CHAPITRE XII
Conclusion*
<L JuEGiSLATEURS, car c'est à vous seuls que je m'adresse , c«ux dont vous avez recueilli l'hériftage ont proclame la souveraineté du peuple^ et c'isst en son nom que vous lui donnez des lois civiles , et qu'ils lui ont eux-mêmes donné des constitutions politiques. Mais la nation française vous a-t-elle donnée a- 1- elle pu même vous donner le pouvoir de dénaturer sa constitution domestique^ inébranlable fondement de l'édifice qu'elle habite depuis tant de siècles? Avezvous pu croire que les pères de famille , réunis dans les assemblées primaires , aient consenti à abdiquer en vos mains le pouvoir domestique , qu'ils tiennent de la nature même> afin que leurs femmes et leurs enfans reçussent de la loi le pouvoir de s'élever contre eux, de discuter leurs actions^ de les traîner devant les tribunaux, d'y faire prononcer, leur déposition, pour
transporter en d'autres mains Tautorîté maritale, ou se soustraire à l'autorité paternelle? Non; le peuple français n'a pas oublié à t;e point la nature , la raison et sa .dignité ; et si vous en doutez , voyez avec quelles marques éclatantes d'improbation il rejette au théâtre (i) cette loi qui est l'objet des plus sérieuses délibérations ç]es autorités publiques; et Vous-mêmes, législateurs^ ne la marquez-vous r pas, à sa naissance, du sceau de la réprobation, et ne diraït-on pas , aux difficultés dont vous en^ tourez son exécution , que vous ne nous la permettez qu'à condition que nous, n'en fe« rons jamais usage?
» Une partie de la nation , dites-vous , professe une religion qui tolère le divorce (2).,.
(i) A la représentation de la pièce de VAimabU FjeiUard, que les spectateurs ne voulurent pas laisser achever. Encore la proposition du divorce n'y étaii- «lle que simulée.
(2) Depuis ^accroissement de la France et par le« derniers recensemens , les protestans des deux communion» font à peu près le 40««, de la popiijaltoa totale.
Maïs coiiîplez-vous pour rieh la nation en-tière , qui professe une religion qui le défend ? Et si vous ne pensez pas devoir ôter à quelques-uns ce qui n'est pour eux qu'une siitiple faculté , pourquoi permettez - vous au plus grand nombre ce qu'ils regardent comme un cpirhe ?
^ #» Vous respectez la faculté du divorce comme une tolérance de la religion protestante, et vous ne respectez pas la séparation qui est une tolérance de la religion catholique ! .Vous permettez aux uns la rupture du lien conjugal, trop souvent sollicitée par de folles passions ou de vils intérêts, et vous en interdisez aux autres tout relâchement , souvent nécessaire pour prévenir de plus* grands éclats, et quelquefois les derniers malheurs î et vous placez les citoyens les plus attachés aux maximes sévères de leur croyance , dans une situation au-dessus des forces de l'homme, parce qu'elle est contraire à sa raison , entre deux devoirs contradictoires et également impérieux !
}> Mais> au fond, il n'y a pas, même sur cette question, entre les deux partis que
votre
votre loi imprudente fait revivre , dutant d'opposition que vous en supposez.
» Le principe de Tindissolubilité naturelle du lien conjugal est universellement reçu de toutes les communions chrétiennes; et^ non»seulement les réformés le reconnaissent dans la spéculation^ m^s ils le suivent dans la pratique y puisque partout où la faiblesse de leur doctrine était contenue par la présence d'une doctrine plus sévère, ils ne faisaient que rarement usage du divorce y même autrefois en France , quoique leurs mariages, loin d'y être garantis par la loi , n'y fussent pas même connus dû législateur»
Mais les protestans diffèrent ^es catholiques sur la question du mariage , en ce que les^^ protestans en croient l'indissolubilité naturelle , et ne la croient pas religieuse , et que les catholiques croient Fiudissolubilité religieuse, à cause qu'elle est parfaite ou naturelle, et qu'elle a été ainsi au com^cn^ cément ; ils croient qu'il n'y a rien de plus religieux que ce qui -est naturel ou bon; que l'homme ne peut dissoudre ce que la nature, et, par conséquent, ion auteur a uni; car c'est là le sens de ce passage : Quod Deus
€onjunxit Homo non sepant ; et que le législateur universel , dont toutes les corn* munions chrétiennes reconnaissent la divine sagesse , venu, dit-il^ lui-même > pour accomplir la loi, c'est-à-dire, .pour la perfectionner en la conformant en tout à la nature des êtres , n'a pu rien permettre do contraire à la nature. Les rédacteurs du Projet de Code civil établissent eux-mêmes le principe de l'indissolubilité naturelle du lien conjugal^ lorsqu'ils disent : <c Que le ma* :i» riage, considéré en lui-même et dans ses ù> rapports naturels , offre l'idée fondamen- "» taie d'un contrat perpétuel par sa destina* ^ tion , et que le vœu de la perpétuité dans » le mariage , paraît le vœu même de la na- » ture»^ et cependant ils concluent contre le principe des catholiques , contre le principe des protestans , contre leur propre principe , contre la nature , contre la raison, qui dit que ce qui est indissoluble par nature , ne peut être dissous par l'homme ; ils violentent la conscience du plus grand nombre, pour faire"^ jouir la conscience du plus petit d'une simple toléranpe;ilsinduisent ceux-ci à devenir coupables , de peur d'obliger ceux-là
k être conséquen$ ; et ils dépravent les forts ; quand il faudrait aider et encourager les faibles.
p Vous ne voulez pas gêner les croyances religieuses. ... Si vous. enjoigniez aux pro» test ans de croire la présence réelle y ou aux catholiques de cxo\t% Vinqjnissibilité de Icu justice y vous génériez des croyances religieuées \ mais aussi vous ne seriez pas obéis , parce que les croyances , religieuses ou poli« tiques y sont hors de votre compétence. Mais le divorce est^ non pas une croyance^ mais une action sociale y c'est-à-dire > dooaestique dans son principe , publique dans ses effets, comme le mariage et comme Phomme luimême; une action «que la religion prescrit ou défend y comme toutes les actions so« ciales ; car y rjemarquez que la séparation qu'elle ne fait que permettre y n'est pas une , actioji sociale y puisqu'il n'en résulte aucun nouvel état de société : or j^i^ous prétendez avoir le droit de permettre , d'interdire , de régler les actions sociales y même religieuses, qui^ exercées hors de l'enceinte des temples y rentrent dans la classe des actions civiles. Ainsi vous avez changé la loi fonda-
C iH )
mentale du culte religieux, qui consacre le ^ptième jour au repos physique, eu ordonnant ce jour-là les travaux publics ^ ou permettant les travaux domestiques , et fixant au dixième jour le repos hebdomadaire (i) ; ainsi vous interdisez les cérémonies du culte et les vêtemens religieux hors des temples, actions 1>onnes en elles-mêmes, ou tout au moins indifférentes ; et vous semblez croire qu'un divorce "est moins extérieur qu'une procession , t>u moins attentatoire à l'ordre public qu'un babit long. Vous respectez, dans le divorce^ tme croyance religieuse * • • ; mais vou$ ne permettriez pas à des Chinois établis en France, et maîtres, par vos lois, d'y exercer leur culte, de sac^fîer leurs enfans à
• (i) La loi du dimanche ne prescrit la suspension de l'action physique et domestique, qu'afin que Thomme puisse vaquer à l^^ion religieuse ou au culte. Le dëcadi, au contraire > est un jour de repos absolu, et rien dans la nature , hors Dieu seul , ne repose. Voyez dans un petit^ouvrage , composépar un homme très-instruit , et imprime chez Didot , les raisons natui^Ues d^A'ancieniM division du temps, •
Vespnt dujîwuue , en les noyant même dan» leurs temples ; âux veuves indiennes, de sfc^ faire brûler sur le corps de leurs époux ; aux Turcs même, d*avoir des harems au milieu de Paris , quoique leurs croyances religieuses leur permettent ou leur prescrivent toutes ces pratiques. Direz - vous que Tinfanticide est plus opposé à la nature que le divorce mutuel , ou la répudiation du mari par la femme? L'infanticide détruit l'homme; le divorce dissout la, société. L'enfant n'est pas naturellement immortel ; le mariage est naturellement indissoluble, LVxposition ' des eflfans ne produit pas le divorce; le divorce^ produit l'abandon des enfans, et souvent compromet leur vie. Les mœurs, à Rome^ auraient résisté à la loi atrojc^,de Tinfanticide, pratiquée dès les premiers temps, et elles ne purent résister à l'usage fréquent du divorce, qui s'introduisît sur la fin de la république, parce que l'infanticide est Tabus de Tautorité paternelle, et que le divorce est l'anéantissement du pouvoir domestique.
y> Vous ne voulez pas gêner les croyances religieuses..^. Mais est-ce la croyance de la
faculté du dirorce, ou la croyance de lln- . dissolubilité du lien conjugal qui est une croyance religieuse ? Je vois ce qu'il y a de religieux à croire , que la société > icrstituée par Dieu contre les passions bumaines^ ne' peut être dissoute par Thomme , et au gré .de ses caprices; quQ le mariage , qui doit être le remède de la volupté , n'en serait que Taiguillon et le moyen , si la faculté du di-* vorce livrait sans cesse de nouveaux objets aux désirs de Thoinme^ et que le père des humains n'a pas établi entre ses enfans une société où l'être faible , livré sans condition au plus fort , ne trouvât pas , contre ses pfor près passions > une protection perpétuelle en échange d^un sacrifice irrévocable ; hor$ de là, je suis Join de voir des croyafaces religieuses , je ne vois pas même des croyance^ l^aisonnables.
» Prenez-y garde : le divorce ne pourrait être une tolérance religieuse que pour ceux qui volent dp.ns le mariage un lien religieux j et qui, pomme les Juifs ^ en permettraient la dissolution à la même autorité qui Ta formé. Mais comment peut-il être une faculté religieuse pour ceux qui ne voient rien
de sacré dans rinstittttion ? Par quelle in--^ conséquence faire de la faculté du divorceun dogme , quand on ne fait pas du mariageun sacrement? et comment une loi civile , donnée par Soleu, à un peuple* idolâtre, peut-elle être une faculté religieuse donnéepar Jésùs-Christ à des chrétiens ?
3» Mais , après tout, la religion chrétienne^ ue tolère rien} ni le mal, puisqu'elle le dé-^ fend 'y ni le bien, puisqu'elle rordonne. Elle ne tolère que laperfectioa, c'est-à-dire, qu'elle la conseille ; et bien loin de tolérer le ditorce qui doilne à l'homme la faculté- de renvoyer la fille d» son prochain , et d'épouser sa^ femme, elle permet la faculté du'célibat, en permettant à l'homme de se destiner au mi*«< nîstère de la société religieuse. Et il n*y a pas à s'en étonner, ni, comme l'ont fait nos philosophes , à en prendre occasion de dé«clamer contre la religion , puisqu'on voit la société politique , forcée d'employer à son service toute la ^nesse d'une nation y lui" rendre le célibat indispensable , et condam** ner même^le plus grand nombre à une moct prématurée , avant d'avoir goûté les. douceurs du mariage.
. "» Il est temps de le dire : le diroree est une opinion purement hymaine ; et certes lorsque tous les partis convenaient de l'indissolubilité naturelle du lien con}ugal , il y avait peu de philospphle à en conclure qu'il pouvait être humainement dissous. C'est cependant cette conclusion que tirèrent les réfoi;mateurs du seizième siècle ; mais au fond , législateurs^ qui êtes venus vous*mêmes réformer une grande nation > leurs droits à réformer étaient^ls meilleurs que les vôtres ? Leurs partisans ne leur attribuent aujourd'hui aucune mission divine , et ils n'avaient pas , comme vous> été envoyés par des asseqiblées électorales: ou si l'on votilait^ aujourd'hui comme de leur temps ,> regarder la prop^igàtion rapide de leur doctrine comme un miracle qui prouva la vérité de leur mission^ quel avantage n'auriez-vous pas sur eux , même sous ce rapport ? Luthçr au seizième si'^cle , entraîna des Allenands et des Suisses^ et vous au dix-neuvième siècle^ vous vous êtes fait obéir par des Français (i).
•(t) Les sectateur^ de Luther regardaient les pro«grès rapides de sa doctrine comme un miracle qui
9 Plus éclairés aujourd'hui par les progrès des temps et des lumières , et plus forts par les moyens dont vous disposez , osez réformer les réformateurs eux-mêmes , tant d'autres 1 ont fait depuis qu'ils ont paru; ne parlez pas au nom de l'église catholique , parlez au nom de la nature et de la raison, et l'on vous écoutera. Que dis-je? les réformateurs eux-mêmes réformeraient aujourd'hui leurs principes, et ils jugeraient qu'au dix-neuvième siècle , au siècle des richesses et des arts , le divorce doit produire des effetai bien plus funestes qu'il n'en a produit au seizième siècle, 4orsqu'il n'y avait encore ni grandes villes , ni commerce , ni théâtres , ni promenades publiques , ni sta-
prouvait sa mission ; et certes , il: est vrai que les opinions de Ltithei^ firent à leiv naissance bien plus de bruit, que la doctrine même de TËvangile. Il est de» opinions qui font explosion comme un volcan , et qui entra inent tout comme des torrens grossis par l'orage ; il e it des doctrines qui gagnent peu à peu , et par des progrès insensibles y' comme la pâte qui fermente , ou Comme la grai le qui prend racine avant de s'élever et de devenir un grand arbre. - '
( 17^' ) tues^ là romans 9 que les époux ne connsSs^ saient que leurs foyers ,- et les citoyen^ d'autres Item publics que ThAtel de ville et l'église; et déjà ne voyons -nous pas leur postérité , fatiguée dû joug intolérable de la licence > écrire contre la faculté du divorce^ et le parlement d'Angleterre délibérer sur son insuflSsance? Entendez M"®. Necker, tout attachée qu'elle est à la religion cal vi-niste 9 approuver sur ce point la doctrine de l'église catholique.. « Avant de blâmer,
> dit-elle, les pères de l'église^ qui ont élevé
> le manage au rang des sacremens^ il faly> lait connaître le principe de cette déci- » sion. Un peu de réflexion nous^ persuadera y> que rien n^étfoU plus conforme à Tindi- » cation , aux lois et aux droits de la nature: » car faire du mariage un contrat simple-
> ment civil ^ c'est prendre , pour base de i> cette institution ^ la circonstance la moins^ l^ importante. Et en effets la fortune , l'état , » toutes les convenances du ressort civil ^
> sont de simples accessoire^ dans un enga- » gemént destiné à l'association des coeurs , -» des sentimens , des réputation3 et d^^ » vies ; et puisque toutes les grailles affee*
3» lions ont été constamment jointes à des V idées religieuses;» puisque^ dan s la société, 9 lésserniens cimentent, tous les engagemens 5» que là loi ne peut surveiller , pourquoi
> excepter le mariage de cette règle géné- » ralè , le mariage dont la parfaite pureté "» îie saurait avoir de jugé et de témoin que. » notre propre conscience ? L'exclusion de y> la polygamie et du divorce^ dit M. Hume, j» i8®. essai , fait suffisamment connaître )> TutilHé des maximes de l'Europe , par rap-
> port aux mariages vf
9 Ici même les inconséquences se multi-* plient : le Code civil propc^e le divorce , à cause des luthériens et dés protest ans, et il ne le propose ni comme Luther, ni comme Calvin. En effet, Luther, dans sou premier ouvrage dç îa Captwité de Bahylone^ désire que le lien conjugal puisse se dissoudre pour cause d'adultère Ou de désertion malicieuse ; mais encore timide, il n'ose le déclarer dis^ sous. Trois ans après, devenu sans doute plus habile ou moins retenu, il permet la divorce pour ces deux motifs, et même pour quelques autres. Mélancthon , le plus savant d^ ses disciples , réduit les .causes à deux >
l'àdultëre etTabandon. Calvin dissout le lieit conjugal pour cause d'adultère^ pu lorsqu'une des deux parties étant chrétienne veut se se* parer de lapartie idolâtre ; en sorteque, lais-^ sant à part les variations des chefs et les extravagances de quelques disciples , entre autres de Bucer^ qui permettait le divorce pour le plus léger mécontentement^ les ré« formés de toutes les sectes conviennent dans ce seul points que le lien cotijugal estdissou» pour cause' d'adultère et.d'absfndon^.
JA^Les législateurs de 92 viennent à leur tour ; ils enchérissent sur ceux qui les ont précédés ^ en décrétant le divorce pour incompatibilité d'humeur; et même les ré** dacteurs du Projet de Code civil déclarent la demande en divorce admissible , -pour déliist et crimes de Tun des époux envers P autre f. c'est-à-dire , comme l'explique le Projet, I*** pour séifices et mauifaîs traitemens y et la conduite habituelle de tun des époux envers l^ autre, qui rend à celui-ci la vie insupportable ; 2^. par la diffamation pu-^ blique ; 3^. par V abandonnement du mari par la femme ,ou de la femme parle mari; 4r. par Patientât d^un époux à la vie de
T autre; 5^. enfin ^ et comme par post-scriptum , par P adultère de la femme , accom^ ' j)agné d'un scandale public, et prout^épar des écrits émanés d'elle , et par celui du mari qui tient sa concubine dans la mai^ ^on commune. En sorte que de toutes les causes de divorce^ la plus commune à la fois et la plus légitime, la seule autorisée dans l'Evangile , selon les protestans, et qui donne lieu f selon les catholiques , à la demande ei; séparat\^n, l'adultère, est précisément cell^ .qu'il deviendra désormais impossible de proutver : car les femmes sont bien averties* pai: cette loi, qu'elles peuvent tout permettre à leur faiblesse, hors d'écrire à leurs amans; les hommes tout permettre à leurs passion», hors de loger sa coticubine sous le mêjne toit que Pépouse ; et à moins d'une solennelle prostitution sur les places publiques/ com« ment prouver auciui scandale public là où 4'extrême facilité des mœurs permet toutes les légèretés , et ne connaît presque plus d'inconséquence ? Et certes , on ne peut s'empêcher de remarqîier quelle terrible oppression pèsera sur la femme, dont l'état et' l'honneur tiendront désormais à un écrite
dans un temp» où Part d'altéret, d'enlever ; de contrefaire4e$ écritures , a été pointé à une si déplorable perfection (i).
« Admirez cependant le progrès de cer'» faines doctrines^ et comment l'hôrame, une ' fois écarté du sentier étroit de la vérité > $*égare à mesure qu'il avance dans les routes infinies de l'erreur^ et ne peut trouver le repos qu'en revenant au point fixe d'où il est parti. Grâces à la force de nos lois y et malgré la frivolité de nos mœurs ^ les formes^ du mariage étaient ^ en France , plus sévères, et ses effets beaucoup mieux assurés do nos )ours qu'ils ne l'étaient autrefois. La néces^site de la présence du propre pasteur , pour Il validité des mariages ^ prévenait les unions clandestines; la nécessité du consentement des parens empêchait les engagemens im^^ prudetas; et la bâtardise même, en dépit de la philosophie , devenait de jour en jour plus
(l) Le tribunal dé Mayence vient de prononce^^ lo divorce entre le comte et la comtesse de Linafige- Guntersblum , qiû ont eu ensemble plusieurs enfans , pour une lettre injurieuse ëcrite par le mari à la femme. -
déshonorante , et même dans les hautes classes de la société 5 le divorce , toléré par les constitutions des empereurs grecs , la répudiation' quelquefois pratiquée chez les Francs^ avaient disparu de nos lois et de nos mœurs ^ et le christianisme travaillait de* puis quinze siècles à conduire l'homme à la perfection de l'âge viril, en lui donnant sur ses devoirs des idées plus justes, rendues^ sensibles par unf expression plus décente dans le discours : et dans moins de trois siècles ^ une sagesse purement humaine, tantôt sous tm nora^ tantôt sous un autre, a fait rétrograder la société ju^u'aux habitudes imparfaites du premier âge, et Ta même re jetée au delà de la barbarie de Tétat le plus sauvage, comme si les êtres moraux étaient, dans leurs progrès , . souuEiis à des lois sem^ blables à celles dés corps graves dans leurs mouveraens , aussi retardés dans Tascension qu'ils sont accélérés dans la chute.
» En effet , avant Luther et Calvin , il y
avait des passions parmi les hommes , comme
il y en a eu depuis , comme il y eu aura
^ toujours j mais il n'y avait , dans le monde
chrétien, ni divorces ^ ni séparations^ et mêm«
^on n*ëiait pas loin du temps où les papes contenaient les peuples > encore grossiers et peu éclairés^ par de grands exemples^ et frappaient de leurs censures les rois qui contractaient des nœuds illégitimes^ ou qui brisaient des nœuds solennels. A peine la réformation a ouvert aux passions la porte du divorce, qu'elles s'y précipitent en foule, quâ dala porta ruunt; et lorsque les divorces commencent parmi les protestans, IJusage et bientôt l'abus des séparations s'introduit chez les catholiques, et va toujours croissant. La philosophie paraît à la fin des temps, et nonseulement elle permet ;**ftQmme les chefs de la réforjue, la dissolution du lien conjugal, mais elle le permet avec toutes les variantes de leurs disciples : elle y ajoute le$ siennes , et le permet pour toutes sortes de motifs, et même poitr mcompatibilité d'humeur; ou , ce qui revient à peu près au même , pour con* duitt habituelle qui rend la vie commune insupportable. Car que ne peut-on pas comprendre sous le vague de cette expression ^ aujourd'hui qu'avec le dégoût des plaisirs domestiques , causé par la profusion des plaisirs publics, ou par l'excès des plaisirs
clandestins ,
cîânclcatms, tant d^homijiçs et de femmes-, consTitnés de dégoûts et d'ennui, loin de pouvoir se supporter mutuellemeht, blasée SUD toutes lès jouissances, et même sur la vie, ne peuvent plus se sbpporter euxinêmjes? Lô. divorce est permis pour des motifs tels, que nul contrat,, dans .la vie civile ^ ne serait possible, s'il pouvait être résilié «ur des .prétextes aussi vagues. Encor^Q une législature, et nous tombons dans la oom^ munauté des fcmm^ et la promiscuité des brutes; car la faiblesse de l'autorité maritale ne perniéttrait pas de s'aixêter à la polygamie des Orientaux, Les législateurs futurs auraient , pour jmli&er la communauté des sexes, les motifsquc les législateurs pasgés et présens ont eu pour proposer une faculté •de divorce aussi étendue ; et si les uns y ont été déterminés par la fréquence des séparations, les autres s'excuseraiént.sùr la âiultitudedes concubinages, Car/n^en doutêz*pas^ législateurs, déjà \on coiatraîete mcfiiis , et bientôt onoiecoratractera plus des liens 'avilis par l'extrême facilité de les rompre. « Du o» tetups que les divorces étaient ^n vogue }^€hez les RomaiM > dit Hume dans ses
^> Essais , les mariages étaient tares au point *» qu'Auguste se vit obligé de forcer les ci* > tojrens à se marier ». Et quel intérêt pourrait faire supporter à TboHune les 'âoins et les embarras domestiques y dans un pays- ou l'homme, avec tine femme et -des enfans , n'est pas sûr , grâces à la faculté ^du divorce , ^ -d'avoir jamais une famille ?
> ^insi ., depuis trois Siècles qu^uue philosophie humaiqe dicte des lois à l'Europe y elle lui a donné le divorce, la démagogie, Tindifférentisme pour toute religion ; la France , sa dernière conquête , a supporté le poids de ses mépris et de son orgueil'j vi! sujet de toutes les expériences et jouet.de tous ses caprices, elle en a reçu le temps de la terreur , le -règne des sans - culottes , là doctrine de Cfa£(umette et de Marat, la tyrannie de Robespien»e , le 'culte de la déesse^ Raison , et , -elle a pu s'appliiquer ce que Tacite dit ave c ' . tant d'énergie des Bretons , derniers venus 60US la domination romaine : <i,In hoc orbis terrarum. véîere famulatu nouinos et viles in excidium petimur ».
» Ainsi , les- mœurs de l'homine se sont cor- ^rompues à mesurpque les lois: do la société
<e sont afFaibJies., et les. lois se sont affai* blies à mesure!; quelles mœurs se sont cor* rompues ; ainsi les loh ont servi d'aiguilloa aux désirs , lorsqu'elles n'oxit.plus servi de frein aux passions ; et qu'on ne donnje pas comme une «preuve de. la. nécessité du jdivorce la fréquence, des séparations. : législa* tçurs , connaissez la nature, humaine et ses penchans : si vous; décrétiez aujouj'd'bui^uil est pçrmis; aux eqfan^ ,dç. repousser par la force leer vivacités .de, Jeurs.pbreis, demain VOUS seriez entourés de pàrpiçjides,.
V La loi;, (lJrÇZ-vo,us.j, permet le divqrce ; mais Join.dç Tordoriper , .eUe.çn gprie. 1^ faculté. Mais s'a^it-il de x,^fiJ^^ 1^ div^orç^ difficile •. oa de rendre :1e. mariage honorable ?. l^es .passions' qui lutteqt anjourd*^,ui contrç. 1^ Icû de l'indissolubilité, respecteront-élles les barrières don J;.. on entoure le divorce r çt n'y en eûtril^ comme che2:,.les Romains^ qu'un e^sernnle.au.^ bout, de plu- .sieurs siècles, la législation .fraqçaise, en est -elle moins déshonorée dans son orincipe y, et la nation française moins affaiblie dans sçs lois? La loi n'ordonna pas fe,di-
vorce. •....• Législateurs , . clici un
' Ma
Ci8o)
peuple peu avance dans les arts, la tolérance du divorce est sans danger, parce qu'elle est sans exemple. A cet âge de la société , l'homme ne voit daris la femme que ïa mère dé ses enfans , et la gouvernante de sa maison. Son amour pour elle est de T^stime, et ramour de la femme pour son époux est du respect. La virginité , la chasteté sont en ïiOnneur, et tous ces raffiriemens de sensibilité, qui présentent tin sexe à l'autre -sôus .des rapports de jouissâtice personnelle et d'affections Sentiment àlleà, sont inconnus à leur Vimplîcîté. iMkis lo^rsqù'uAé àocîiété èh est Ventie à Ce poîrft; que les folles amoui-s de'la jeunesèe,' aliment inépuîsa'bîe dés arts , isont clevenues, soils mille forrnes, l^ienfrétien de tous lès âges ; lorsquel'autôrîté maritale y est une dérision, et l'autorité patérheïle ilne tyrannie j loràqué dè's livres obscènes, pài*tout iétalés, vendue ôu l6ùés à si vil prix, qu'on "pourrait, croire qu'o*n lès donne, ré vèlerit à ï'^enfant ce (|uelà nature n*apprend pas niême k l'homme fait, et que tout l'étalagé de rérudîtiôn et Wûte la péi^fectlôn de'Patt sorit ethployés à'tiô'us 'tfaûstnèttre l'histoire dés Tices de la^Grèce, après nous avoir entre-
Ci8x)
tenus SI souvent du roman 3e ses vertus, pour nous corromprp à la fois par les mœurs de ses prostituées, et par les lois de ses sages; lorsque la nudité de l'homme^ caractère distinctif de l'extrênie barbarie, s'offre partout à nos regards dans les lieux publics , et que la femme elle-même, vêtue sans être voilée, a trouvé Tart d'insulter à la pudeur, sans choquer les bienséances; lorsqu'il n'y a entre les hommes que des différences physiques,. et non des distinctions sociales , et qu'à la place de ces dénominations respectueuses qui faisaient disparaître les sexes sous la dignité des expressions, nous ne sommes tous, le X dirai-je? que des mâles et des femelles; lorsque la religion a perdu toutes ses terreurs^ et que des époux philoisophes ne voient dans Jeurs infidélités réciproques qu'un secret à se taire mutuellement, tolérer le divorce,, c'est commander la prostitution et légaliser l'adpltère; c'est conspirer avec les passion? de l'homme contre sa raison , et avec l'homme lui-même, contre la société. Après cela, fondez des Rosières pour récompenser la vertu des filles; faites des idylles pour chanter la félicité des époux; accordez des primca
â la fécondité, et mettez des impôts sur le célibat > et vous verrez , avec tous ces moyens philosophiques, les désordres de la volupté croître avec le dégoût du mariage, et nos mœurs devenir , s'il est possible, aussi faiblçs que vos lois. Le territoire de la France s'est accru ; mais sa dignité , le premier moyen de sa puissance , fondée sur la décence de ses mœurs et la sévérité de ses lois, s'est éclipsée. Les étrangers n*ont pu entamer ses frontières , et ses propres enfans y ont. ruiné la famille, la religion et TEtat, avec la licence du divorce , du philosophisme et de la démagogie. L'homme motal a disparu ; et tel (jue ces eaux qui se perdent dans le sable , inutiles à la culture quand elles ne sont retenues par aucune digue y son âme n*a plus de ressort, parce que ses désirs n'ont plus d'arrêt. Ces passions violentes, orages tumultueux: du cœur Immaîn , ces combats terribles de l'amour contre lé devoir, du plus impétueux des sentîmens contre le plus puissant des obstacles , qui honorent la nature humaine, même lorsqu'elle sutcombe, et dont la fictionetcîte tant d'admiration et nous arrache tant de
larmes, ne seront plus que dès cbimèresy qu'une postérité dégénérée reléguera au rang des travaux d'Hercule ou de la guerre des dieux contre les Titans. Législateurs , fermez ces théâtres, qi3Û firent si long^- tempsl'ornement de la France. Phèdre, Zénobie, Pauline , Monime j^ seraient ^es personnages inconcevables pour une nation qui connaît le divorce. Andromaque , réduite à ne pouvoir sauver les jours de son fils qu'en manquant à la foi promise à son premier époux ,. et juraat,de mourir en formant de nouveaux nœuds, n'exciterait que la risée de femmes qui pourraient se Vemarier , dir vivant même de leurs marîs* Ces grandes scènes de la société, où l'homme paraît danstoute sa force / parce que le devoir ^'y montre dans toute sa rigùejar, et la vertu dcins toute sont austérité , ne seraient plus dans nos vraisemblances théâtrales i et puisqu'il faut des spectacles à ce peuple enfant, on amu-^^ sera son oisiveté avec'desbouflFonneries(i) de
(i.) Jamais on ne s'est tant moque sur le théâtre ^ des idées bornées dn, peuple , de ses manières empruntées , de ses locutions vicieuses ,. que de|hAis qu'il est
valets, des lazzi d'arlequin , des hlstolresi de spectres et de Voleurs.
» On parle de population que le divorce favorise, et l'on ignore que si l'union des sexes peuple un pays inhabité , la seule société des époux maintieiit et accroît la population chez une nation i^rmée^ et *que le divorce, là où le législateur a Timprudencé d'en introduire ou d'en conserver la faculté, tue plus de fan>rlles qu'il ne fait naître d'en* fans. Les peuplades sauvages , où tous tes individus se marient, sont feibles et misérables 5 et chez les peuples civilisés, où les besoins de la société condamnent au célibat une grande partie de la nation , l'Etat est populeux et florissant. On plaint les époux que la simple séparation condamne à une austère vîduité; mais est-ce aux législateurs à soigner les plaisirs de l'individu aux dépens de là société? Pense-t-on, avec la faculté du divorce, remédier à tous les désordres de
reconnu souverain. Ces peintures g&tent les gens bien élevés, sans corriger le bas. peuple , dont il faut* respecter la simplesse domestique , et ne pas exagéreriez droits politiques.
rincontinence? et ne sait*on pas qu'une clias» teté absolue est moins .pénible à Thômme <]ù'nne tempérance sévère?
« Le divorce pour infidélité , dit ma- 3^ dame Necker, est une flétrissure pour le y> coupable, et un* malheur pour l'offensé; » mais il ne peut pas être plus permis au par- » jure de former de nouveaux liens, qu'à un y> homme mis hors de la loi de rentrer dans y> le pays où il a été condamné : et quant à » l'époux ou réponse outragés, le sort est » tombé sur eux'pour donner un grand exem- Y pie de délicatesse* Ils pleureront dans le
' » désert comme la fille de Jephté ; mais ils y> vivront solitaires comnie elle, par respect » pour des vœux prononcé» en présence du >> ciel. Beaucoupide gens se sont destinés au » célibat, qui n'ont pas eu des motifs si purs » et si respectables »•
» Vous 1-eprochez à la loi de Tindissolubîlité sa perfection , et il n'est question que de notre perfectibilité : vous taxez cette loi d'impraticable, et elle est presque partout
j)ratiquée , au 'moins de fait ; car là même où le divorce est permis, il est toujours plus rare que le mariage non dissous. Mais voyez
aussi les Siophlstes j qui accusent de sévé^^ rit^ la loi qui punit de moct. Thomicidee Etrange inconséquence ! les déistes trouvent rbomnie trop vîl, pour que TEtre-Suprênie daigne s'abaisser jusqu'à lui. J. J. Rousseau trouve rhomme trop borné , pour qu'on puisse^ avant l'âge de quinze ans^ lui apprendre qu'il a une âme. Les législateurs modernes trouvent Jlionime trop imparfait, pour (Qu'ils puissent lui donner des lois fortes ^ et cependant^ ils font.de l'homme, ils font du peuple le législateur infaillible , le souverain universel ; et de tant d'imperfections dans les élérxiens^ il^ composent la perfection même dans l'ensemble. La loi de l'indissolubilité trop parfaite ! Eh quoi l le législateur des chrétien s^, au milieu d^ toutes les volup? té3 pa'îennçs et de toutes les grossièretés judaïques , a dit aux hommes : Soyez parfaits; et aussitôt ils ont rejeté de la sooiété toutes ces lois imparfaites ou corrompues de leur en fancQ; l'esclavage I la polygamie, les spectacles atroces .et licencieux , la <liviaation ^ le sacrifici des victinjes humaines, Timmo- Jation des animaux, etc/etc. Encore aujourd'hui , des hommes se disant envoyés par
lui, plantent une croix de bais dans le désert , et , ministres de cette autorité nouvelle , ils changent> en un jour> les usages des temps anciens , con:imandent à l'homme nu de se. vêtir, à l'homme errant de se fixer , à l-bomme cbas&eur de cultiver la terre, au polygame de s'unir à son semblable d'un lien indissoluble, à l'idolâtre d'adorer un seul Dieu, créateur et conservateur, et ils sont obéis; et la politesse commence avec le christianisme ; et les douceurs de la vie , ^a même temps que les devoirs de la société j et la culture des arts utiles, en même temps que le culte de Dieu ; et telle est la force de cette ^octrine sévère , d'autant plus naturelle à la raison de l'homme, qu'elle est plus opposée à ses jDenchans , que des^ milliers de chrétiens, dont l'esprit était aussi juste que le cœur était droit , ont souffert , pour rester fidèles à ces croyances, selon vous in-, croyables , à ces pratiques que vous taxez d'impraticables, des maux et des tourmens que le philosophe n'endurerait pas pour soutenir sa facile doctrine , et conserver ses» mœurs licencieuses. Et vous, législateurs, après que l'homme sorti de la faibles$e et de
renfance^ a atteint , à Taid^ du christia* nisme ^ la mesure de rage viril , et la plénitude de \di perfection sociale ^ virum per-* feçium in mensuram œlatis plenitudinis Christi, vous voulez le faire redescendre aux puérilités du premier âge, et remettre au lait de l'enfance des hommes accoutumés à l'aliment substantiel de la religion chrétienne. Vaine et fausse philosophie , s'écrie saint Paul, qui veut ramener. le monde aux élémens ^e soa enfance , et les faire déchoir de Iéi dignité du christianisme! Videte» nefuis vos seducat per inanem et fallacem philosophiam , secundùm elementa-miindi et non secundùm Christum. ^
» Le monde verra doua ce qu'il n'avait pas encore vu; des législateurs proposer des lois faibles à des peuples accoutumés à des lois fortes , et qui les réclame comme sa propriété : il verra des sages, moins sages que. le vulgaire , le forum plus grave que le sénat, et le théâtrepUis austère que le Portique. Car le peuple français, même dans les dasses les plus obscures , repousse avec horreur la faculté du divorce, dont son bon sens , que u'ont point altéré les doctriuea
pliilosoplîîques , lui fatit apercevoir Ifinjusfîcé et le danger.
«Législateurs, vous dît-il , poutquoi les V hommes seraient -ils aujourd'hui au-dcîi- » sous de la perfection dans les iàh ^ piii^- )r qu'ils la^connaissent mleubic que jamais ; ^t » qu'ils en ont fait si Ibng-tefnps la règle de » leur conduite? S'est-il opéré quelque chan- '5>' gement dans la^nature humaîrie? Le Frari- >> çais est-il moins écTaité , apïès un Sï&cTe y> O.e lumières, où moinà foi^É , après les joules » èe ses conquêtes ? Vous voulez nous renâi'e j> meilleurs , et vous coninierrc^ par tiôtis » permettre d'être mauvais ; vous ndustracéiiz >> des règles, et efFléssofnt moins droites c(tfe » nos yencha:ns. (^ùe vouflez-vons que not\s >> fa^sîorts îa'un appui qui ^ né saurait nôiJs '» soutenir? Vt(ù^^ nous dites àuë^ vous àVèz v^'éo'nstîté 'iioîî rnc^ùrs, ëfc Votfs tfâVéz'pi^s l> edhsèîl ^uè.^e 'tio^ paô^dHs J"''iotlâ àvèz
'i'^foît^dès'loisVou^ là Volwprë èè^^))ôirr1*a-
» constance j vous ai^ez ohscurciH^ceil qui
'^'^Boîï'écluifèrr le reste ^i/^'iô^/Zi, et faussé
'5>*ik réglé 'Çcyt^FrëiicTteîrii^oéisiblé'llB rèdifél- 'Véertient».' ' • - ^ -rr:;. ^ " ;:;•) '::i-:or>
" -'VLestédàctëurs^îa Projet Wf^^/ffi^éîàfc-
.il s > r action du temps et la marche des éi^éne' mens y et ils n'ont vu que Tac lion de rhooxme et la. marche de ses passions. L'homme dé-
^tériore > ,mai$ le: temps perfectionne, parce que le ^teinps découvre la vérité j et au lieu '^enchaîner Taction du ..tçpips,, comme ils Tojit dit , il faut aider l'action ou* temps et
. enchaîner celiède l'homme. Ils ont yu quelque* homiiies pratiquer le divorce, et ils n'ont pas vu la société qui le repousse des Dation^ mêm,e oii il est depuis long-temps en usage, et qui ^ travaillée* intérieurement de ce grincipe.de xxxotly^n^ ivovive^^ont la paix , qu'en revenant à l'oirdre qu'elles ont
.abandonné. Car y voîus ditiVotre or^icle., si le législateur, se.trompa/itdans^on ob/f(., établit un principe dijférei^pdfi celui^qui natt . de la nature des , chiQA^s^y, PEiat ne çessçra d^çtre /i^té , jus(fu\à ,çô ^qu^^il s^oit
, détruit jou changé , et ^jjuc^^,. linviriciplfi
^paure ait^ repris Jo^ ^mmj^\iS^}^M^^
' , r * -. . il J \y o Vj »-• •* »■• "•» V » ' » ç ' » . . . J / .
' : .?* Profitons J^-cettç §?gekçp.9,^;,osons pep-
.sçr cpmiîiç ,4^%,^^f|s^rai^iiables/,^^ .dipe
comme des hommes libres : que l'Etat n'a, de
. pouvoir sur la famille ^ qup .pouf ei; affeunir
aC C9I )
les liens , ^ tihn -patit te&'diSfsmidré, jet/ qilt 8i l'Etat détrtiît la Famille > la famille à son tour se vfengé etniiiie' so^^dèipeiit l'Etat; Hélas! nous ne'difeputob's pas au gouverné* ment le pqutcdr iéririble) mai^ aéôesaàii^', d'anéantir ûàd iûtiAWés, en sacrifiant à sa défense oeax (}ii^ «ïa nature 'idèéflnait à la' perpétuer, el? cfti0 tktms Won$ élerës dans iil|^ a«iïtre' cspéraîice ) toàls ôousi'ïm; di^puidns le: droit de lés 'dôi^rompTh^/'èti^f'xlétrmémt l^autoritédanste miari, la slÉrtiél<dînation dans la femme], la dépendance d^a^âl^nfâat, eteli -né nous laissant pas côhtrë ta dépra^^tiofi .publique, l'asile des vertus domestiquas'; ^t, puisqu'il faut le dir©/ ôà-p^a que trap entretenu lès peuples dûî* devoir çqufifar-dttt îde défendre leurs droits /> etf 'ôû> ^ie 'ïeixv\u jamais parlé peut-étife jdti devo^jc qtfih ont idc :réclamei: leir^' vertus^- »i: : ^.'-' '^ '
f> Législateurs y vousitaîjycfz' VriUç diyorde 'pr oduire lia 4éam^oigïe:,e^'l8L^déDûttSiitutiwi .de la famille ^précéder éelle yâh^ l'Etat. Qée -cette . expérience.) ne.r^ailirjperdiie' ni pour yotre -instruction.^4Ù pour notre bonheur, :,La fan^iUe; deiaandQ des. mQeui?s> et, l'Etat demande: des lois; renforcbi lé- pouvoir do-
hli'O» çt oauiâcrei^ Te^iièue dépendance des 0nfàn$ ,. g^ge de. la conslante obéissance xJes peuple§.:'Gacde2-vous dç. créer des pou- .Toirs,'là où k; nature- n'a mi* que des de-f VQirs ,; en décrétât. TëgaUté ciyHè de perr som^ç$, fli^tinguéés enU^ elles par des ioéi- ^alitéa d^Hiiestiques. Coq4.a^nés: à rebâtir l'édifice^ p^sque vans av^ea hérité de.ce^ix iqiû l'ont àétimt,j et maîtres d-fin cpordoMiel* .tinJtçs les parties 4 us plan régulier, a>jr .laisser iriéto de vicieux , si. ^ous ne p^ùviçk: jpas.ea batoir toute imperfection; Un)gour versement «âge dispose, tout pbur le bien;» imême'lor^qtk'dl ijcîîpeut pas. tout* faire pour ieiinîeux -, îtt ce.njdst pas un vide a combler que le divw€e*v comme dit lé Prajét, c'e^t .un chancre à' tetitpeir >• . •
« Depuis dix an» passés > iei Irammés^ «a HErence ^ fabriquent des I^s faibles où pas<^ «saigère^ coiàtee bùxrdéclairez: enfin ces lois '^ternelleis [ qèe les hoaùnesne ;/bnt pas (i) ^ .et qui font Ses cbdmmes. Ce n^ésipas sur les
(i) Bidcoàitf^iiiââàîrë» d^A -est ^àiétiatent tké ' -ce qui est souligné dans les ligaes^sumùates*
lois
lois fondamentales , principes de toutes les lois subséquentes et réglementaires^ qu'il est absurde de se Utfrer à des idées ab^^ lues de perfection \ parce que la bonté de ces lois est absolue , et qu'elles sont immédiatement ÉMANÉES de la suprême raison, de la raison unii^erselle j esseniiellemetil; parfaite. Commandez-nous d'être bons , et nous le serons. Faites oublier à l'Europe nos désordres à force de sagesse , eomme vous avez effacé notre faonte à force de succès* Vous avez fait de la France la grande nation par ses exploits ^ faites-en la bonne nation par ses mœurs et par ses lois. C'est assez de gloire , c'est trop de plaisirs^ il est temps de nous donner des vertus. Songez • que l'âge auquel la société est parvenue p ne pe'rmet plus les lois faibles et les molles complaisances qui ne conviennent qu'à son enfance : malheur et honte au gouvernement qui voudrait faire rétrograder l'homme social vers l'imperfection du premier âge j il élèverait l'édifice de la société sur le sable mouvant des passions humaines^ et il semer Tait le désordre , pour laisser aux générations suivantes des révolutions à recueillir ».