‹ Du dolChapitre 4 sur 89 · PR COTE · texte numérisé non relu

PR COTE

gands (1). Nous y comprendrons tous les stratagèmes dont usera le général pour tromper un adversaire sur ses forces, sur ses projets, les ruses de guerre par lesquelles il l’entraînera dans une embuscade.

On peut citer comme exemple fameux de ces habiletés chantées par les poètes, le cheval de bois au moyen duquel Ulysse triompha de la longue résistance de Troie.

Contre des brigands ou des pirates tous les moyens de lutte sont licites; la nécessité de la défense personnelle autorise même l'emploi de la violence, à plus forte raison la ruse est-elle légitime, car il n’est plus question de rapports de droits.

Les actes dont nous avons parlé jusqu'ici n’ont rien de juridique, mais des exemples de do bon: nous sont fournis par les jurisconsultes. Les détours que l’on emploie pour échapper à la raideur de la législation romaine peuvent rentrer dans cette classe, si le but que l’on poursuit est conforme à l’équité. Paul (2) nous en fournit la preuve. Un gérant d’affaires achète de bonne foi un bien qui appartient à un absent dont il administre la fortune; s’il reste dans son ignorance jusqu’à ce que l’usucapion soit accomplie, 1l n’a rien à se reprocher et il n’a rien à craindre. Supposons au contraire qu’il apprenne avant l'expiration des délais que l’absent est propriétaire du bien acheté, il ne pourra pas agir contre son vendeur à moins que celui-ci n’ait été de mauvaise foi, mais il devra faire en sorte qu’un tiers revendique au nom de l’absent; après l’éviction , il recourra en garantie. Cette habileté est non-seulement licite mais elle est imposée

(1) Même texte.

(2) Fr, 19, p. 3, De neg. gestis, 3, 5.

Page 1