Dial. cont. Lucif
•2. Heb., xii, 12, 22-24.
A mesure que la foi s'affermit, la piété s'anime et la religion devient active et profonde. Les prêtres qui honorent Dieu davantage sont ceux qui croient plus vivement aux divins Mystères '. Ce sont eux aussi qui touchent et qui édifient le plus les âmes. La parole a peu d'efficacité à elle seule. Elle peut donner une notion des choses invisibles ; mais elle ne les fait ni voir, ni toucher, ni sentir. Ce qui les rend évidentes, ce qui fait qu'on en est frappé, c'est l'impression qu'on leur voit produire sui- ceux qui les prêchent. Quand on voit un prêtre recueilli et pénétré devant la sainte Hostie, quand on le voit absorbé et anéanti au pied du Saint Sacrement, il semble qu'on ait soi-même devant les yeux celui qui y est caché. On reconnaît sa présence au respect qu'il inspire à son ministre; on s'unit à la vénération, à l'amour, à l'admiration dont on est témoin; et c'est par ce moyen surtout que la foi et la ferveur se propagent dans l'Eglise : OcuUs magis qiiam auribus credunt'^.
Après la foi, la vertu la plus essentielle pour le ministre des autels, c'est la religion ; c'est-à-dire une estime souveraine de la majesté de Dieu, un respect sans bornes pour sa grandeur infinie, un zèle ardent pour l'honorer et le faire honorer dans toutes ses perfections et dans toutes ses œuvres.
1. Fide plurimam hostiam obtulit qiiam Gain. (Heb.,xi,4.) Fide tangitur Deus, dil S. Augustin sur cette parole : Quis me tetigit? (Luc, viil, 45).