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CHAPITRE II

L’Assistance publique sous la Révolution. — Les idées de Montesquieu et de Necker.

Formation du Comité de mendicité. — Principes nouveaux : le droit

aux secours et l'assistance nationale, — La sécularisation des secours,

Le meilleur moyen d'assistance : l’assistance à domicile. — En second lieu, l’hospitalisation. — Secours aux malades, aux aliénés, aux enfants abandonnés.

Consécration définitive de l’idée du domicile de secours.

SECTION I

A l’époque de la Révolution, deux mille cent quatre-vingt-cinq hôpitaux existaient en France. Leurs propriétés immobilières étaient immenses.

Frappé par cet état de choses, le ministre Necker s’efforçca d'amener ces hôpitaux à convertir leurs biens en rentes sur l’État : « Ces maisons, disait-il plus tard, auraient ainsi converti un faible intérêt contre un plus grand, une administration compliquée contre une très simple (1). »

1. De l'administration des Finances de la France, t. IE, chapitre XVI.

Il voulut améliorer leur administration très imparfaite, fonda un hôpital modèle qui porte encore son nom et obtint de Louis XVI la nomination d’une commission, ayant pour but de remédier aux désordres les plus graves. On en était réduit à entasser quatre et quelquefois six malades dans le même lit. Louis XVI fit cesser ce procédé déplorable et décida la construction de quatre nouveaux hôpitaux.

Montesquieu, dans son Æsprit des lois, avait étudié particulièrement le droit des pauvres aux secours publics ; il admettait que l’État devait fournir < à tous les citoyens une subsistance assurée », mais il réclamait, en même temps, l’abolition des hôpitaux qui, pour lui, ne servaient qu’à entretenir la paresse (1).

Necker disait au contraire : « Rien n’est plus conforme aux lois de l'égalité que ces établissements publics, où le véritable pauvre trouve des secours dans ses infirmités et ses maladies, et s’il est des moments où la confiance en de pareils secours le rend moins économe, il en est d’autres où cette confiance le préserve du plus affreux désespoir (2). »

L'Assemblée Constituante se préoccupa de la réorganisation de l’Assistance publique.

Les vues politiques de cette époque firent reposer

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