‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 86 sur 247 · Joan. , V · texte numérisé non relu

Joan. , V

2. I Cor., VII, 7, 17. Oninia facilia suiit caritati. Cui gravia sunt prsecepta, petat quo destitiiilur et impleat qiiod jubftur. (S. Aug., De nat. et gral., 83.)

3. S. Aug., In Ps., Lix, 8. — 4. Levit., xx, 8. — 5. Malach., m, 2, 3.

reux ! Désormais il ne vivra plus que pour Dieu, et il lui est comme impossible de l'offenser. — Eh quoi! lui dit-on, est-ce que l'autel rend impeccable? Ce prêtre est toujours homme ; il peut pécher comme auparavant. — Non pas comme auparavant, reprend le Saint. Ceux qui parlent ainsi ne savent pas ce que c'est qu'être prêtre, qu'offrir le divia Sacrifice, que toucher et recevoir chaque jour le corps et le sang de Jésus-Christ. On ne mérite pas le nom de prêtre si l'on n'a la pureté d'un ange. » Quelle serait en effet la vertu du sacrifice s'il ne pouvait faire régner, quelques heures seulement, dans le cœur du ministre qui l'a offert l'amour de Dieu et la haine du péché? Quelle efficacité aurait le sacrement du corps et du sang du Sauveur, si la grâce qu'il confère ne pouvait préserver celui qui l'a reçue de toute chute volontaire jusqu'à la fin du jour' ? On ne prétend pas que la vie d'un ministre des autels doive échapper à toute surprise et être à l'abri de toute faiblesse. La condition humaine ne le })ermet pas. Mais on entend que des prêtres qui offrent tous les jours le divin Sacrifice, qui s'unissent chaque matin par lu communion à l'Agneau sans tache, peuvent et doivent avoir en horreur toute faute délibérée, veiller sur leurs sentiments et leur conduite pour ne pas offenser Dieu, exclure avec soin de leur cœur toute intention déréglée, et faire souvent des actes d'humilité et de repentir sur les infidélités qui leur échappent^. Qui pourrait demander moins d'hommes qui vivent dans

1. Qiiomodo moiietur, cujiis vita cihus est? (S. Amb., In Ps. lxviii.)

2. Jam non dicam vos servos sed amicos meos, quia omnia cognovistis quae operalus sum ia medio vestri. (Pontif., Ordiii. presbyt.) Cf. Joan., XV, \'i.

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l'état le plus saint, et qui ont contracté avec Notre-Seigneur la plus intime union? N'est-ce pas parce qu'il voulait l'élever au Sacerdoce que Notre-Seigneur disait à saint Pierre, à sa dernière Cène : Nisi lavero te, non habebis partent niccuni ' ?

Article II VERTU POSITIVE, DANS UN DEGRÉ PLUS Qu'ORDINAIRE

La première qualité qu'on exige des vases sacrés, c'est qu'ils soient nets ou exempts de toute souillure. Cette condition est essentielle, mais on ne s'en contente pas. On demande en outre qu'ils soient d'un métal pré- ■ cieux, travaillés avec art et richement ornés. Or, les prêtres ne sont-ils pas, comme les vases de l'autel, destinés à recevoir et à présenter aux fidèles le corps et le sang du Fils de Dieu ? Le Sauveur ne daigne-t-il pas habiter en eux, et faire de leurs cœurs ses ciboires et ses ostensoirs vivants ^P II faut donc qu'ils se distinguent aussi par un mérite positif, qu'ils soient ornés de vertus plus qu'ordinaires, et que leur perfection, les élevant au-dessus du vulgaire, leur concilie l'estime et le respect de tous les fidèles.

1. Joan., xm, 8, 10. Haec nemo contemnat j quoniam, ut audivit Petrus. nisi laveiit ea Christus, non habemus partem cum eo. (S. Burn. In Carn. Dom.)

3. Sacerdos magnus quasi vas auri solidum ornatum omni lapide pretioso; in ascensu altaris saocti gloriaut dcdit sanclitatis auiictum. (Eccli., L, 10, \i.)

Ql'AI-ITKS gU'II, DOIT AVOIR 169

. On trouve ce sentiment chez tous les peuples, à toutes les époques et dans toutes les contrées : Sancta sanctis. Jamais on n'a séparé l'idée du sacerdoce de l'idée de sainteté. Adam n'a pas offert de sacrifice proprement dit, ou du moins l'Ecriture n'en a pas fait mention, parce qu'il ne convenait pas, disent les saints Docteurs, que le nom de prêtre fût donné au premier des pécheurs : Ne primas peccator primas sacerdos diceretur. Caïn et Abel offrent à la fois des victimes; mais Dieu, qui découvre le fond des cœurs, fait une différence entre leurs oblations, et l'on voit aussitôt auquel des deux sont réservées ses bénédictions. Dans la suite des temps, tous ceux que nous voyons honorer la Majesté divine par de dignes sacrifices, Hénoch, Noé, Abraham, Jacob, se distinguent par leurs vertus et sont entourés de vénération : Omnes isti gloriam adepti sunt, dit le Sage, et in dicbiis suis hahentur in laudibus ^ . Lorsqu'il plaît au Seigneur de réunir les enfants d'Israël en corps de nation et de leur donner un culte particulier, il désigne pour pontife le frère du libérateur, Aaron, en récompense du courage qu'il a montré devant Pharaon et de la fidélité avec laquelle il a exécuté jusque-là tous les ordres du ciel : Excelsum fecit Aaron... fun^i saccrdotio et liabere laudem in nomine ejus -. Mais il a soin d'avertir ceux de sa famille qui sont appelés à lui succéder que, s'ils héritent de sa dignité, ce sera à condition d'hériter

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