‹ Du Divorce dans la synagogueChapitre 11 sur 22 · I. Sénèque V · texte numérisé non relu

I. Sénèque V

Numquid jam uUa^ répudie embescit postquam

{a) Voyes à la fin du volame la no^ Àn, Voyez ploa haut page 53.

„ Illustres quaedam ac nobiles foeminae , non ,, consulum numéro , sed marltorum , annos suos ,, computant ? et exeunt xnatrimonii caussa , nu- „ bunt repudii ? ,, (a)

a. Tertullîen , dans son Apologétique contre les Gentils , chap. VI. , s’exprime encore en termes plus énergiques.

** Ubi est , diU-il , ilia félicitas matrimoniorum de rooribus utique prosperata , quâ per annos. fermé sexcentos ab urbe conditâ . nulla repudium do> mus scripsit ? At nunc ! . . repudium jam et votum est , quasi matrimonii fructus ,, (&).

• 3. La verye satirique de Ju vénal poursuivait comme une furie les Romaines voltigeant de mari en mari , comme si elles avaient été pressées de se donner une longue suite d* époux , afin de pouvoir remplir de leurs noms 1’ épitaphe de leur tombe. .Quelquefois , pour comble de caprice , elles revenaient aux maris qu* elles avaient abandonnés, pour le seul plaisir de les quitter de nouveau.

Imperat ergo viro ; sed mox haec régna relintjuit Permutatque domos et Jlamea conierit : inde Advoîat et spreti repetit vestigia lecU.

(à) Voyez page 44 1’ édition de Paris în fol. i6i3.

{b) Page 36. t. i. de 1* édition de Paris x5g8.

Ornatas paulo anté forés , peridentia Unquit Vêla domus et adhuc virides in limine ramos»

Sic crescit numerus : sic fiunt octo mariti Quincjue per autumnos ; tituîo res digna sepuîchri,

Satira VI. vv. aa4'a3o.

. II, On pense bien que dans un pareil déréglement des moeurs , les adultères non seulement n*é- ' taient pas rares , mais avaient perdu tout ce qu'ils ont d' odieux en temps ordinaires :

Lusus erat sacrae connuhia fallerc ieiae. Hor.

C’ est contre ce désordre que déclame avec tant de force le philosophe que je viens de citer.

« NumquiJ jam ullus adulterii pudorest, postî» quam eô ventum est ut nulla virum habeat nisi » ut adulterum irritet ? Quam invenics tara mise- )» ram , tam sordidam , ut illi satis sit unum adul- » terorum par ? nisi singulis divisit horas , et non » sufhcit dlcs omnibus ? nisi ad alium gestata est, » apud alium mansit ? Infrunita et antiqua est

» quae nesciat matrimonium vocari unius adul- )» terium ? » (a).

(a) De Beiiencils 1. III. c. XVI. page 43 de la même édition.

En un mot , la chasteté n’ avait plus d’asile que parmi les laides qui faisaient , dit le méchant Sénèque , de nécessité vertu : « Argumentum est deformitatis , pudicitia » (a).

in. Après que Domitien , personnage peu édifiant sur r article , eut modifié la loi jtdîa justement sévère contre les adultères (i^) » en défendant toute poursuite contre les épouses infidèles , quand elles avaient échangé leur mari offensé contre un autre mari (c) , on. vit augmenter prodigieusement le nombre des femmes romaines qui congédiaient leurs maris par le moyen du divorce.

Belle occasion pour les traits épigrammatiques de Martial. Aussi n’ y manqua-t-il pas. J en citerai les vers suivans :

(a) Là-méme.

(b) La loi Julia , portée par Jules-César, prononçait contre les adultères la déportation dans une île, et la confiscation de la moitié des biens. Ju vénal F appelle ;

leges . . . amaras.

Omnibus at^ue ipsis f^eneri Martique timendas. (cj In ea lege, de Domitien , sanciebatur , ut si mulier, post adulterium , alteri nuberet , non posset accusari de adulterio , nisi ejus aduller anlea reus fieret. Itaque adulterae , statim reliclis suis viris , alteri , interdum ipsi adultéré , nubebant , ut effugerent poenas imminentes sibi à maritls , qui operam saepè ludebant in accusando adultero.

riote des classiques de Turin.

Julîa lex populîs ex q»o, Faustîne $ renata est, Atque iatrare domos jttssa Pudîcllia est ; Aut iïilnus,atit certe non plus tricesima lux estj Et nubit decimo jam Thelesîna viro.

lib. VI. epîg. 7.

Quod nu bis ,.Proculîna , concubîno , '

Et moechum modô , nunc facis niaritum f < Ne lex Julia te notaré poasit ;

Non nubis > Proctflina , ^sed fateris^ ^

"Ibid.^eplg.Sa*^

Quae îegîs causa nupsit tibi Laelia , Quinte 9 ' üxorem potes banc dicere legitimam ?

. lib. V. epig. 7$.

IV. Les Romains n* étaient pas plus scrapn.** leux que les juifs de notre seconde époque , sur les causes du divorce , ou plutôt sur 1* absence de toute cause raisonnable.

,.CTs ♦

A ce sujet je transcrirai îci^un passage de Plutarque i dans la vie ' de Paul-Emile {a).

“ Il ( Paul-Emile y^'avait épousé ^Papirie , fille

■ - ' - fc-V ii-K ^

(a) Num. V. pages 173. 174. du tll, de l’édition de Hutteo ) déjà indiquée.

,, de Mnaso , personnage consulaire (o) . Après „ avoir vécu long temps avec elle , il la répudia , JJ ^uoicju elle 1 eut rendu père de très-beaux en- „ fans (J). Il ne nous est pas parvenu de docu- „ mens qui expliquent la cause de cette sépara- 9) tion. Mais en fait de dissolution de mariage , il

)) me semble que le propos que je vais rapporter „ est fort juste.

Un Romain venait de renvoyer sa femme .

99 Ses amis lui en firent des reproches : BT est-eU 9 9 le pas sage ? dirent-ils; n* est-elle pas heîle? n* est-el-^ 99 le pas féconde ? Le mari divorcé montrant son 99 soulier , leur demanda à son tour : Oe soulier 99 n' est-il pas bienfait? h* est-il pas neuf? Cepen^ 99 dont aucun de vous ne sait par où il blesse mon 99 pied 99 (c)«

{a) C. Papinus Maso , que Plutarque appelle Mnaso , a ete Consul en 523. de Rome ( 23i. ans avant l’ère vulg. ) avec M. Pomponius Matho , qui V était pour la seconde fois.

(b) Elle lui avait donné Scipidn 9 le second A&icaln , et Fabius Maximus.

(c) ïlaittpiu'i , ùv^poç inauxov Mvàffcovoç Qu-

yuTSpa 9 y.ai ^pôvov avvoty.iieoiç jroXùv , àfiiys tov yetfxov, xocÎTrep èÇ avnjç x«^X7t8xvÔt«toc . . cùrix ds ye-

ypappeviî r^ç ^iuç"MSü)ç ovx î^ 0 iv ilç upaç 9 àXX totm.Z'*

Tiç stvat \oyoi nepi yip.ou ')iùoeù}( ^evépevoç , wç Kvvp 'pupxuoç àntTcip.ivtxo yuvatxoc. twv d« fO.wv vov^ctovv»

Voilà donc Plutarque , ce grand moraliste , aus-si relâché que le phariséen Hillel , sur V article du divorce. S’ il vous prend fantaisie de mettre un autre soulier , dites que le votre vous blesse,

V. Un autre philosophe moraliste romain, Cicéron , pourrait être rangé sous la bannière de Rabbi Akiba dont j* ai rapporté T opinion plus haut , page ‘7a. , opinion qui a cependant effarouché les docteurs de la synagogue. Ce bon père de la patrie n* était pas trop bon père de famille. Il renvoya sous des prétextes , futiles même d’ après ses propres explications , sa femme Térentia , pour épouser , à r âge de soixante-deux ans , la belle Publilia encore mineure. Il répudia donc la compagne des vicissitudes diverses de la plus grande partie de son orageuse vie, celle qui avait si longtemps gouverné sa maison, la mère de ses enfans , pareequ' il avait trouvé V occasion d’ épouser une femme belle et jeune , assaisonnée d*ûne grande fortune..

Ce qui rend encore plus hideuse la conduite de Cicéron , c’est que Publilius qui laissait des ri-

twv «Otov , ffciypwv ; oùx süaopyoç ;

7rpoT«îva; rô ÛTrô^ïjpcc cIttev oùx sùîrpgTrÂç ovroç ; où veovpyiôç ; oûxav ùùzio riç ûpwv xaô ’ 0 , t* 0)>cpeT«« liipoç oùpoi noùç. ^

Voyez à la iin du volume la noie B a.

chcsses considérables à sa bile » la confia en mourant à sa tutelle.

Quand les biens de cette malheureuse enfant eurent été employés jusqu’ à la dernière obole à satisfaire les créanciers de son vieux et fourbe mari , celui-ei la renvoya , parcequ’ elle lui avait paru n’ avoir pas été fâchée de la mort de Tullic, fille du premier lit (o).

Oq est tenté de croire que ce dernier trait , si lâche , si coupable , a lassé la longanimité de la Providence. Peu de mois après , celui qui avait sauvé Rome dc*^a plus formidable conjuration, périt misérablement de la main dq quelques sicaires.

VI. A peine a-t-on fait deux pas dans 1’ histoire romaine de ,1’ époque dont nous parlons , que r on se sent comme entraîné dans un gouffre tle désordres et de crimes- attentoires au mariage. La première page d’ un . des principaux historiens de CCS temps , Suétone , vous familiarise déjà avec le mot divorce qui est comme ï étiquette du livre. Quand on veut entamer cette matière , on ne sait où mettre la main , tant on est embarrassé sur le choix des exemples si nombreux , si révoltans •

(n) y oyez Plutarque , vie du Ciccrüii,

J’ en citerai cependant quelques uns.

1. 'Suétone dit de Galigula (a) : Matrimonia coiu iraxerit turpius , ' an dimiserit , an tenuerit , non est facile discemere. Puis il énumère les mariages de cet Empereur , qui étaient autant d’ adultères , avec des femmes qu*il arrachait violemment à leurs époux ou fiancés. Ces mariages aboutissaient à autant de répudiations où éclatait le caractère atroce et capricieux de ce cruel tyran.

Nous savons par le mémc*historien (b) que lo jeune Tibère fut contraint de répudier sa femme en état de grossesse (c) , pour épouser sur le .champ , confestim , Julie fille d’ Auguste

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