II
1. La perpétuité du peuple hébreu entre dans les décrets de la Providence. Israël , comme j’ ai dit ailleurs (a) , a vu disparaître du globe les na- .
(a) Deuxième lettre aux Israélite* pages a. 3.
tions qui lui oiit ravi sa natioDallté , et tenant d' une main ses -prophéties , de 1’ autre ses traditions , il traverse les siècles qui respectent son passage , comme firent autrefois les flots de la iqpr rouge.
Un grand rôle est échu à ce peuple dans T cconomie de la religion du Christ. Dans son infidé* lité actuelle , il rend à cette sainte religion un té> moignage éclatant. Toutefois , Dieu merci , il n*est pas mort sans retour à la vraie Foi. Lazarus amicus noster dormit. Il ressuscitera. Le temps viendra , et il ne parait pas être éloigné , où Jésus misérL cordieux , inclinant sur sa tombe , T étendard du salut , élevera la voix et lui fera entendre ces mots: (( Lazare viens dehors ». îToce magnâ clamabit: Lazare veni foràs.
. y Vj. rr- •
Alors Israël entraînera avec lui dans le giron de r Eglise les derniers restes de la Gentllité. C’est ainsi que s’ accomplira la 'prédiction de celui dont il est écrit : Non est Deus quasi homo , ut meiltia* tur fillus hominis ut mutetur. DIxit ergo »
et noff^^m^^octituaest^ et-noQ liQ^eSit? (a) La prp Jî alias" oyes habeo, quae
(i) Nun. XXtU. If.
Tion sunt 0x hoc ÔYili ; et illâs oportcl me ciclilucc* re , et vocem meam audient , et fiet unum oviîe et unus Pastor ,, (a).
. « Car > dit Saint-Paul , si la réprobation des „ juifs est devenue la réconciliation du mon- ,, de , que sera leur rappel si non un retour „ de la mort à la vie ? Que si leur chute a clé if la richesse du monde , et si leur diminution ,, a ete la richesse des Gentils , combien leur pléii nitude (h) enrichira-t-elle le monde encore da- ,, vantage. Et si les prémices des juifs sont sain- „ tes , la masse (c) de la nation 1’ est aussi ; et „ si la racine est sainte , les rameaux le sont ,, aussi if (d).
n. Le moyen naturel dont Dieu faif usage dans
(rt) S. Jean. X. i6. ' .
(ù) Leur conversion générale.
(c) On voit par le texte grec , yûpapa , que le massa du latin est ici proprement la masse de pâle dont on pre- Jêvait les prémices qu’ il fallait donner au prêtre. Voyez le texte hébreu des Nombres XV. Qo. 21 .
(d) Si enim amissio eorum reconciliatio est mundi : quae assumptio , nisi vita ex mortuis ?
Quod si delictum illorum dîvitiae sunt mundi , cl dimiimlio eorum divitiae gentium, quanto magis plenitudo eorum.
Quod si delibatio sancla est , et massa : et si radix sancta f et rami.
Ep. ad Rom. XI. 12, i5. t6.
r étonnante conservation d*un peuple faible , sans appui , dispersé sur tous les points de la terre , longtemps persécuté à mort , c* est le diîiges proxinium tuum sicut teîpsum , unique fondement de la loi qu^ il a promulguée du haut de la montagne d’ Horeb en présence de tout le peuple hébreu. Ce précepte est' scrupuleusement observé e/itre juifs (a) , dût-il entraîner les plus grands sacrifices* . •
Le secret de P existence des Israélites , c* est r étroite fraternité qui les unit entr* eux.
111. De tout ce que uous avons dit jusqu’ici ré* suite le parallèle suivant.
Les puissans Emperereurs do Rome, alarmés de la désorganisation de la république , essayèrent à plusieurs reprises Je rétablir les droits du mariage , mais r égoïsme payen résistait chaque fois à toutes les tentath^es ayant pour objet de ramener dans son lit le divorce déborde.
{a) D’après le principe tles rabbins, les commandemens iV C(iuité ou de charité envers le frère , le prochain , qui sont dauj le Pculateuque , doivent s’ entendre de juif à juf a I’ cXciusion Je tous autres.
J’ en ai rapporte un grand nombre de preuves dans ma lettre sur une question d' usure^ pages 19. 55. jusqu’à 41,
Les juifs , au contraire, animés de l'amour du prochain , dévoués aux intérêts de leur nation , reçurent avec acclamation tout ce que de pauvres rabbins réglèrent successivement dans le but de resserrer de plus eh plus le cercle du divorce , en le gênant par des entraves qui en rendent Texercice difficile , multiplient les délais , et sont bien propres à faire reculer les époux qui seraient tentés de rompre leurs noeuds.
C'est ce que nons allons voir dans cette troisième époque du divorce juif.