‹ Du divorce (volume 2)Chapitre 17 sur 20 · HO · texte numérisé non relu

HO

sîons qu^il ne peut dompter, de son încoùstance qu'il ne peut fixer; et la vie entière de l'homme de bien est-elle autre chose qu'un combat continuel contre ses penchans? C'est à l'homme à assortir dans le mariage les hu* meurs et les caractères, et à prévenir les désordres dans la famille, par l'égalité de son humeur ^t la sagesse de sa conduite. Mais lorsqu'il s'est décidé dans son choix contre toutes les lois de la raison, et uniquement par des motifs de caprice ou d'intérêt , lorsqu'il a fondé le bonheur de sa vie sur ce qui ne fait que le plaisir de quelques instans, lorsqu'il a empoisonné lui-même le^ douceurs d'une union raisonnable, par une conduite faible ou injuste, malheureux par sa faute , a-t-il le droit de demander a la société compte de ses erreurs ou de ses torts? Faut-il dissoudre la famille, pour ménager de nouveaux plaisirs à ses passions , ou de nonvelles chances à son inconstance, et corrompre tout un peuple , parce que quelques-uns sont, corrompus? '-"'

Combien plus sage, est la religion chrétieune! Elle interdit aux hommes l'amouf des richesses' et des plaisirs, cleiuse fécôndcj

de mariages mal assortis; elle ordonne Aux enfans de suivre les conseils de leurs parens^ dans cette action la plus importante de leur vie. Une fois l'union formée, elle commande le support au plus fort et la douceur au plus faible , la vertu à tous. Elle s'interpose sans cesse pour prévenir les mécontentemens, ou terminer les discussions. Mais si, malgré ses exhortations , les défauts et les vices changent le lien de toute la vie en un malheur de tous les jours , elle le relâche , mais sans le rompre-, elle sépare les corps, mais sans dissoudre la société; et laissant aux humeurs aigries le temps de s'adoucir, elle ménage aux cœurs l'espoir et la facilité de se réunir; et cette religion , qui défend tçut aux passions, et pardonne tout à la fragilité; cette religion, qui ordonne à l'homme coupable d'espérer en la bonté de son Créateur, ne veut pas que la femme imprudente ou légère désespère de la tendresse de son époux. La philosophie élève le divorce entre des époux comme un mur impénétrable; la religion place entre eux la séparation comme un voile officieux. La philosophie, qui rejette de la société humaine comme de la religion

tous les moyens de rémission^ flétrit sans retour une femme plus faible que coupable par le sceau ineffaçable du divorce qu'elle imprime sur son front; et lui étant la dignité d'épouse qu'une seconde union ne saurait lui rendre , et avec laquelle , comme dit Tacite, on transige une fois et pour la vie, cum spe voioque uxoris semeltransigitur , elle la livre sans défense à toute l'inconstance de ses penchans : et la doctrine de celui qui a pardonné la femme adultère, plus indulgente pour la faiblesse humaine, conserve à la partie infidèlç le nom de son époux, au moment où, parla séparation ^ les hommes lui ôtent les droits d^une femme,

et veille encore sur l'honneur de celle qui n'a pas eu soin d6dp)n bonheur.

C^est à la loi civile à faire le reste; et les séparations, devenues si communes depuis quelque temps, seraient bien moins fréquentes, si la loi imposait aux époux séparés des conditions qui en fissent une peine pour tous, et non une Complaisance pour aucun d'eux.

Et, par exemple, toute femme séparée de son époux ^ même pour violences et mauvais

trâitemens , devrait , à Tavenir , «c retirer dans le seia de la société religieuse^ seule société à laquelle elle appartienne encore. Cet asile ouvert au repentir^ à la faiblesse > au malheur , lui offrirait dans une union plus intime avec la Divinité^ les seules con-* solations que doive chercher , et que puisse goûtet une femme vertueuse .délaissée par un mari injuste ; ou ferait disparaître de la société le scandale d un être qui est hors de sa place naturelle , d'ime épouse qui n'est plus sous la dépendance de son époux ^ et d'une mère qui n'exerc« plus d'autorité sur ses enfans^ et dont la conduite trop souvent équivoque / comme l'existence , porte dans la famille des autres le trouble qu'elle a mis dans la sienne. Il serait également nécessaire et extrêmement utile pour les moçurs publiques^ que tout homme séparé de sa femme fût obligé de renoncer, et prohibé d'aspirer à toute fonction publique ^ parce qu'il est indispensable pour la famille* que le chef y exerce l'autorité par lui-même^ lorsqu'il n'a plus de ministre pour l'exercer à* sa place; et surtout parce qu'il est important d'apprendre aux hommes que les

fonctions publiques ne les dispensent pas des vertus domestiques. Cette loi^ très -naturelle, serait pliis efficace contre l'abus des séparations que la faculté du divorce.

Il faut répondre à quelques objections.

On oppose l'exemple de la Pologne , où la religion catholique permet le divorce, et celui do^ pay* protestans qui le pratiquent , dit -on, sans inconvénient; on va même jusqu'à prétendre que les mœurs y sont meilleures que dans les pays où le divorce est défendu.

i*^. On nieà perte de cause que la dissolution du lipn conjugal , forma avec toutes les conditions requises pour sa validité, soit permise en Pologne; et pour ne pas interrompre la suite de ces réflexions par des citations trop longues , on renvoie à la fin de l'ouvrage les pièces justificatives qui établissent formellement la fausseté d'une opinion que les hommes instruits ne peuvent plus se permettre de soutenir (i).

Il en résulte que le mariage est indisso-

(i) Voyez à la fin les Pièces justificatives.

luble

liible en Pologne, comme dans les autres Etatà catholiques; mais que les motifs de nullité y sont plus fréquens ou plus légèrement pro* nonces : et c'est, à mon avis, une dernière preuve, mais concluante et décisive du prin* ôjpe,- si souvent répété dans cet ouvrage , de Thomogénéité des deux sociétés, domestique et publique, religieuse et physîqii^, et de Panalogie de leurs constitutions respectives dans toute nation. En effet, comme la Po* logne est le seul état monarchique de TEu* rope qui n^ait pas pu parvenir à &a constitua tion naturelle , la famille même catholique y est moins fortement constituée que dans les autres Etats de la même religion,. et le catholicisme lui-même y est en souffrarfce par un mélange de Grecs , de Juîfi , de Sociniens , d'Anabaptistes , om même de sectes occultes qu'on soupçonne avoir pris naissance dans ce malheureux pays , et y avoir encore leur foyer. Nation infortunée, qui, retombée depuis quelques siècles dans Tétat d'enfance , a péri en voulant revenir à la virilité !

2°. Leà mœurs, dit-on, sont meilleures dans les pays protestans que dans les Etats

catlioligues. Cette assertion mille fois répétée par les nombreux ennemis du christianisme , demande quelque développement^ et <î'est ici qu'il faut distinguer la faiblesse de l'homme de la faiblesse des lois.

Lia licence dans les mœurs de l'homme naquit , il est vrai , en Italie , des progrès des ^rts , suite nécessaire des progrès du cominerce favorisé par des princes qu'il avait enrichis et élevés; mais la licence dans les règles mêm« des mœurs , ou dans les lois , -commença au nord , avec les' opinions de Luther , appuyées par des princes avides de nouveautés et de richesses. Les désordres en Italie étaient personnels et cherchaient l'ombre du mystère ; en Allemagne , ils furent publics et autorisés ; et4;andis que l'Italien ourdissait une inirigue pour séduire la femme de son voisin , l'Allemand la lui enlevait en vertu d'une sentence du juge, et l'épousait par-devant notaire , «t c'est ce que les Allemands appelèrent la bienheu-- Tcusc réforme , comme nous disions en 90 notre superbe constitution. Bientôt, s*il faut çn croire le^ plus zélés disciples de Luther, \^ dissolution de mœurs, suite infaillible de /

pareilles lois, fut au comble eu Allemagne, et comparable à la licence du malwmé^ tisme f et nous avons déjà vu que Luther lui - même permit la polygamie au landgrave de Hesse , mais en grand secret, et 80US le sceau de la confession , sub sigillo confçssionis (i). >

I^e christianisme fut donc attaqué ^\^x deux extrémités de la chrétienté à la fois , dans les mœurs de l'homme et les lois de la société, lorsque la chrétienté die - même était attaquée dans son territoire par les armes alors si redoutables deTempire Ottoman «Ces deux causes de désordre, la licence dans les arts et la faiblesse dans les lois , ont depuis ce temps marché parallèlement dans la société , jusqu'au moment où la philosophie moderne , qui se compose à la fois des opinions les plus faibles sur les lois.

(i) La consultation extrêmement curieuse du landgrave de Hesse , et la décision non moins curieuse de Luther et de sept autres fameux docteurs d^ son parti , fut publiée en '1679 en forme authentique , par le prince Palatin , ave<* l'instrument du second mariage. On les trouve 4ans V Histoire des Fç^iations^

et du goût le plus décidé pour le^ arts , a combiné en France, comme dans un foyer placé au centre de l'Europe, ces deux principes de désordre^omestique et public :

épouvantable combinaison , dont Texplosion violente a réagi à la fois, contre le nord et contre le midi, semblable à ces détonations terribles, subitement produites par le mélai\ge <]e deux liqueurs.

Les arts du midi avaient pénétré au nord , quoiqu'a ve^ lenteur , à la suite des richesses que le commerce produit ^ mais des causes politiques et religieuses avaient empêché dans le midi la propagation publique des principes de la réforme. Il yavait donc dans ^^'■ rjEurope protestante un principe de licence de plus que dans l'Europe catholique y et • >. comment la raison pourrait-elle admettre :c\ que des causes eii plus grand nombre pro- • duisissent moins d*effet, surtout si l'on considère que la religion catholique avec son culte sensible et ses pratiques gênantes , impose à nos passions un frein plus présent et plus sévère , en même temps . qu'elle nous ofire dans les règles austères de quelques ^ institutions^ Ipujours plus fortes que les

C ^49 ) tommes , des modèles de détachement de tous les plaisirs?

Je ne crains donc pas d'affirmer qu'il y avait depuis- îong-temps plus de désordff!^ du genre de ceux dont il est question ici' chez les peuples prcïtestans , que dans \ésr états catholiques: je dis les peuples; car^ là où, comme en France, il n*y a que dès individus mêles à une population nombreuse de catholiques^ on ne distingue pas de diftérence dans les habitudes. Je citerai à l'appui d'e mon assertion , le ma]ov f^eiss, sénateur de Berne , connu par son attachement à la révolution française, dont il a voulu trop tard empêcher les progrès dans* sa patrie , et qui montre dans ses écrits une extrême prévention pour les nations protestantes : a Les deux nations leS pTiis mâles dé D l'Europe, dit-il dans ses Principes philo-- » ^oyP^/ç'i^^^, l'anglaise et la prussienne, sont > celles où les faiblesses de l'amour sonttraii> tées avec le plus d'indulgence ». Chez les Anglais, le théâtre est d'une indécence révoltante, et M. Hugh Blaîr, célèbre professeur de belles-lettres d'Edimbourg, remarque que . les Français-, particulièrement, en sont cbo**

qués : Berlin est la ville de l'Europe la plus corrompue; depiîis long^temps, à Genève, la licence des principes l'avait emporté sur le rigorisme des formes, et il y avait plus de désordres que dans toute ville de France du même rang. Les mœurs , en France , étaient bonnes dans les campagnes , et décentes au moins, dans les grandes villes : il y a des départemens où, même aujourd'hui, le divorce est inoui , et où le peuple n'en verrait le premier exemple qu'avec horreur. Enfin, là où l'identité de climat , de productions , d'alimens, lés mêmes institutions politiques, les mêmes habitudes domestiques , une ignorance égale des arts agréables , permettent d'établir entre les peuples des deux communions un parallèle parfaitement exact , je veux dire en Suisse , l'avantage reste tout entier aux catholiques, et les mœurs étaient aussi pures à Fribourg , qu'elles étaient dissolues à Berne. Je m'appuie encore ici de l'autorité de l'écrivain Bernois. « Je ne con- » nais pas , dit-il , de pays en Europe où le ^> gros du peuple soit moins continent quç y> dans le canton de Berne }> , et il en cite des exemples fort étranges , qui rappellent

(tSt)

lés usages des Lapons envers leurs hôtes ,, ou ceux des insulaires de la mer du Sud.

D'ailleurs, il faut observer que même a égalité de désordres , la faiblesse des mœurs est plus apparente , là où elle contraste davantage avec la sévérité des lois. L'ivresse quin'est pas même remarquée en Angleterre, est un phénomène en Espagne , et dans tous^ les pays où le divorce est permis, c'est unbon ménage que celui ou les époux ne forment pas ailleurs de nouveaux liens.

«C'est en vain, ditM*"*^* Necker, qu'oiv

> voudrait faire valoir en faveur du divorce, » la bonne intelligence des époux dans le* » pays prolesiSfls ,' et la pureté des mœurs » domestiques dans les premiers siècles de y> Rome. Cet argument me paraît nul ; car » il prouve seulement (]ne la permission du » divofcce n'a aucune influença d'angereuse-

> dans les lieux où l*on n'en profite jamais »r en un mot, attribuer les bonnes mœurs d'un peuple à la faculté du divorce, dont il n'use pas-> c'est faire honneur de la bonne santé des habitans d'une conirée , à un médecindu voisinage qui n'y serait jamais appelé.

Au fond, la bonté ou la corruption des.

mœurs conjugales est moins dans les acfloftsi qui en résultent, que dans le seDtîmeîît dont elles émanent. Un peuple livré à l'amour du gain , comme le sont en général les peuples presbytériens , est nioins accessible à tout autre sentiment. Là Tbomme est bon sans vertus , parce qWil Test sans effort , et il n'y a pas de grands désordres dans le» affections humaines, parce qu'il y a peu d'affection entre les howxaes. Magis extrct vitia quant cùm yirèutibus.

Mais comment , après tout, ose-t-on alléguer en,faveur du divorce, la pratique de$ nations prptestantes, lorsqu'on les voit ellesmêmes , fatiguées de la lioi0ce qu'il a introduite, phercher dans les mœurs un remède contre la loi , des protestans euxmêmes (i), écrire e<^ntre le divorce, et le parlement d'Angleterre, persuadé qu'il n'est plus aujourd'hui qu'un moyen d'adultère,, occupé à se préserver des effets désastreux d une loi dont il fut le premier auteur ?

Et qu'on ne s'y trompe pas *y^ si l'on remarquait encore il y a^ trente ou quarante

(i) Madame Necker , etC Hume , i8*^^ essaie

an$ quelque rigidité de mœ.urs, oa pTutôfc quelque rigorisme, chez les peuples qui obéisT sent à la réformation , il 'faut Tattribuer uniquement à cette jalousie de secte, qui, en présence d'une religion plus sévère, retenait les peuples sur la pente rapide de la corruption où les place rimperfectioh de leurs dogmes. La religion catholique gouvernait dans ce sens la religion presbytérienne, comme les monarchies d'Europe en gouvernaient les démocraties. Et l'on ne peut pas douter que les mœurs dans toute la chrétienté ne devinssent pires qu'elles ne l'ont été sous le paganisme^ ou mên^e en France , ^u tei^jps où l'on plaçait le vice sur les autels et la vertu sur.l'échafaud, s'il n'y" avait d'autre digue à leur débordement que les sentences de la philosophie, ou les phylactères des théophilantropes (i).

Otez le catholicisme de l'Univers, et le divorce y deviendra, pire que la polygamie

(i) Ces phylactères étaient des sentences morales que les Pharisiens étalaient sur leur poitrine et sur leur front , et que nos théophilantropes aOichent sur les murs des lieux où ils ^'assemblent*

Ci54 )

de YOïieni , cet état imparfait dé société dcK inestique , jet contre la nature de la société publique , qui produit l'esclavage , Pexposifion des enfans , l'oppression de toutes les faiblesses de l'humanité^ et qui n'est séparé' de la promiscuité des brutes ^ que par la réclusion d'un sexe et la mutilation d'un autre.

Je ne crains pas de le direj si le divorce est décrété en même temps ^ue l'exercice de la religion catholique est rétabli y le peuple croira , ou que l'on veut au fond détruire la religion ^ où que la religion permet le divorce , et Pnne ou l'autre de ces opinions peut produire: de grands désordres. On ne le répétera jamais assez j le divorce ne fut ^ en 1792, qu'une conséquence ; on pouvait tout décréter alors^; le temps et les hommes^ prémunissaient assez contre la séduction.. Aujourd'hui le divorce sera regardé comme un principe y et la différence est incalculable.

Je finirai par une réflexion importante. Les mariages, qui sont faits pour unir les familles d'une même contrée, deviendraient par leur dissolution > chez un peuple sensi-

ble et délicat ^ juste appréciateur du bien* fait et de PofFense , une source féconde de haines héréditaires, qui ramèneraient la société à rage des guerres privées et de la vindicte domestique ; il n^ a pas de petiteville en province qu'un seul divorce ne pût mettre dans la plus grande confusion. Le Journal de Paris éleva , il y a quelques mois , cette question : Si V opposition dans le corps législatif peut être aussi véhé^ mente en France qtûelle Vest en Angleterre .

Il allégua, pour établir la négative, des raisons qui , toutes , conviennent bien mieux à la question que nous examinons ici, et soutint, avec fondement, que chez un peuplecomme le Français, qui se nourrit de pain et de vin y un outrage personnel ne reste pas impuni, et, à bien plus forte raison , ua outrage domestique j car la vindicte domestique, différente de la vengeance personnelle , n'était , chez les Francs, et p*est partout, que le supplément à la vindicte publique , et une marque certaine de TinsufËsance et de la faiblesse de» lois politiques.

L'autorité publique ne doit jamais perdre de vue que la religion même , en même

Ci.56)-

temps qu'elle ordonne à Thorariie de pardonnei', enjoint au pouvoir de punir; «.car, . » dit-elle , ce n'est pas en vaia qu'il porte > le glaive s>. Non enim sine causa gla^ dîum portai. -Tie là vient qu'autrefois, là^ où les tribunaux ne pouvaient pas juger ^ ni par conséquent punir, l'autorité publique* permettait la vindicte à rbomme dans le combat judiciaire. Notre procédure par juryt en matière criminelle, est un reste de l'an- ^^^^g^ cieg jugement domestique qui précède le^ ^ jugjement public et l'adminiatr^tion régulière de la jugtice ; nouvelle preuve du rare discernement de nos philosophes ^ qui > en tout, ramènent la nation de l'Europe la* pkis avancée aux habitudes imparfaites de

' son premier.ag£>

Il faut donc revenir à une législation plusforte, et interdire aux passions tout espoir de se satisfaire légalement.

Il faut se pénétrer de cette vérité-, que les^ lois faibles ne conviennent qu'aux peuplesnaissans , et qu'elles doivent être plus sévères , à mesure que la société est plus avan-^ cée et l'homme plus relâché. Ainsi l'homme iait a des devoirs à remplir bien plus éten-

4«s et bieivrfûtrement obligatoires que ceux auxquels renfant est soumis.

Il est temps que le. pouvoir public reconnaisse qu'il a empiété sur Ifgpouvoir domestique , et qu'il pe peut rétablir les bonnes mœurs qu'en lui rendant ses justes droite, puisque les bonnes mœurs ne sont que l'observation des lois domestiques. "Les choix seront plus prudens , lorsque les suites se^ ront plus., skieuses : le pouvoir sera plus doux^ lorsqu'il ne sera plus disputé,' et que la femme n'aura ni la propriété de sa personne, ni la disposition de ses biens. Là paix et la vertu s'asseyeront aux foyers domestiques, lorsque la loi de TEtat maintiendra entre le père , la mère et les enfans , les rapports naturels qui constituent la famille^ et qu'il n'y aura , dans la société domestique ^«^comme dans la société publique , ni confusion de personnes, ni déplacement de pouvoir, - ; /

Page 1