte qu'il lui rend à la fois mille hommages en mille endroits divers, qu'il le loue par mille bouches et qu'il l'aime par mille cœurs, qu'il remplit l'univers et toute la suite des siècles de ses louanges, de ses prières, de ses actions de grâces, de ses expiations : Vo.x ejus ut vox multitudinisK 11 n'y a jamais eu et il n'y aura jamais qu'un sacrifice agréable à la Majesté suprême ; mais ce sacrifice s'étend à tous les temps comme à tous les lieux ; il comprend toutes les oblations et toutes les victimes; et dans tous les lieux comme dans tous les temps, il est le fruit d'un même amour, celui que le Fils de Dieu est venu allumer sur la terre et dont il voudrait voir le monde embrasé. Unus enim Deus^ unus et mediator Del et hominum, homo C/iristus Jésus, qui dédit redemptionem semetipsum pro omnibus 2, Ipsum dédit caput supra omnem Ecclesiam, quse est corpus ipsius et plénitude ejus^.

Voilà ce qu'on peut dire du divin Sacrifice, en le considérant dans son essence intime, c'est-à-dire tel qu'il

1. Dan., X, G. Haec omnia operatur unus atque idem spiritus dividens singulis prout vult. (I Cor., xii, 11.)

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