‹ Du domicile de secoursChapitre 22 sur 34 · UN · texte numérisé non relu

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Le rapporteur examinait, enfin, une dernière objection : « Mais, dira-t-on, s'il y a beaucoup d'ouvriers étrangers dans une ville, ils feront concurrence aux habitants de la ville? S'il y a beaucoup d'ouvriers étrangers dans une ville, l'intérêt de la ville exige, sans doute, qu'ils y soient. Seraitil permit de repousser, dans le malheur, ceux qui sont la source de sa prospérité? »

Voilà quel était le système de la loi de 1851, et comment 1l se justitiait. On avait cru concilier, par cette transaction, les intérêts en présence et mettre fin aux incessantes constestations relatives au domicile de secours: Il n’en fut rien. La loi ne mettait aucune obligation à la charge des communes; la plupart refusèrent de s'engager à payer les frais de journée de leurs malades et les hôpitaux continuèrent à leur fermer leurs portes. Les commissions administratives des établissements hospitaliers, composées en majeure partie des habitants de la commune, s’en üinrent strictement à l'obligation que leur imposait l'article premier de la loi; ils n'appliquèrent, presque jamais, la disposition facultative de l’art. 3, bien que souvent ils eussent des lits vacants. Il n’était pas rare, alors, de voir les communes privées d’établissements hospitaliers et trop pauvres pour payer les frais de journée, user de subterfuges | our forcer l'entrée des hôpitaux. On allait jusqu’à transporter

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et abandonner à leurs portes des malades, afin qu'ils fussent obligés de les recevoir, ne pouvant prouver qu'ils étaient tombés malades dans une autre commune.

Rien, en somme, n'était changé à ce qui se passait avant 1851; c'était toujours. de la part des hôpitaux, la même âpreté à se défendre contre lintrusion des étrangers. Il en résultait souvent des faits scandaleux.

M. de Crisenoy, dans le Monileur des Assemblées départementales el communales, en rapporte un exemple : « En 1878, par un soir d'hiver, un cultivateur conduisant une charrette était tombé sous la roue et avait été grièvement blessé. Un passant le trouva, gisant sur le sol, le chargea dans Île chariot et se mit en quête de secours. Il se rendit chez le maire de la commune, qui l’engagea à conduire le blessé à l'hôpital le plus proche, situé dans une commune voisine. Il pouvait être six heures lorsqu'on arriva à la porte de lhôpital. C'était un dimanche : pas de médecin, pas d’administrateur. Le règlement défendait de recevoir qui que ce fût sans autorisation; le blessé était étranger à la commune; il n'avait pas été trouvé sur son terriloire, et, malgré les instances du conducteur, malgré l’état très grave du malade, malgré le froid de plusieurs degrés qui aggravait son état, on refusa de l'admettre, La charrette se remit en

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