Lcssius, Bossuet, etc
rément de son sang, et son sang séparément de son corps ; le corps et le sang n'étant réunis et vivants qu'en vertu de leur état ressuscité, qui les soustrait, pour ainsi dire, au glaive du sacrificateur.
Enfin d'autres, en plus grand nombre, trouvant la première explication insuffisante, et la seconde plus spécieuse que solide, disent que l'immolation du Sauveur à l'autel consiste dans l'anéantissement auquel il se réduit pour être offert à son Père ^ . Pour être immolé mystiquement, disent-ils, il suffit que le Sauveur soit moralement anéanti. Or, quel anéantissement plus grand que celui où il se met en vertu des paroles sacramentelles? Lui qui règne au ciel dans l'éclat de sa gloire, avec le plein exercice de ses facultés humaines et la jouissance de ses perfections divines, le voilà dépouillé de toutes ses prérogatives, privé de l'usage de toutes ses puissances, sans action, sans mouvement, sans étendue, sans dimension, sans aucune figure sensible. L'acte qui le produit sous les espèces sacrées le réduit au dernier état d'impuissance et de petitesse. Sa majesté est voilée sous les apparences les plus chétives. Au regard des hommes, il n'est plus qu'un corps inanimé à la disposition des êtres les plus faibles, naturellement incapable de se défendre contre un outrage ou de se soustraire à aucune profanation. Le voile sacramentel sous lequel il se cache est comme un linceul qui le tient enseveli. S'il conserve encore sous ces apparences de mort la substance de son être et l'essence de sa vie, nos sens n'en découvrent aucun indice, et il n'en saurait donner aucun signe sans recourir au miracle et