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Tandis que les contrats de droit strict engendraient

des obligations unilatérales, sanctionnées par une seule action, accordée au stipulant, les contrats de bonne foi produisaient des obligations réciproques; ils se caractérisaient par leur nature synallagmatique. Ces negotia fai-

saient naître une action au profit de chacune des personnes qui avait figuré au contrat, dès l'instant de sa formation comme dans la vente ou la société, après coup comme dans le dépôt ou la tutelle : c’est ce que Cicéron avait exprimé en les qualifiant de Judicia contraria U). Ces créances corrélatives étaient unies entre elles par une intime connexité , elles avaient, en effet, leur source dans la même cause. Aussi voyons-nous les jurisconsultes donner au juge de l’action de bonne foi, saisi de la question par la demande d’une des parties, le droit de tenir compte de ce dont le défendeur pouvait être créancier en vertu du même »egotium, à l’égard du demandeur : /n quo.et illud continetur, ut habita ratione ejus quod invicem actorem ex eadem causa præstare oportet, in reli-

quum eum quo aclum est condemnare debeat ®). Les mots

ex fide bona, ut inter bonos bene agier, quid æquius melius, que le magistrat insérait dans la formule, où il donnait à l’arbiter le pouvoir de prononcer sur le liüge, autorisaient cette interprétation large. Le juge devait non-seulement prendre en considération les obligations principales qui naissent de tout contrat, dans la vente, par exemple, la créance du prix et la créance de la chose, mais les prestations supplémentaires exigées par l'usage ou l'équité. Parmi ces dernières se trouvait au premier rang l'obligation d’être de bonne foi.

La promesse de s'abstenir de tout dol, si fréquente dans les contrats de droit strict, était également pratiquée dans les contrats de bonne foi, en souvenir de l’époque éloignée où ils concluaient au moyen de stipulations. Cette

(1) De offic., 3, 15, 17.

(2) Gaïus, c. IV, p. 61.

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