‹ Du divin sacrifice et du pretre qui le celebreChapitre 94 sur 247 · A. Bourdoise · texte numérisé non relu

A. Bourdoise

gr.M.ITKS QU'IL DOIT .woii; 183

chaumière lui suffit; et si pauvre qu'elle soit, il ne se plaint pas de son dénùment, après y avoir reposé la nuit. C'est en passant qu'il s'y arrête ; il n'y demeure que peu d'instants. Mais dans son palais, il a d'autres exigences. Comme c'est le lieu où il habite, où il exerce son autorité, où il se fait voir à ses sujets, il tient à ce que tout soit magnifique, et il emploie de grosses sommes et des années entières à s'y construire des appartements somptueux. De même en est-il du Fils de Dieu, notre souverain Maître. Obligé de loger en passant dans une étable, il ne prend pas garde au dénùment d'un si pauvre réduit, et il se contente du peu que peuvent faire, pour le préparer, sa très sainte Mère et son Père nourricier. Mais pour la bienheureuse Vierge, comme il veut faire en elle un long séjour, qu'elle doit devenir sa demeure habituelle, comme son palais, son tabernacle, le trône de sa gloire, le lieu de ses délices, il agit tout autrement. Il la prépare lui-même, durant de longues années, à l'honneur qu'il lui destine. Il la comble de ses grâces, il l'orne de ses vertus, il emploie, pour la sanctifier, toutes les industries de sa sagesse, tous les trésors de son amour.

(' 0 prêtres ! ô ministres de ce grand Dieu ! pensez que le cœur d'un simple fidèle est pour le roi du ciel, présent dans l'Eucharistie, ce que l'étable de Bethléem lui fut au jour de sa naissance. Il ne veut y loger qu'en passant, sans dépense comme sans appareil. Il se contente de ce que vous pourrez faire pour qu'il y soit reçu le plus décemment possible. Mais vous, chez qui il vient tous les jours, vous en qui il désire faire son séjour habituel, pour se laisser voir et se faire honorer de tous, vous devez être plus purs, plus ornés, plus brillants que les

cieux. C'est pour cela qu'il s'applique avec tant de soin à vous rendre saints et qu'il verse sans mesure ses grâces dans votre âme. Il veut que, par l'innocence et par la vertu, vous ressembliez à Celle qui a mérité d'être sa mère. Approchant d'elle de si près par votre dignité, serait-il dans l'ordre que vous en fussiez si éloignés par vos dispositions et par vos mérites ? Domurn Del clecet sanctitudo. Confessin et pidchritudo in conspectu ejus : sanctimoniaet magnificeiitia in sanctificatione ejus '. »

Ainsi, Dieu nous aide à nous sanctifier, et plus il nous demande de vertus, plus il a dessein de nous accorder de grâces. Le divin Maître veut que nous soyons parfaits; mais il est la perfection même, et il ne désire rien tant que de se donner à nous. Il suffit de s'attacher à lui pour participer à son esprit de charité et de sacrifice : Pro eis ego sanctifico meipsum^ ut sint et ipsi sanctificati^. C'est là ce qui doit nous donner confiance, malgré notre pauvreté et notre faiblesse. Humilionsnous; désirons; demandons : Petite; quxrite ; pulsate^. Notre-Seigneur nous donnera ce qui nous manque. Il fera en nous ce que nous ne saurions faire ; il élèvei'a notre vertu à la hauteur de notre dignité ; et tout en nous laissant le sentiment de notre misère, il nous montrera de quoi nous pouvons devenir capables par le secours de sa grâce : Uiiicuique gratia secundum mensuram donationis Christi^. Vos cognoscetis quia ego sum in Pâtre meo, et vos in me^ et ego in vobis^.

1. Ps. xcii, 5; xcv, G. — 2. Joan., xvii, 10. — 3. Matth., vu, 7; Luc, XI, 9. — 4. Eph., IV, 7. — 5. Joan., xiv, 20.

Article III

Page 1