Pontif. De ordin. confer
dans ses avis de toutes les charges qu'elle lui réserve et des devoirs qui en seront la suite? »
— Il est vrai que le ministère ecclésiastique impose de nombreuses obligations, et il importe extrêmement que toutes soient bien remplies. C'est pour l'Eglise, sans aucun doute, une raison de souhaiter à ses prêtres de hautes vertus et de demander pour eux de grandes grâces. Néanmoins, si l'on réfléchit et qu'on étudie son langage, on reconnaîtra que ce n'est pas là sa grande préoccupation au jour de l'ordination, ni la raison principale de ses avertissements et de ses prières. Car enfin elle sait bien qu'un certain nombre de ses ministres n'auront pas à s'occuper de la conduite des âmes ou du gouvernement des paroisses; et les prières qu'elle fait, elle les fait pour tous, et les avis qu'elle donne, elle les adresse à tous sans exception. Elle les croit donc nécessaires à tous, indépendamment du saint ministère.
D'ailleurs qui peut ignorer, ce qu'enseigne le concile de Trente, que, de toutes les fonctions qu'un prêtre peut remplir, il n'en est aucune qui soit aussi auguste et qui demande des dispositions aussi excellentes que le divin Sacrifice? L'Eglise tient donc pour certain que si ceux qu'elle va ordonner ont la perfection nécessaire pour s'en bien acquitter, ils auront également celle qu'ils devront porter dans leurs autres emplois. Aussi en revient-elle toujours à la pensée des divins Mystères, et semble-t-elle borner ses vœux à ce que ses ministres s'en acquittent avec tout le soin et toute la sainteté possibles : Ut purum et imniaculatuin ininlsterii sui donum custodiant , ac panem et vinum in corpus et sanguinem Filii Dei immaculata benedictionc confirment. C'est ainsi qu'elle parle en toute occasion. Lorsqu'elle veut inculquer à ses
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prêtres l'obligation qu'ils ont d'être saints ou leur en faire sentir la gravité, elle ne voit pas de moyen plus efficace poui- les convaincre, que de leur montrer l'autel et de leur faire considérer l'office qu'ils y remplissent : Sacerdotcs iricensuni Domini et panes Del sut offcrunt, et ideo sancti crunt Deo suo et non polluent nomen ejus *. Les prêtres ont à monter à l'autel du Très-Haut. Ils doivent lui offrir l'encens et le pain consacré, une prière sainte et une hostie sans tache. Comment ne seraient-ils pas saints, d'une vraie et complète sainteté? Ils le doivent à la dignité qu'ils exercent, à la victime qu'ils immolent, à la divinité qu'ils invoquent. Le péché qui souillerait leur conscience avilirait leur ministère et ferait injure au Saint des saints : Sancti erunt Deo suo, et non polluent nomen ejtis^.
Rien ne fait mieux connaître le sentiment de l'Eglise à cet égard, que les insignes qu'elle donne à ses ministres et dont elle les revêt le jour de leur ordination.
Ces ornements n'ont par eux-mêmes aucune valeur. Qu'elle qu'en soit la magnificence, ils ne sauraient accroître notre mérite ni augmenter notre crédit auprès de Dieu. « Seigneur, disait le Psalmiste, c'est la sainteté qui doit être la parure de vos prêtres; sanctifiez-les; ornez-les de justice et de vertus; et vous mettrez la joie au cœur de tous vos saints^! » Mais aux yeux de