‹ Du divorceChapitre 4 sur 41 · PRE" || PORTER · texte numérisé non relu

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désordte des idées que la religion n’ordonne pas, il faisoit des opéras et des romans, et de tous les romans, celui qui a le plus égaré imagination des femmes et corrompu leur cœur. Quoi qu’il en soit, à force d'entendre parler de lallaitement comme d’un devoir, les femmes en firent une mode favorable à la beauté, comme elle l’avoit été aux déclamations du sophiste; et des mères amoilies ou passionnées, qui, en sacrifiant à la mode, ne vouloient rien prendre sur leurs plaisirs, pas même sur leurs désordres ; transmirent à leurs enfans, avec leur lait, leur épuisement ou l’âcreté de leur sang, et leur préparèrent une mort prématurée ou une vie languissante.

Des races utiles et respectées en furent éteintes ou affoiblies. Beaucoup de mères périrent victimes de leur goût pour la nouveauté, bien plus que de leurs devoirs, et plus d'une femme, forcée de renfermer sa douleur, empoisonna son fils, parce qu'elle avoit perdu son amant. | |

L'inconvénient de cette confusion d'idées et de devoirs est sensible. On ne doit à l'être physique qu’en considération de l'être moral; et le devoir de l'allaitement peut être suppléé

pour l’homme, même par l’animal. Mais les devoirs envers l'être moral} , ces devoirs dont Ja philosophie peut bien parler dans ses dé-

clamations fastueuses, mais dont la religion

seule inspire la volonté et donne le courage, sont des devoirs absolus, indépendans des temps, des hommes et des licux, et des de-

voirs dont rien ne dispense. Or, la philosophie

affoiblissoit tous les jours le respect pour la religion; et les femmes qu’elle infatucit de sa doctrine, fières de remplir le devoir facile de donner leur sein à un enfant bien atourné, étoient bien éloignées de se dévouer au devoir

obseur et pénible de sacrifier leur temps à son instruction, et leurs goûts au bon exemple

qu'elles lui devoient.

Les pères et lesmères, considérés par la philosophie comme des mâles et des femelles, ne considérèérent leurs enfans quecomme leurs petits. Des affections que la raison ne dirigea

plus, et une éducation domestique, molle ét sans dignité, prirent la place de ces relations :

d'autorité et de soumission, entre les énfans et leurs parens, dont la génération qui finit a vu, dans son jeune âge, les dernières traces. Des enfans qui avoient dans l'esprit des idées

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d'égalité avec leurs parens , et dans le cœur des sentimens d'insubordination à leurs volontés, se permirent, en leur parlant, le tutoiement, qui, dans notre langue, adressé à l’homme, exprime la familiarité ou le mépris; et les parens qui avoient la conscience de leur {oiblesse, n’osant pas ètre les maîtres, aspirèrent à être les amis, les confidens, trop souvent les complices de leurs enfans. Il y eut en France des pères, des mères, des enfans; mais 1l n’y eut plus de pouvoir dans la famille, plus de ministre, plus de sujets, plus de société domestique, et la société politique en fut ébranlée jusque dans ses fondemens.

Tout devint foible dans les affections humaines, et surtout la douleur. Des hommes qui ne se voyoient que par les sens, crurent tout perdu quand ils cessèrent de se voir. La douleur fut immodérée, et par conséquent fastueuse et peu durable : plus d’un veuvage commença par des résolutions de suicide, qui finit, et même trop tôt, par de secondes noces. Je ne sais quelle douleur païenne, s’attachant à de vains restes d’une personne chérie, remplaca chez des chrétiens ces douleurs “profondes, mais pleines d’une consolation

d'immortalité, que la religion entretient, même par ses pratiques. On joua, pour ainsi dire, avec la mort; on la porta en collier et en bracelets ; elle fit parure, elle fut meuble (1) : et quelquefois un époux, dans ses hypocrites douleurs, fit embaumer le cœur qu'il avoit profondément blessé.

Ce matérialisme universel, cette disposition à voir tout dans l’homme et dans la société, sous le rapport des sens, passoit de la société HeasqRe dans la société publique, et y faisoit les mêmes ravages.

Si l’homme ne vivoit que d'une existence physique, on lui ôtoit tout, absolument tout, en l’en privant; la mort physique étoit un malheur sans compensation, et loin d’être le remède à aucun mal, elle étoit elle-même le plus grand des maux. La justice humaine n’avoit donc pas ie droit de condamner à mort, même l'assassin et le parricide, ni de réparer un mal par un mal aussi grand; et la philo-

rs Nous avons vu Dropcher de faire des ustensiles de verre ou de porcelaine de la cendre de ses piarens; et une ordonnance de police a permis, il y a peu d’années, à une mèré de faire brûler le corps de sa fille, et de recueillir ses cendres, à la manière des païens.

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sophie proposa partout, et effectua dans quelques États, l'abolition de la peine de mort, premier moyen de conservation de la société.

Non-seulement l'autorité publique ne pouvoit pas infliger la peine de mort aux citoyens, mais elle devoit avant tout embellir leur vie : et l’on vit les gouvernemens, comme transportés par une manie soudaine de philanthropie, car c’est le mot consacré, ne rêver qu’argent pour eux, et commerce pour leurs sujets; mettre la vertu dans le goût des arts, la force dans la population , la richesse dans le numéraire, le bonheur dans les plaisirs ; né gliger l'instruction publique, et surtout celle de l’exemple; détruire des établissemens religieux pour établir des fabriques et des théätres, et croire remplir tous leurs devoirs envers leurs peuples, en leur donnant du pain et des spectacles. Le |

Le goût des jouissances purement domestiques l’emportoit sur l'honneur d'exercer des fonctions publiques. Grâces à ces doctrines abjectes, les magistrats civils et militaires, des ministres de la religion et de l’État, les chefs eux-mêmes, se croyoient des abus, dont ils attendoient, dont ils provoquoient la réforma-

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