XXXIX
science de Thomme , substituée à la liaule et intellectuelle métaphysique 4^ Platon , de ^int Augustin , de Descartes , de Maiebranche , de Fënélon , 4^ Lçibnitz , a fait j[x3utes nos idées avec nos sensations , et oy^ ]es sciences physiques ont été presqu'exclusivement cultivées , la poésie a pris le même caractère ^ elle a réussi k peindre les sens^ et la matière; et le genr,e b^din , VQ^up-» lueux et même obscène , ou géorgique et descriptif. Ta emporté sur le genre Jyriqu^ .et dramatique , et sous ce rapport , Voltaire dans son fameux poëme , Bernard , Dorât, Rouche/, Saint-Lambert et Delille , sont fils de leur siècle , comn;ie Corneille , j[es deux Bacine , Jean-Baptiste Rousseau Tétaient du leur.
C'est à ce p^ême principe qu'il faut rapporter la t^ndaijce sensible dans les ouvrages^ d'esprit deûolrc temps à descendre.de Tiaiitation de la nature noble et publique , à Timitation de la jpatura domestique et familière» ]La tragédie .héroïque, la haute comédie , le ;grand opéra , commencèrent en France sous Louis XIV; le draoïe, sprte de tragédie bourgeoise > les vaudevilles ^ les opéras bouf*
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fons, sont dès inventions de notre temps, et déjà nous avons vu la comédie attaquant non plus les ridicules , ou les vices, mais les personnes même , revenir à la licence satyrique des pièces d'Aristophane. Dans les arts d'ima^ gination, le même caractère s'est fait remarquer : rarchitecture du siècle de Louis XIV s'occupait davantage de la décoration extê" rieure , celle de notre siècle des distributions intérieures et domestiques ; la nature agreste et brute des jardins anglais a remplacé la magnifique symétrie des dessins de Le Notre; l'école de le Brun peignait l'homme public occupé d'actions religieuses ou politiques j Pécole moderne peint l'homme domestique, même en état sauvage ou de nudité , et en tout une extrême facilité de mœurs, si dangereuse chez un peuple avancé, a chassé la contrainte austère et gênaûte des mœurs de nos pèreSé C'est surtout dans les romans , expression nécessaire des temps auxquels ils sont écrits, qu'on remarquera difiFérence des deux époques. Dans un temps, c'étaient de grands personnages et de beaux sentimensj dans un autre, ce sont des personnages obscurs et de petites passions ^ les uns ne
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parlent que de tendresse à immoler au devoir ; les autres que de plaisirs à préférer à tout j ceux-là racontent des entreprises , des aventures ; ceux - ci des intrigues y et même lorsqu'ils ne parlent que d'amour, dans les premiers , c'est le cœur d'une dame à obtenir; dans les derniers, c'est, tout à découvert, une femme à séduire; et Clarisse ne passe, avec raison, pour le meilleur roman de notre temps , que parce qu'il est l'expression fidèle de nos mœurs; car un livre suffît pour peindre un *
De ces opinions qui font de l'homme un végétal pour la vie, un animal pour les fonctions , suivait-, comme une conséquence inévitable , la doctrine célèbre de rinfluence des climats sur nos habitudes et sur nos devoirs. O n voulut tout expliquer dans l'homme et dans la société avec cette influence des climats , combattue même par des philosophes modernes, entr'autres par D. Hume, et dénaentie par la raison et par l'histoire (i),
(i) Les anciens rhëteurs avaient fait les loci com^ munes de l'éloquence 5 on devrait, pour l'usage de»
Ob itVut âiic))ii égard à l'iqfiuence biçn au^ trement puissante y et la seule décisive y des iastirutioos politiques et religieuses qui mo« difient l'honame, et peuvent changer jusqaà Ba constitution physique ; et Ton ne vit pas qu^ les connaissances qui suivent la civili-* sation nées en Orient avec la religion et ay^c riiomme lui- même ^ s'étaient répandues de proche en proche, par les Juifs dans l'ancien monde ^ par les chrétiens dans le moderne^ et toujours par le peuple de Dieu, et que les grandes conquêtes qui. précèdent la civilisation , ont indifféremment ravagé le nord et le midi, partout ou des peuples amollis ont' offert une proie facile à des nations simples et pauvres.
Ce sont d'autres pensées que la religion
;)eiiiie8 philosophes ^ fuiie les lieux communs de la philosophie. L'influeDce des climats , la prodigieuse antiquité du monde , Tëtat de pure nature , la balance des pouvoirs, les bienfaits du commerce , etc. etc. , et puis les croisades , l'expulsion des Maures d'Espagne , 1er entreprises des papes, et tant d'autres dont on ferait un gros livre qui servirait merveilleusement A en Iwe de petits.
( îliij ) Inspire à rbomme^ nn autre carâciefe^u'eUe -dpniie à la sociét^é* La religion met l'ordre dans l'esprit de Vhomme, en lui enseignant une cause universelle aux effets universels DU à Tunivers ; cette cause essentiellement parfaite , puisqu'elle est souverainement puissante 9 l'homme originellement imparfait; et elle ne nous dit rien qu'une raison éclairée n'avoue de Dieu, et qu'une expérience funeste et journalière ne nous ap- {>renne de l'homme.
Si Dieu est bon> si l'homme , est enclin au mal, (car Dieu lui-même ne pouvait piis faire l'ouvrage au^i parfait que rouvrier)> c*est une nécessité que DiQU ait donné à l'homme des moyens de se préserver de l'effet de sa malice, et j'aperçois le motif des /ois et la raison de la société* Mais quand ma raison saisit avec évidence le pourquoi des lois que Dieu, a données aux hommes , înon imagination, qui s'égare, vent pénétrer le comment de cette transmission , et elle cherche des images où il ne faut que des idées* Ces lois divines sont des lois fon<» damentales, primitives, dont toutes les lois humaines et subséquentes doivent être des
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conséquences plus ou moins immédiates > mais toujours naturelles; et le législateur humain doit déclarer ou promulguer les loîs^ et non en inventer. Cette législation divine et naturelle, hors de laquelle il n'y a que malheur pour Thorarae, et désordre pour la société, ne se développe jamais mieux que là où les hommes se livrant à la marche du temps et à l'inspiration insensible de la na»^ 4ure> ne la. troublent point par leur opération précipitée; et c'est ce qui faisait que la nation chrétienne , qui n*avait presqu'aucune loi politique écrite et aucun législateui: connu ^ était la plus. forte, la plus spirituelle , la meilleure , enfin , et la mieux constituée de TEûrope. •
Là religion met Tordre dans la société , parce qu'elle donne aux hommes la raison du pouvoir et des devoirs. Le chef de la société qui connaît la source de son pouvoir , Pexerce avec confiance et par con* séquent avec force , et comme Dieu dont il procède , il ne connaît de bonté que la justice j et le sujet, cèiftaih du motif de «es devoirs , obéit sans murmure et même avec joie j mais cette religion qu'oa accuse de fa-
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vbriser la tyrannie , et qtii est le principe de toute véritable liberté, met de& bornes au pouvoir en en mettant au devoir. Elle apprend aux chefs qu'ils ne peuvent pas tout ^ parce que les sujets ne leur doivent pas tout j et en raêrne temps quelle ordonne Tobéissancepassit^e , que la société politique exige également de tous ses agens, surtout militaires , elle commande la résistance passive tl par conséquent insurmontable , toutes les fois que le pouvoir humain est en contradiction évidente avec le pouvoir divin , parce qu'alors il n'est plus pouvoir, mais passion oti impuissance , impoieniia ; au lieu que la philosophie , qui ne permet qu'une obéissance Jibre et éclairée , fait un devoir de la résis-, tance active ou de l'insurrection.
Aussi la religion qui place Dieu à la tête de la société, donne à l'homme une très- Jiaute idée de la dignité humaine, et un profond sentiment d'indépendance des hommes ; ^t la. philosophie qui va cherchant partout des hommes qui s'élèvent au-dessus des autres pour leur donner des. lois, rampe toujours aux pieds de quelque idole , en Asie, aux , pieds de Mahomet j en Europe , aux
pieds^de Ltitber, de J. J. Rousseau , de Vol** taire , et rejetant le Dieu de TUniters, s© fait des diea% de tou& lés hommes en qui elle reconnaît des talens et i'etroufe ses opinions.
C'est parce que la religion renferme es-* sentiellement les principes de tout ordre, que lorsque des hommes nés avec de grands talens pour le gouvernement que la religiod ne donne pas, ont été animés de son esprit ou accoutumés à ses pratiques , ils ont ad-^ ministre les Etats avec force et sagesse; té* moins Suger, Xinienès^ Sixte V, Richelieu , et mênle Ion peut remarquer que les plus forts ont été ceux qui avaient puisé dans les institutions monastiques Phabitude d'und règle austère et d'une obéissance ponctuelle.
Je sais que la philosophi'e oppose à ces grands noms un roi philosophe de ces dér** niers temps : je ne conteste pas ses taleds militaires et Péclat qu'il a répandu sur son règne ; mais le peuple qu'il a formé n'a pas ^encore passé par l'épreuve du temps et du malheur; c'est aux événemens à nous apprendre si la force d'un État est dans ses i^rmées ou d^ns ses principes ^ et si j à talerift
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égaux dans le chef ^ il y aurait autant de force conservatrice et défensive dans cette monarchie , que dans quelques autres Etats de l'Europe.
Tout, dans le système de la religion chré* tienne, est naturel à la pensée de Thomme, parce que tout y est semblable à son action* Si l'homme voit dans TUniv^rs une eaiise suprême ou pouvoir universel qui a voulu tout ce qui existe, un ministre , moyen oti médiateur universel par qui tout a été fait , et des effets universels sujets à cette grande action que Pon appelle P Uniuers; s'il aperçoit des lois générales , et un ordre universel f général , immuable de peines et de récompenses, il se voit lui-même cause de beaucoup d^effets , et pouvoir ( domestique ou public ;) agissant par ses ministres , sur et pour ses sujets , il voit un ordre particulier des lois , des peines, des récompenses, etc. Si sa raison lui dit que Dieu est bon, sa conscience lui dit qull peut Ife devçnir, et il en trouve le moyen, pour sa volonté, dans les leçons que la religion lui donne, pour son action , dans les exemples qu'elle met sous ses yeux; car, lorsque de grands devoirs lui commandent
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les plus grands sacrifices , et même celui de la vie , écoute , lui dit la philosophie ^ r^* garde, lui dit la religion.
C'est parce que la religion chrétienne est conforme à Tordre des rapports naturels entre les êtres, et, par conséquent, aussi na* turelle à notre raison qu'elle est opposée à nos penchans , qu'elle s'établit avec facilité chez les peuples dont elle commence l'éducation , et qui , encoire dans leur ignorance pative , n'opposent pas à sa doctrine un esprit préoccupé par l'erreur. Ces peuples entrent naturellement dans la route de la civilisation qu'elle leur ouvre, et leur bon sens leur fait trouver entre l'ordre invisible dont on leur parlef, et l'ordre visible dont ils sont les^gens, cette parfaite analogie (i) qui est le sceau des ouvrages d'une intelligence infinie , agissant par une puissance infinie , là règle la plus certaine de pos jugemens, et le principe le plus fixe de nos actions ; en sorte qu'on peut dire, avec une entière vérité.
(i) Condillac en veut beaucoup , et l'on ne sait pourquoi 9 aux preuves qui se déduisent- de l'analogie.
qu'il
HûHl n'y a iien de plu» sui*ns^turel à Pfaoïnme et de plus naturel^ totit ensemble, que la' Religion.
Au contraire , la philosophie moderne , qui suppose tant d'efiets sans cause, et de du jets sans pouvoir, ou même en Dieu une Tolonté sans action, l'homme naturellemétif bon, et cependant se donnant des lois pour le devenir , la femme égale au mari , Ten* faut au père, le sujet au pouvoir, bouleverse Tordre dans nos pensives comme daris" nos actions, dérègle Phomme, trouble la société, et fait des hommes sans raison, même' avec beaucoup d^csprît , comme elle fait de/ Sociétés sans stabilité , même avec beaucoup de forces extérieures.
Ainsi , toutes les doctrines relatives à Iftr société, se partagent en deux opinions dia*métralement opposées.
La religion chrétienne nôtls enseigne que rhomnae naît enclin au mal , et qu'il trouve , dans la société , la loi qui ^edressç ses pejqi--
ehans.
La philosophie moderne nous enseigne 4( que Thomme est né bon , et que la société 3> le dépravé^v. •
L'une > qui juge nos penchans àété^éei nous donne des lois qui les combattent.
L'autre^ qui juge nos inclinations bonnes^ nous donne des lois qui les favorisent. . L'une ^ qui croit l'homme originellement déréglé , prend hors de l'homme la règle de Sjes penchans^ et, par conséquent , le motif de ses devoirs et le prix de ses vertus. . L'autre, qui croitThomme originellement bon, ne sort pas de Thomme pour trouver la règle de ses devoirs , qu'elle place dans ses sensations (i^ ; et, par conséquent, elle fait de la vertu un bien-être physique , et du vi<?e un malaise , une douleur , et elle n'a ni consolation à offrir au juste qiji souffre^ ni frein à opposer au méchant dans Ja prospecté-(a).
. (j) Cette doctrine des, sensations n'est pas de ce siècle , et dëjà Jiirieii Savait dit ^.Sjst, p, 453 : « Qu'on » sent la vërité dans les livres divins , comme yon sent » la lumière 'quand on la voit , la chÉdenr quand on «est auprès du feu, le doux et l'amer qusaid' on » mange !»•
(2) Th. BoI>be$:a juge l'homme . oïigînélleipeot mauvais , et il a cherché dans les passions ^4es hommes
Mais la religion triomphera, <r parce que 5» Tordre i comme dit Malebranche, est Ta
le motif de la sociëtë ; mais il s'est égare y lorsqu'il a cru trouver le remède au mal dans le mal même , la raison des lois dans la violence , et par conséquent le juste ou l'injuste dans la permission ou la défense faite par les hommes. C'est ce qui fait dire à Leibnitz : « n y a dans Hobbes , et en abondance , des » vérités d'une grande profondeur , mêlées à des err rcurs de la plus dangereuse conséquence ».
Luther a fait l'homme mauvais , mais si mauvais ^ qu'il n'a pas même la faculté de devenir bon , et qu'il est bon de la seule bonté* de Dieu , et sans aucune action de sa part. Mais s'il n'a pas la force d'acquérir y il n'a pas laXeit^e de perdre ,. elle dogme .àe.\a, justice impi^taUvfi a néçe^it^ a^iû (]e U justice . ù^nUssiUe. En sorte que les uns^ veulent que l'homme naisse bon , et les autres qu'une fois bon , il ne puisse devenir mauvais. Jç remarque avec plaisir , que le famei^x M. Kant , d^nt la philosophie fait tant de "brliit en Allemagne , se fapproche des dogmes du christianisme y et quHL reCMimalt a une sujétion de la yi loi morale au pxinçi|te de Pamonr^pïppre ,. qi|i est » l'antique péché de l'Jbomme duquel dérive la totalité » de ses mauvaises^ actions subséquentes . t . .j. • , mal n qui doit être exprimer sous le nom àe faute origl^ » nèlle yt,, TSTô ti ce littéral rV sur ISI, Emmanuel Kant, tircc dû Spectateur du BTordi ' - , ^
> loi inviolable des esprits ^ ^ et que les êtres ; dans Tordre intellectuel comme dans l'ordre
sensible^ tôt ou tard obéissent à leurs lois.
Déjà nous voyons, en Europe, tous les hommes de lettres justement célèbres par leur esprit et leurs connaissances, avouer ou défendre la nécessité de la religion chrétienne j^ et marquer leurs ouvrages dusceau de son ini* mortalité ; car, que les écrivains y prennent garde : tous les ouvrages où les principes de Tordre seront niés ou combattus , disparaîtront de la mémoire deé hommes, quelque bruit qu'ils aient pu faire parmi les contemporains , et il ;n*y aura que ceux où ils seront défend i^s on respectés , qui passent avec gloire à la î>ostérité , et quelquefois méritent Thonneur , le plus grand de tous, d'être comptés. parmi les livres classiques qui servent à former Thomme pour la société ; car c'est une beflle remarque du Quiniiliei^ de notre siècle , que^ de tous les ouvrages de notre littérature > les plus distingués par un grand caractère d'invention et de style sont , dans tous les genres, ceux que. la religion a marqués de son empreinte y parce que la parole étant
Texprassioa et Timage de la peniée ^ la plus graade vérité dan^ les idées produit natu<rellen^ect la pju^ hmte perfection dans le discours.
Je finirai par dire un mot du sujet particulier de cet oiivra^ , et sans doute qu'oa xie trouicr^ra pas que je m'ea spis écarté dans iCe discours préliminaire ; car )*ai dû prouver que U religion est conforme à la raison , puisqu'en discutant la loi du divorce , j'établis qjji'il n'est contraire à la religion , que parce qu'il est opposé à la raison.
Dans le cours de ce petit écrit » j ai rai« isonaé dans la ^qipposition que la démocratie, qui peut <U3nv^nir à une nuinicipalité uni existe èpu^s la protection d'un grand £tat > à Pontoise comme au canton de Zùg, pp peut subsister daps une grande société. Cette vérité n'est plus con^battue , même par l'orgueil y et ne Fest tout au plus que par rintérét» Je dis la démocratie ^ et je n'ai pas bespia d'expliquer cette expression. Car le mot République dont j'ai souvent fait usage^ n€t désigne par lui-même aucune forme, par tjicuUère de gouver4&Q>ent > ^ Il est syxjojpjme ^'.état public et de société
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politique. C'est dans ce sens général que Ic9 bons auteurs' du siècle dernier l'ont employé , M. ÏBossuet en mille endroit» , et la Fontaine, lorsqull dit:
« Dans les emploie de Blar? , ^ervapt la République ».
J. J; Rousseau lui-même, dans le CoU" /nz/*5o^/tf/, applique, et à dessein, cette dénomination , indifféremment à toutes les formes de gouvertiemént.
Fortement persuadé que le divorce , décrété en France , ferait son malheur et celui de TEurope , parce que la France a reçu de mille circonstances natives ou acquises, le pouvoir de gouverner rEurôpe par^a force et par ses lumières , et par Conséquent le devoir de l'édifier par ses'^xemples ; et certain que le divorce nous est verni de là même inspiration étrangère qui , à la même époque , dicta à la France ' tant d^autres lois désastreuses , j'ai dû en cortibattre le projet par tons tes mbyeiw tiréà dé la société domestique ou publique, qne rne fournissait ma cause , et exposer toutes les vérités qui jjou^ vâient la faire triompher. Là vérité ^st tba- ^ours utileà la soQiélé, quoi qu'aîeni pu dire
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àeé sojphistçs qui voieat la vérité dans leur§ imaginations / puisque la société ne périt jamais que faute de la connaître.; car la vérité f trahie quelquefois par Thomme qui la cpnqaît le. piiçux , n*est jamais persecutée dans la so^cfété , que parce que de grandes erreurs put prévalu ^ et c'est ce qu^ fait que le crime de la retenir captive est aussi grand pçift-êtrç que celui de la persécuter. Mw . la vérité , qui n'est que. la connaissance des rapports naturels entre les êtres , est vraie généralement , et indépendamment des temps , des hommes et des circonstances ; et la raison » qui ne peut se proposer que d'être utile à la société en faisant connaître aux hommes la vérité ^ se tient, le plus qu'elle peut, dans les hauteurs ûe^ généralités Cfixi ne sont cependant pas de pures abstractions; car elle ne pourrait ejpi descendre sans entrer dans la moyenne ré^ gion des considérations particulières où let passions des homçnes forment les nuages qui l'obscurcissent et les foudres qui Técrasent,
J'espère donc qu'on retrouvera dans ce pe« tit écrit. Sur un sujet important^ un ardent amour pour la vérité, )oint à Tatteiptioit
qu'elle-même commande dé ne pas IqÎ susciter des obstacles pour âiicùn nlûtif petsonnet d'intérêt ou de vanité. Ceux <][ùi sonf^ frent par là société, hé doivent sonffriif que pour elle ; maîtréssie jalouse , elle nef tient aucun Compte a Ses amis des pèiiiesf les plus extrêmes qu'ils n'endurent qtie pour eux-mêmes, et de^ travajix mêihe les plus^ glorieux dont elle n'est pas Tunique objet : et la raison étle-mêdie condamne ces hommeâ^ dont parle Tacite, qui pleriqùe per abrupta , sed in nulîum reipublicce usum , amhiiio^ct morte inclaruenûit'^^
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