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quinze ansr; encore craignait-il de lui donneif de trop bonne heure cette connaissance ; € car qui sait, dit-il, s'il n'est pas encore trop
> tôt à dix-huit ans » ? Mais en même temps, il n'oubliait rien pour fortifier le corps de tout ce qu'il était à l'esprit, et l'enfant, même celui que les circonstances destinaient à commander à d'autres hommes par l'autorité des emplois ou par celle de l'exemplp, sut courir, sauter, nager, sut même un peu de géométrie et d'histoire naturelle, colla des plantes, cloua des papillons, classa des insectes , et ne sut rien sur la première de toutes les sciences, la science du pouvoir é^ la société et des devoirs de l'homme.
Struebat jam fortuna in dit^rsâ pÊHô terrarum initia causasque imperii ; c'est ainsi que Tacite commence le récit d'une des révolutions de l'empire romain ; et l'on pourrait dire aussi , en parlant de l'époque où ces doctrines coupables commencèrent à se répandre : «c que déjà la philosophie jetait
> dans des régions étrangères à tout ordre et )> à toute société^ les fondemens de Fépou- ^ vantable domination qu'elle a un moment » exercée sur la France n j et en effet ,
alors
ôloirs commençait en Europe cette révolu* tion dont la France a tant de peine à sortir ^ et il s'élevait ^ pour les temps qui allaient ve* ûir , une race de géàns en malice , dont Tesprit inculte ou mal qultivé était ouvert à toutes les erreurs , et dont le corps endurci était prêt à toutes les fatigues.
Nous avons parlé de l*état de nature^ et nous n'avons pas développé le sens plus étendu que les sophistes attachent à cette expression*
Cette force infinie qui entraîne Thomme et ses systèmes > les peuples et leurs institutions^ l'univers même et ses vicissitudes dans un ordre général , que les désordres particuliers ne sauraient troubler ^ ne cessait , depuis Porîgine , d'avertir l'homme qu'il n'est pas la cause de la société , et qu'il n'y est qu'un moyen , et souvent qu'un instrument. Forcé de reconnaître dans le monde une volonté supérieure à sa volonté, et une actio^x plus Forte que son action, le philosophé ancien Pavait appelée destin : la philosophie moderne l'appela nature , force occulte , aveugle , inflexible ; et comme les anciens expliquaient tout avec les arrêts immuable* du destin , les modernes répondirent à tout
C ^vUj ) aiYf^ç fef forces de la nature et les |oi$ de la naiurç. Cette naturq fut pour ei|x; à la fois la caM^ç 9 le iiioyeo , l'effet j créatripee^ créée ^ -ordoi^natrice et ordonnée ^ aatiy^ e^ wême temps q^e pa$sive ; et tel fut le prodigieux afFaib(li$s.ement des pensées humaixies^ que les uns voulurent faire entendre ces absvijpdités , f t qu/e ^'autres crurent les campre^dre•
; Lçs pl^ilpsopbes modernes étaieiM; > dans leHfs erreurs^ bien m<l|ns ei;ousables que 1?S pbi^9pbes païens. Ceux-ci , placée pl^^ près i||9 Tq^lgine des çlxoses , n^avaient ni u^i aases; gr^is^d^ombvçrf'^lî^ervations, ni dçs inoyens asaçif »<4rs de lç$f rçc^ieilUr;! pç^r se former une icjé^ distincte de l'ordre auquel les sociétés obéissent même dans leurs ré? oli^tiop^^ ainsi -que les astres dans les leurs.; au liçu que les f^es moderAes X venus ^ la fin d^^ teqips^ et ïipbes de toutes les observations cju^ This* toire nous a transmises, et que Part d^ Tim,-' pr^n^érie ^ous a consarvée$>.pouvai^j en comp^raB^ Iç^ temps anciens et le$ temp^ luodercies , les sociétés païennes et les sociétés chrétiennes , la faiblesse , llgnqrance , les ^ices des unes , la force , les lumières , les veri^$ djçs autres ^^ jHger des pçincipeç par -le^
résultats^ et en conclure t|u*il y à, âàhi les sociétés chrétiennes^ un principe toujours agissant -de perfection et de force , antre que cette nature^ aveugle et sans intelligence^ dont on ne pouvait expliquer l'action santf tomber dans de pitoyables contradictions.
Cependant J. J. Rousseau, qui, des opinions religieuses de son enfance, avait retenu la croyance d*un Dieu et quelque idée de révélation divine , cherchait à concilier Tune et l'autre avec le système de la nature alors en vogué, et surtout avec la haine db toute autorité visible , dont il avait puisé le prin-> qipe dans les dogmes de la réforme^ Iladinit Dieu Qooime cause, mais il rejeta- Tinter-vention et le ministère de tout être humain^ et il dit : <k Ce que ]Qieu veut que l*hok&me » fasses il ne le lui fait pas dire par un autre V homme, il le lui dit lui-^mème, et l^écrit aa }» fond de son cœur »• M|iis il ne faisait qua recaler U difficulté ; car si l'homme est né-^ ^essUék lire ces lojs , à les. entendre et à les suivre , il n'y a plus de libre arbitre daAg Fbomme , plus de bien > pltis de mal , plus de Juste, plus d'inJ!U»te, plus de lois, phis^ de SiQciété^. et rk<»iU3!ie est la pierre qui gi*«rite