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EXCELLENCE DU POUVOIR QUE LE PRÊTRE EXERCE A L'AUTEL

Après l'Incarnation du Verbe et la Maternité de la très sainte Vierge, il n'est rien qui ait excité à un plus haut degré l'admiration des saints Docteurs, rien qui leur ait inspiré de plus belles pages que le pouvoir exercé par le prêtre dans la célébration du divin Sacrifice. Ne pouvant transcrire ici ce que saint Ephrem, saint Grégoire de iSazianze, saint Ambroise, saint Chrysostome, saint Bernard, ont écrit de plus magnifique sur ce sujet, nous nous bornerons à en extraire quelques pensées.

Ce n'est pas sur une simple créature, sur un être dépendant et borné, comme tout ce qui est de ce monde, que le pouvoir du prêtre s'exerce à l'autel. C'est sur une personne divine, sur Dieu lui-même, auprès duquel ce qu'il y a de plus grand dans la création, et la création même tout entière, n'est qu'un néant. Quoi de plus incompréhensible ! On admire qu'un prophète ait fait par sa parole descendre le feu du ciel sur la terre, que Josué ait commandé au soleil et l'ait arrêté dans sa course : combien ne doit-on pas trouver plus merveilleux que le Fils de Dieu soit soumis à la voix de ses prêtres et que la parole d'un homme ait la vertu de le faire

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descendre en personne ici-bas! C'est ici qu'il faut redire et prendre à la lettre la parole de l'Esprit-Saint sur le miracle de Gabaon : Ohediente Domino voci liominis^. Dieu obéit réellement à la voix de son ministre. Il ne se borne pas à faire fléchir à la prière d'un homme une loi de la nature : c'est lui-même qui s'assujettit à la volonté de sa créature et qui en fait la règle de sa conduite.

Mais comment le prêtre exerce-t-il son pouvoir et commande-t-il à l'Homme-Dieu? De la manière la plus absolue : en le rendant présent devant lui, en le revêtant des apparences les plus chétives, en l'immolant comme une victime à la majesté suprême. Par cet acte divin, l'autorité du prêtre s'élève au-dessus de tout pouvoir créé. Elle lui donne avec la Mère du Verbe incarné, eh! que dis-je? avec les personnes divines elles-mêmes, avec le Père et le Fils en particulier, une ressemblance et une conformité d'action qui lui permettent de s'appliquer à la lettre les paroles de saint Jean : Societas nostra cum Pâtre et Domino nostro Jesu Christo -. « Notre sacerdoce nous associe à Dieu le Père et à Jésus- Christ son Fils. »

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Quel est en effet le caractère personnel du Père dans la Trinité? Et dans le temps, quel est l'acte principal qui lui est attribué par l'Écriture et par l'Eglise? Le caractère personnel du Père consiste dans la génération du Verbe. Son caractère distinctif, c'est d'avoir

1. Jos., X, 14. — 1. I Joan., i, .f. Cf. S. Th.. p. 1, q. G3, a. e.

éternellement pour Fils un Dieu éternel et infini comme lui. Voilà ce qui fait son caractère et sa gloire essentielle. Quant à ses œuvres extérieures, la jdIus excellente qui lui soit attribuée, celle qui porte au plus haut degré l'empreinte de sa grandeur, c'est d'avoir envoyé et produit ici-bas son Fils unique en notre chair mortelle. Comme la génération éternelle d'un Dieu est le terme le plus élevé auquel puisse atteindre une personne divine, agissant en elle-même selon toute l'énergie de sa nature, la production temporelle d'un Homme-Dieu est la dernière limite de ses opérations dans la sphère des choses contingentes et libres. Dès lors comment ne pas voir le rapport que le sacerdoce établit entre la première personne et nous, et la gloire qui en rejaillit sur notre ministère ?

Que fait le prêtre au saint autel ? Qu'a t-il à faire pour offrir à Dieu le Sacrifice eucharistique? N'est-ce pas d'abord de produire et de mettre sous les espèces sacramentelles ce même Fils de Dieu que le Père éternel a la gloire de produire dans l'éternité, ce Verbe divin qui est venu sur la terre dans la plénitude des temps, qui s'est revêtu de notre humanité pour rendre à la Majesté divine les hommages qu'elle attendait, et dont les beautés infinies, aussi bien que les grandeurs, méritent les adorations et les actions de grâces de toutes les créatures? Saccrdos corpus C/iristi sacro ore conficit*.

Il n'est pas besoin de rien exagérer, ni de se faire illusion, en confondant des choses essentiellement distinctes. Nul ne prétend qu'une créature puisse donner l'existence au Créateur. Qui ne sait qu'un être créé, si

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