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De la Séparation et du Divorce.
Si l'union des époux est un lien naturel, leur séparation peut devenir un malheur néceéssaire.
La séparation (qu’on appelle à mensé et a thoro) de corps et de biens, sans dissolution du lien, remédie à tous les désordres de la désunion des cœurs : la raison s’en contente,
mais lies passions vont plus loin, et elles demandent la dissolution du mariage et la faculté de pouvoir former de nouveaux nœuds : c’est ce qu’on appelle le divorce. |
Le premier soin des législateurs est de prescrire, de faciliter l’exécution des lois; et le premier soin des législateurs qui portent la loi du divorce, est d'en défendre, en quelque sorte, et s'ils pouvoient, d'en rendre impossible l'exécution.
Les partisans du divorce diront-ils que c’est un déréglement opposé à un déréglement
plus grand? Quel plus grand déréglement, dans !
la société, que la dissolution même de la so- |!
ciété ?
Diront-ils que le divorce est un remède plutôt qu’une loi? C’est le mariage qui est un remède contre l’inconstance de nos désirs; et le divorce qui rompt le mariage, détruit le remède, rend l’homme à son inconstance, et est par conséquent un mal.
Mais avant de discuter les raisonnemens que l’on fait pour la faculté du divorce, et les faits que l’on allègue en sa faveur, il faut examiner les deux opinions entre lesquelles se partagent ses partisans.