‹ Du Domicile de SecoursChapitre 11 sur 45 · JU · texte numérisé non relu

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pour tenter leur guérison, ou tout au moins leur soulagement. Cet effort doit être fait, maintenant que les Français sont plus pénétrés du sentiment de l’humanité qu'aucun peuple du monde.

Et le Comité conclut, qu’en face de cette autre nature de misères, le premier système qu’il importe le plus à l’État d'étendre, est celui des secours à domicile, établi par cantons, assuré par des chirurgiensmédecins.

Dans son titre II, le Rapport s’occupe des secours à donner aux enfants.

Les enfants, pour un État, sont une source de richesses. Les enfants pauvres, nés de familles nombreuses,doivent être secourus au sein de leur famille ; mais ce ne sont pas les plus à plaindre, dans leur misère ils ont encore l’appuietle soutien deleurs parents.

La classe qui réclame l'assistance est la classe de ceux « dont l’origine est ignorée et qui ont été abandonnés par les auteurs de leurs jours ». Placés dans les hospices, leurs facultés physiques et morales sont étouffées, ils ne se développent qu'imparfaitement et les sentiments de tendresse et-d’affection leur sont étrangers. Élevés dans l’oisiveté, ils en gardent l’habitude et deviennent des êtres chétifs, inutiles et parfois dangereux.

Ceux qui, par hasard, se développent d’une façon

plus normale et contractent des habitudes de vie

meilleure, trouvent « dans le préjugé qui flétrit leur naissance, des obstacles qu’une force et une vertu peu communes peuvent seules surmonter » . Nécessairement, ils sont destinés à être malheureux, parce qu'ils sont le jouet des circonstances ; errants, vagabonds, mendiants, ils finissent par peupler les prisons et mener une vie honteuse et misérable.

La Constitution se doit des’occuper de cesenfants abandonnés pour sauvegarder leur santé et en faire des sujets utiles à leur pays.

Un écueil doit être évité ; il ne faut point que le législateur en les secourant augmente le nombre des mères indignes qui les abandonnent, renonçant ainsi aux sentiments les plus doux et brisant les liens les plus puissants de la nature. L’Assistance publique, qui favoriserait le désordre, ne serait plus de la bienfaisance.En fait, il est« peut-être impossible, en offrant des soins au véritable malheur, de ne pas prêter au vice quelque moyen de les usurper. Voilà, sans doute, la plus épineuse difficulté de la législation des enfants abandonnés. » La législation bienfaisante n’en doit pas moins des secours complets à tout infortuné dont le malheur est évident.

Le Rapport laisse à la municipalité le soin de s’occ'per des enfants abandonnés et émet un avis très

favorable sur l’adoption.

A toute époque et chez tous les peuples, les hom-

ri

mes se sont occupés de leurs semblables, affaiblis par l’âge et lesinfirmités ; ce n’est, après tout, qu’un sentiment naturel de respect et de vénération bienveillante envers ceux qui nous ont donné l'existence, l’éducation et le bien-être.

Pénétré de ces principes, le Comité en faisait découler cette vérité que « les secours accordés à la vieillesse sur les fonds publics doivent être autant le supplément au travail devenu impossible que l’expression de la satisfaction qu’a la société de la conduite laborieuse, de même que les secours accordés à l’enfant, au moment de la naissance, ne doivent être considérés, par la société, que commeun prêt qu’elle lui fait, pour en être un jour dédommagée par le travail et l’utilité qu’elle en attend ».

Toutefois, ajoutait le Rapport, dans les secours donnés aux vieillards, certains ménagements s’imposent. Il ne faut pas froisser leur susceptibilité, accrue par l’âge et les maladies ; il ne faut pas multiplier sous leurs yeux le spectacle de leurs propresinfirmités ; il faut, autant que possible, leur éviter tout rapport direct avec l’humanité souffrante, comme on le fait dans les hôpitaux. Tant pour ne pas aigrir leurs sentiments que pour soulager leurs infirmités, il faut que le mode de secours soit conforme au respect dû à leur vieillesse malheureuse.

Ce mode de secours, le Comité le trouvait dans le

« secours à domicile ».

Ca

« Nous y avons vu, dit le quatrième Rapport, le moyen d'entretenir ce sentiment naturel, ce premier de tous les sentiments, ce principe de toutes les vertus, l’affection, le respect filial que la misère éteint avec une force de nécessité, ou au moins qu'elle rend très souvent sans effet et dont le peuple français, naturellement bon, doux et sensible, doit être pénétré plus qu'aucun autre ; nous y avons vu enfin, pour le vieillard secouru, des soins plus attentifs, plus de consolations et la douceur inexprimable de souffrir et de mourir entouré de ses enfants ; nous y avons vu pour les familles un peu plus d’aisance et, par là, la récompense de leurs soins.» . . .

« Si cependant un vieillard indigent ou infirme ne pouvait trouver chez les siens les consolations et les soins que la loi bienfaisante a voulu lui procurer, il doit être libre de les chercher ailleurs, de retrouver des enfants dans des amis, des parents ou des voisins, en y portant avec lui les secours de la bienfaisance publique (1). »

Ainsi, les affections naturelles ne seront pas brisées, elles seront plus fortes et l’homme, devenu vieux, ne songera plus à l’hôpital comme dernier terme nécessaire de sa vie.

Quant aux vieillards qui seront dans des condi-

tions telles qu'aucun secours à domicile ne pourra

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