‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 84 sur 247 · Lev., XXI · texte numérisé non relu

Lev., XXI

de leur vie, et avec quel soin ils doivent tenir leur âme exempte des taches même les plus légères ' ?

« Il ne s'agit |ias, dit-on, de religieux, vivant dans la retraite, sans aucune charge, à l'abri des distractions et des surprises : il s'agit d'hommes en rapport continuel avec le monde et dans une sorte de nécessité de célébrer tous les jours. Pour eux du moins, on ne voit pas que l'Eglise ait jamais mis une autre condition à la célébration quotidienne que l'état de grâce, ou l'exemption du péché mortel: pourquoi demander davantage?»

Il est vrai que la pratique commune dans le clergé est d'offrir chaque jour le saint Sacrifice et que les besoins du saint ministère en font une sorte de nécessité au plus grand nombre des ministres. Il est vrai aussi que l'Église est loin de les détourner de cet usage; et que pour les dispositions elle se borne généralement à leur rappeler qu'ils commettraient un sacrilège en montant à l'autel sans être en état de grâce. Mais en quoi cette pratique contredit-elle le principe que nous avons établi? Est-ce que l'Eglise ne tient pas à l'égard des fidèles, sur le sujet de la sainte Communion, une con-

1. Qusecumque eniin sciipta suut , ad nostiam doetrinam scripta sunt. (Rom., xv, 4.) Scripia sunt autem ad nostrarn correptionem, in qiios fines saeculorum devenerunt. (1 Cor., x, 11.) Tantum intcrest inter Propositionis panes et corpus Christi, quantum inter umbram et veritatem. Qiiomodo itaque mausuetudo, patientia, sobrietas, etc., praecipue debent esse inter cunctos eminentia, sic et castitas propria, et ut ita dixerim pudicitia sacerdotalis, ut non solum ab opère se immundo abstineat, sed etiam a jactu ociili et cogitationis errore meus Christi corpus confectura sit libéra. (S. Hieron., In Tit., i, 9.)

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diiite senibliible à celle qu'elle tient à l'égard des prêtres par rapport à la célébration de la Messe ?

Elle appellelesfidèlesàlasainte Table ; elle les exhorte à s'en approcher fréquemment; elle emploie tous les moyens pour les y attirer; et tout en les exhortant à s'y pré])arer avec le plus grand soin, elle se borne pour l'ordinaire à dire qu'ils profaneraient le Sacrement et se rendraient coupables de sacrilège, s'ils le recevaient en péché mortel. Cela empêche-t-il les théologiens et les moralistes d'enseigner que, pour plaire à Dieu et pour être proGtable à l'âme, la sainte communion demande des dispositions d'autant plus parfaites qu'elle est plus fréquente, que ce qui suffit pour communier chaque mois ou chaque semaine serait insuffisant pour communier avec fruit tous les jours ' ? Pourquoi devraient-ils parler autrement quand ils traitent de la célébration des divins Mystères? ou plutôt comment pourraient-ils demander moins, puisque cette célébration implique de la part du prêtre, non seulement la communion, mais encore l'offrande du divin sacrifice, acte qui n'est pas moins saint, et qui n'exige |)as une moindre pureté de conscience?

La nécessité où sont la plupart des prêtres de celé- • brer chaque jour est réelle, mais que doit-on en conclure ? Ce n'est pas qu'ils sont autorisés à le faire avec moins de préparation qu'on n'en exige des fidèles pour communier fréquemment : c'est que leur état demande une plus grande pureté de vie, et qu'en y entrant de leur plein gré, ils se sont imposé à eux-mêmes l'obligation d'acquérir un degré de vertu supérieur à celui des chrétiens ordinaires.

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