lioin.'iiu'.s, op. cit., p
ble : par exemple, s'il tend une rêne pour relâcher l'autre, il vaut mieux tendre davantage celle-ci.
Mais de tels moyens ne sont à recommander que lorsque l'animal se montre notoirement incapable, soit par incompréhension, soit par entêtement, d'obéir de sa propre initiative aux ordres qu'il reçoit. Le cheval lui-même, malgré le caractère mécanique de son éducation, doit être abandonné dans une certaine mesure à ses propres inspirations. En particuher, il vaut mieux lui laisser prendre naturellement l'équilibre nécessaire aux mouvements demandés et n'exercer de contrainte à cet égard que dans la mesure où cela est nécessaire pour empêcher la formation d'un équilibre vicieux. On peut aussi utiliser les réactions spontanées qui se produisent dans certaines circonstances judicieusement choisies. C'est ainsi que la docilité aux changements de direction s'obtient plus vite quand ceux-ci se font dans les coins.
L'initiative de l'élève est d'autant plus facile à régler que le dresseur la provoque lui-même en faisant appel à quelques sentiments très simples dont il peut jouer, s'il a de l'expérience, avec la certitude de provoquer les effets désirés. Parmi
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ces mobiles, le plus puissant est sans contredit l'émulaliou. Personne n'ignore à quel point elle agit sur les «lievaux ; certains en deviennent ennuyeux à monter, à cause de leur manie de vouloir toujours dépasser leurs congénères. Les chiens y sont peut-être en(;ore plus accessibles : j'ai observé, entre autres cas, celui d'un irishsetter, individu très obstiné comme presque tous ceux de sa race, qui malgré les caresses, les friandises, les objurgations, le collier de force, etc., restait inexorablement réfraclaire au rapport dont il connaissait pourtant très bien le mécanisme. Cela dura jusqu'à ce qu'ayant vu un jour son maître faire rapporter un autre chien, il se précipita le premier sur l'objet indiqué et le remit en main le plus correctement du monde : lui-même avait indiqué le moyen de vaincre son entêtement. Peu à peu on put se passer de la présence de son rival et lui faire exécuter sur un simple geste l'acte qui lui répugnai! tant '.
Mais à la dillerence de ce qui a lieu, sinon chez les enfants, du moins chez les adolescents, l'émulation dans la conscience animale se confond presque toujours avec la jalousie ; car l'ins-
i. V. d'autres cas, cités par Romanes, p. 197.
tinct de la concurrence vitale porte les bêtes à désirer Télimination de l'adversaire plus encore que la conquête de l'enjeu qui occasionne la lutte. Aussi les sentiments de rivalité ne doiventils être mis à contribution qu'avec une extrême prudence, comme étant de nature à faciliter la prédominance des instincts primaires que le dressage a pour but d'asservir à un travail imposé par l'intelligence humaine. Qu'on essaye pour se rendre compte de ce danger, de faire lutter de vitesse ou simplement d'utiliser pour une ascension en montagne deux ânes entiers : on aura le plus souvent beaucoup de peine à les empêcher de s'attraper à belles dents, parfois même de s'étrangler. Il convient d'ajouter qu'une longue domestication finit par humaniser dans une certaine mesure les espèces les plus combatives; il n'est par rare par exemple de trouver des chiens qui se contentent de grogner, sans plus, quand au moment du repas, un de leurs congénères ou le chat de la maison prend sa part de leur pitance; quelques-uns même semblent admettre le partage comme naturel. Que l'on compare, pour avoir une idée des progrès faits dans ce sens, les luttes meurtrières qu'à l'état sauvage les mâles de presque toutes
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les espèces se livrent entre eux à l'époque des amours, aux querelles inoiïensives des chiens lancés à la poursuite d'une « lycisque orgoose », comme dit liabeluis : les blessures sérieuses sont une exception.
Dans l'émulation se combinent deux tendances élémentaires dont l'une du moins est toutepuissante dans les consciences, à quelque degré zoologique qu'on les considère : l'amour-propre et l'instinct d'imitation. La première, en tant qu'elle implique le sentiment du moi, ne peut guère exercer d'action sur l'activité animale; tout au plus dans les individus les mieux doués apparaît-elle par échappées fugitives; et il y aurait beaucoup à dire sur la prétendue fierté des mulets espagnols qu'on punit de leur désobéissance en transférant panache et grelots à un de leurs camarades*. A plus forte raison doit-on se montrer sceptique vis-à-vis de l'orgueil qu'éprouveraient les béliers et les taureaux à porter les clochettes et autres ornements qui distinguent le chef du troupeau. Le plaisir lié à une habitude en partie héréditaire et à l'instinct qui, dans les espèces vivant à l'état grégaire,