‹ Du Divorce dans la synagogueChapitre 9 sur 22 · III. Viennent ensuite les trois soeurs du jeune Agrippa · texte numérisé non relu

III. Viennent ensuite les trois soeurs du jeune Agrippa

' I. Bérénice , 1* aînée répudia Polémon , roi de Gilicie. Ce prince , dit Josèphe , après la dissolu-

(a) Voyez à la fin du volume la note T ,

(b) Voyez Deutéronome XXV . 5. seqq.

. (c) Voyez S. Mattb. XlV. 6-ia.

î (d) Voyez à la fin du volume, la note ^ *

(e) S. Matt. XTV. 4* - * -

tion de son inariage , renonça au judaïsme qu’ il' ayait embrassé pour épouser Bérénice (a).. ;•

' 3. Mariamnc , la seconde, répudia son premier mari Archelaüs , fils de Helcîas , pour épouser: Démétrius , Alabarque d’ Alexandrie (&). , . ^

3. Enfin , Drusille , la cadette , pour se jeter dans les bras du pajren Félix , Procureur ( inirpoitoq) de la Judée , répudia le roi Aziz , qui pour obtenir sa main , avait consenti à recevoir la circoncision , ( TreptrepsaOect 3^sX)J<r«5 ) , C’ est*à'4ire , avait adopté le culte judaïque (c), . ’

Comme c’ était» généralement reçu alors que la femme pouvait renvoyer son mari , Josèphe n’ accompagne d’ aucun blâme ces trois répudiations qu’il rapporte dans ses Antiquités , mais il fait tomber toute son indignation sur 1’ union de Drusille avec un homme étranger à sa religion {d) : « El-

(«) Voyez Jos. Antiq. 1. XX. c. VII. nura. 3 . p. pyo. du t. I. d’ Haverc. Cf. rium. i.p. 969, et I; XIX. c.IX, num.i. pag. 962.

(A) ILid.

(C) Ibid. num. 2. pages 969, et 970. •

(d) Je traiterai plus loin ex professo de la sévérité de la synagogue en matière de mariages infidèles , C. à d. avec des individus étrangers au colle judaïque^ à toutes les époques , depuis les temps les plus anciens jusqu’ à nos joura.

lè V était laissé entraiaer , dit-il « à yioler en ce point le disposition de le loi de son pays » (û)«

IV. Hélas ! le panvre Josèphe éprouva lui-même les conséquences désagréables de la coutume (jui avait prévalu $ le vifiov stf t ^H<xtoç, H avait épousé ) par ordre de Vespasien » une jobe captive juive de Gésarée. La volage . . « ne resta pas longtemps avec moi , dit-il ; elle me quitta après avoir rompu notre union » (é) . D s* en consola en épousant une autre femme à Alexandrie , la même qu’à son tour il renvoya si lestement « ainsi que je l’ai rapporté plus haut. V .

; On trouve même une répudiation de cette espè-

(«) Tare irarpta voptifia irilôiTa* xat tw y<Xtxt

yqpfao’dât.

Anl. Jod. 1. XX. c. VI. num. a.

Oo lit dans la traduction d* Amand d’ Andilly : et ne

craignit point d’ abandonner pour ce sujet sa religion ,, . Drusille n* a pas abjuré le judaïsme. Le texte grec | que je viens de transcrire, ne le dit pas.

(tj OÙ 7f«J>é{A6tVCV d' «VTU (XOt TTO^UV p^OVOV , y

OivTOC . . cc7n}\^dyq.

Vita num. yS, page 38, tlï. d’ Havcrc.

Je prie mes lecteurs hellénistes de prendre note de cet ««T 0 >>â 7 U. H noua aidera tout à l’heure à expliquer un texte de Philon. . • : - ^

ce <Ic la part d* une chrétienne dans le premier siècle de V Eglise. Il est vrai que S. Paul , i Cor. VII.io.i3. répète après son divin maître et le nôtre (a); « Praecipio , non ego sed Dominas , uxoreni à viro non discedere. Et si qua mulier jidelis habet virum infideîem , et hic consentit habit are cum illâi JVON DIMITTAT VIRVM » . Mais ce précepte est subordonné à. une condition. Il faut que la partie infidèle consente à demeurer avec la partie fidèle pacifice et sine • contumeliâ Fidei Christianae , pour me servir des expressions de Lyran.

fl '

' De là'cette proposition de la théologie catholique: « Matrimonium ah infidelibus légitime contra- )) ctum dissolvi potest quoad vinculum , si alteru- )> • tro conjuge ad Fidem converso , ndht alter cum ^ pacifice vivere , vcl non consentiat habitare )) vaine contumeliâ Creatoris ».

^ Perroné , de Matrim. C. II. Prop. II. (b).

(a) Voyez plus haut page 88.

(If) Voyez 'aiissi Liebermatm f f/tstilutiones Theoîogieae t. 5. de r édition de Mayence i836 , page 4o5. Quaestio IL An Matrimonium inter infidèles initum solvi possit*alterutro conjuge ad Fidem converso ? . . “ Generatkn diceudum dit le respectable et savant théologien. dans^ sa réponse , conjugi converso scraper licere à parte Iniideli discedore , idque de judaeis polissiinum Cuncilia^quaedaoi

V. Lors de sa mission à Icône, Actes XIV., Paul convertit la célèbre Vierge Sainte-Thècle , consi-i dcree comme la première martyre de son sexe (a). Elle était fiancée à un jeune homme d*une grande distinction et fort riche , mais qui refusait d* em« hras8ei*,^ln^|ùaie Foi. La sainte voyant qu* elle ne pourrait pas cohabiter avec cet> homme sinecottldtt^a Grcatoris , n' hésita pas à le répudier. ^^]^phane (^) dit S ioCkùtra.i , ce que la version rend de cette manière: nuptias dissoîvit. S. Am* broise qui a tracé une de ses pages les plus belles et les plus éloquentes , en F honneur de Sainte Thècle , commence ainsi le chapitre' IL du livre second de son traité de Tirginibus <( Sancta Maria disciplinam vitae informel , Thecla doceat îmmolari , quae copulam fugiens nuptialem , et spond furore demnata etc.

slatuerunt ; et usas, ac consuetado jam obtinet , ut conversus cum parte, iniideli cohabitare non posait

Mr. r Abbé Camère , de 1’ esrfmable Congrégation de S. Salpice , dans son traité de Matrimonioy t.i. p. i83seqq. développe longuement, avec beaucoup de talent et d’érudition^ Of.lte proposition: Conjux conversas potest dissolve-* ri matrimoniwn in infidelitate cqntractum , si alter in fideîis mplit l^m^eo colaSlf^ptré^ii^t nonnisi cum conta-*wmlià ad peccatummcrtale.

ir (a) < Yô|es|| l|.Ëià d« ptonlA note X .

• (b) 'Hlâr. pa^e io48 de T édit.

Ha 162 la''^ ^ -i' if-'"**' if

Selon la loi mosaïque, les fiançailles constituaient véritablic lien , appelé en terme de théologie juive Erucin , fallait que 1* homme fiancé^

^ voulait redevenir libre, recourut à la t formalité de la répudiation, aussi bien qu*un homme Chez les Romains il fallait de meme répu^ ^^êièr pour rompre les fiançailles. La formule était: conditione tuâ non utor {h)» » ,

‘ Gomme la ville d' Icône était alors^ peuplée de Payens et (de juifs (e) , il n*est pas facile de décider à quelle classe appartenait notre Sainte avant sa conversion ; mais je rapporterai une réflexion do D- Calmet à ce sujet. « S. Paul conseille aux femmes chrétiennes de ne pas quitter leurs maris , même infidèles , s’ ils veulent bien vivre avec elles ; ce qui suppose qu' autrement cela leur était permis ; et nous lisons que sainte Thècle disciple de cet Apôtre. , fit divorce avec son époux depuis qu" elle eut embrassé le christianisme , qui ne

(a) Voyez à la fin da Vbluroe la note JT, ' ^

(If) Les formtile du divorce roraain , 'après le mariage-, était : Jies tuas tibi^ haheto^

(c) Factum est autem Iconii y ut siraul infroirent in nagogam judaeorum ,^et loquerentur : ità ut crederet judaeorum et gid^ecoxom copiosa multUudo. - ,

Actes des Ap. XIV. x. ‘

passait alors que pour une réforme de la religion des juifs » (a).

Il faut ajouter une circonstance que nous apprend Saint Méthode dans son Banquet des Vierges, Thècle , déjà fort versée dans la philosophie profane, devint après sa conversion , très-habile dans la connaissance de la religion.

VI. L* errenr grossière dans laquelle , par suite de son ignorance de la théologie juive , est tombé Philon en parlant du divorce , erreur qui n* a jamais été relevée , que je sache , prouve • invinciblement que de son temps la pratique de répudier les maris était reçue du commun de la na* tion , comme si elle avait été légitime»

Voici comment il s’exprime en rapportant la loi du Deutéronome , concernant.la répudiatoin , dans

son traité des lois spéciales :

« Mais , dit Moïse , si la femme 5’ étant sépa^- ,, rée de son mari ( ctv^pôç oaraX^aytïaa. ywu ) pour ,, Quelque raison ( ou , sous quelque prétexte ) „ que ce soit , et s’ étant remariée , redevient ,, veuve ( c. à d. libre ) suit du vivant du

,, second mari ( par divorce ) soit par suite de ,, son décès , elle ne peut plus revenir à son pre-

(a) Tome premier, partie seconde , p. 38 i de 1 ’ édition in fol, Paris 1724*

naîer mari. Qu’ elle s* unisse à tout autre qu’à „ celui-ci. G’ est pour la punir d’avoir foulé aux ,, pieds ses premières amours , lesquelles elle a ,, chassées de son coeur , pour leur préférer de ,, nouvelles flammes „ {a).

L’ écrivain juif qui a défiguré à ce point le passage du Deutéronome XXIV. , ne T a certes pas lu dans le texte hébreu dont on peut voir la version littérale plus haut pages 1 5. 1 6.11 pensait que ce qui se pratiquait sous ses yeux , c’ est-à-dire , que des femmes répudiaient leurs maris , était dans la loi écrite ; et en véritable rhéteur grec, il voulut assigner à cette loi un motif qu’ il n’ a pu prendre que sous son bonnet ; savoir, que le Lut de Moïse a été de punir T inconstance de cette femme. Remarquez aussi , Monsieur , que le texte ne défend pas à cette femme de revenir à son premier mari , mais qu’ il défend à celui-ci de reprendre sa femme divorcée , après qu’ elle aura été remariée. Gela est bien différent. . v

iiW.

[a) ’E«v ywvÀ sta6’ nv

«V TV/r? TTjîôçpafftv , sripta y)gfxa(xîvi] Tfoc^tv Ç&ïvTOç

U zat tstsXsutïjxÔtoç toû ^eurapou pw) «îravtTw rrjDÔç avSpa. •lov Ttpôl&pov , Trdtfft Toîç dXkoiç tvonovSoç piâ^^ov, vj

Ttt^e yavsffôw , âtapoùç ( pour ) TrapaTrwffa rovç

àpxctiovç , û)V 6^e).à0eTO , fi"krp« xatvet npo 7<ûv Tra^atwv sXc^svQ.

' ' Son Contemporain , le Sacerdote JosèpLe , était plus solidement instruit dans le code de s a nation. Au livre quatrième , chap. VIU. des Antiquités judaïques , où il rend compte des lois prescrites par Moïse , lorsqu’il arrive à la nôtre (a) il s’ exprime dans les termes suivans ; (&) « Celui qui „ veut se séparer (c) de sa femme , pour quel- „ que raison que ce soit , et il s* en offre un ,, grand nombre aux hommes , qu’ il lui certifie „ par écrit qu’ il n’ aura plus de relations conju- ,, gales avec elle. Par ce moyen la femme ac- ,, quiert le droit de s’ unir à un autre , chose ,, qui ne lui est pas permise avant que cette , , formalité ne soit remplie (d). Que si le second ma- ,, ri ne la traitant pas mieux , ou venant à mou-

(a) Num. a3. page 242 . tom. I. de l’ édit, d’ Havercamp. {b) Fuvatxoç TflÇ «rvvotxoûoijç pou).ôpievoç

‘Auff «ç ^ïjTrOTOÛv «tTiKÇ* TTO^^at d’ «V Toîç àvOpümotç Totaû-

T«t ylvotVTO' yj5«p.[xafft pèv 7rep« tov p>jds7roTfi oruve^^srv "Xa^oe yàp «v outwç èÇsffiav ffvvotxeîv zrepcd' Trporspov yùp ouxe^eréov, st ds xal Trpoç fcxstvov xaxw^ecï?,' fl 7 e^euTflO'avTo; aùrou 3 ^e)iflcret y up.it v o rponpog ^ {«9 èÇeêvect «UTflV STTCcvesvat.

(c) A la lettre ; se déjouguer , se soustraire au joug. dtaÇ6u;^5flv«t.

[d) Ce passage peut servir de commentaire à celui que j’ai discuté plus haut page ao. et suir.

,, rir , le premier mari redemande sa main , elle ,, ne peut plus lui appartenir ,, {à).

C’ est donc le mari qui devait répudier , et non la femme . A V occasion du divorce de Salomé * Josephe explique ce point bien nettement , ainsi que nous T avons vu plus haut , page 89.

Si le premier mari ne peut plus reprendre sa femme répudiée après les secondes noces de celle-ci , la. Synagogue a de tout^temps regardé cette défense comme une mesure de précaution , afin de prévenir , ainsi que je V ai déjà dit , le scandaleux prêt à temps des femmes , par un divorce pallié {h). En ccla les rabbins sont parfaitement d’accord avec les théologiens catholiques (c). Aussi

;Î3L- iti; V’': '

., ;» ■■■ - J II »i ~ l i , 4

■ , . , t I . . ' If , . • I

{a) Dans la phrase de Josèphe , la défense de ce second mariage est évidemment faite à 1 ’ homme. Cela résalte du contexte du passage entier.^ ^ ^ «J f! ’ ^ ^

,Le véritahle sens de. ces mots: sÇetveu «vtiqv ( et non

) «^«vwvae est donc : “ Il n’ est pas permis qu’ elle soit de houvean sa femme ...

{b) Voyez Rabbi îs. Abarbanel , commentaire sar le pentateuque, fol, 38 a, col.4. de l’édit, de Venise 1579. R. Lévi ben Ghersclion , grande bible rabbinique d’Amsterdam » t. I, fol. 377. col. 3 .

(c) Voyez la note du P. de La Haye dans la Bibliamaxima. Corn, à Lapide. Ménochius etc.

le texte hébreu ne dit-il pas comme la Vulgate que cette femme est devenue abominahle devant le Sei^ gneur : Abominabilis facta est coram Domino : mais que celte chose serait une abomination devant Jéhova (a) . C’ est à quoi se rapportent aussi les mots qui suivent dans le texte hébreu :

yiNH ns S^tarm on peut traduire :

et ne souille pas de péché le pays que le Seigneur ton Dieu V aura donné ; ou : et n attire pas de châtimens sur le pays etc* Ce sens est confirmé par le texte de Jérémie III. i.

Pourquoi y a-t-il toujours des lances à rompre avec les traducteurs ? Ils prêtent en cet endroit à Philon un sens qui n’ a jamais pu être dans l’intention de cet écrivain. Le motif qu’ il assigne à cette loi c’ est parceque la femme a foulé aux pieds ses premiers liens , et en a contracté d' autres. II est évident que Philon parle d’ une séparation qui a . lieu par le* fait de la femme ^ et non par la volonté du mari qui 1’ aurait renvoyée malgré elle du domicile conjugal. Il emploie donc le verbe «7ra»âTTop«t que nous avons vu dans son texte ,

w mn' ijab s'nt navin 's

Ainsi porte aussi le texte grec ; ôtt «crtv

êvccvTtov VMpiM,

daûs le même sens que nous 1' ayons trouvé dans un passage de Josèphe (a).

Eh ! bien , voici ce que portent les versions latines de r édition de Paris i64o , page 781 , et de celle de Mangey tome^ a. page 3o4 : <( Quod si quamcumque ob causam repudiata , et alteri nupta, viduata iterùm fuerit , sive vivo posteriore marito, sive mortuo , non revertatur ad priorem : cuivîs alii nubat potius quam isti , violatis ■ ab ilia legibu8^( yinculis ) antiquis , quarum oblita , novos amores praetulît veteribus ». f

Je ne conçois pas comment on peut supposer un instant que ce motif se rapportera une femme expulsée brutalement de sa maison, sous le plus léger prétexte mis en avant par* un mari qui^en^est fatigué {h).

Page 1