‹ Du divorceChapitre 7 sur 41 · LEE · texte numérisé non relu

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hoxson'ac commencement du seizième siècle, la question de la dissolubilité ou de l’indissolubilité du lien conjugal s’éleva en Europe, les chefs de la réformation et leurs adversaires, tous rigides théologiens, la considérèrent comme une question religieuse, ou du moins comme décidée par la religion; et ils trouvé-

Be rent, les uns et ke autres, dans le même | PES et presque dans les mêmes passages, ceux-ci la tolérance et la dissolution du lien-conjugal; ceux-là, la loi formelle de son indissolubilité. g

Ce fut dans le monde chrétien une véritable guerre civile, qui ne tarda pas à en produire de plus sanglantes dans le monde politique; et toujours l’on vit ceux qui s’élevérent contre ladoctrinereçueen Europe, faire profession de leur respect pour le dogme, en attaquant la discipline, à peu près comme ces factions politiques qui combattent pour s'emparer exclusivement de l'administration, en protestant toutes de leur fidélité à la constitution. u

Autres temps, autre esprit. Les rédacteurs du projet de Code civil (1), après nous avoir appris « qu’on ignoroit jusqu'ici ce qu'est le » mariage en soi, et sus ce n’est que dans ces

di ) Quoique ce projet de Le n'ait pas été nn. -et qu’ on lui en ait substitué un autre. depuis la publication de la première édition de cet ouvrage, comme les mêmes principes sur le mariage ont présidé à la nouvelle rédaction , on n’a pas cru devoir rien RE ce qui est dit} AL {DE | LA SE MÉTRO)

» derniers temps qu'on a eu des idées précices » sur le mariage...., se sont convaincus que » le mariage qui existoit avant l’établissement » du christianisme, quia précédé toute loi po- » sitive,-et qui dérive de la constitution même » de notre être, n’est ni un acte civil ni un » acte religieux, mais un acte naturel, qui a » fixé l'attention du lésislateur, et que la re- » ligion à sanctifié. » Discours préliminaire du Projet de Code civil.

Iiest d'autant plusutile de discuter les principes avancés dans le passage qu’on vient de lire, qu'ils ont servi de base à tous les projets de loi sur la faculté du divorce, depuis le premier où elle a été proposée, jusqu’à celui qui a reçu. la sanction du législateur.

Comment a-t-on pu soutenir en France, après quinze siècles de profession publique de christianisme, c’est-à-dire, de ce qu’il y a de plus parfait dans la discipline des mœurs et les principes des lois, en présence de tout ce qu'il ya eu, chez les nations lés plus éclairées, d'hommes versés dans la science de la législation civile et religieuse, « qu’on a ignoré jus- » qu'ici ce qu'est en soi le mariage, » cet élément de toute: société, ce contrat véritable-

ment social, acte de fondation de la famille, dont les lois sont le fondement de toute lépis: lation politique? Comment a-t-on pu avancer «que ce n’est que dans ces derniers temps » qu’on a eu des notions précises sur le ma- » riage? » Et de quelle époque datent ces derniers temps? Est-ce des temps de Luther, qui a permis la dissolution du mariage, ou des temps de la philosophie moderne, qui, non contentede permettre la dissolution la plus facile du lien conjugal, a justifié le concubinage et étendu son indulgence jusque sur l’adultère ? Etn'est-ce pas préjuger déjà en faveur de l’utilité du divorce, que d'avancer dans le préambule de la loi qui l’autorise, qu'on n’a connu que dans Ces derniers temps ce que c’est que le mariage?

«Le mariage, qui existoit avant l'établisse- » ment du christianisme, qui a précédé toute » loi positive, et qui dérive de Ja constitution » même de notreëêtre, n’est ni un acte civil, ni » un acte religieux, mais un acte naturel qui » à fixé l’attention du législateur et que la re- » ligion a sanctifié. » Lemariage existoitavant le christianisme, et a précédé toute loi positive; mais a-t-1l précédé les rapports naturels entre

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cn (OT les êtres sociables, dont la religion chrétienne offre le développement le plus parfait, et dont toutes les lois religieuses ou civiles ne sont que l'expression et la manifestation ?

La phrase qu'on vient de lire fait illusion à l'esprit, et les divers sens qu’elle semble présenter s’évanouissent lorsqu'on cherche à les approfondir. ah 4

Le mariage est civil sous le rapport des intérêts, il est religieux sous le rapport des ames ; il est animal où physique sous le rapport des corps ; et comme la famille n’a pu, dans aucun temps, subsister sans propriétés, et que l’homme est toujoursentrédans lemariage avec toutes ses facultés morales et physiques, 1f est vrai de dire que le mariage, en soi et au fond , a toujours été un acte civil, religieux et physique à la fois. 11 n’étoit pas civil dans les premiers temps, dans ce sens que les intérêts de la famille fussent défendus par la force publique et réglés par les lois publiques, qui constituent ce que nous appelons l’état civil ; mais ils étoient défendus par le pouvoir domestique, élément du pouvoir public, et réglés par les mœurs ou lois domestiques, germes des lois publiques, comme la société domes-

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