‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 15 sur 52 · I. Hdiii.iiies, op. cit., IF, |i. HO · texte numérisé non relu

I. Hdiii.iiies, op. cit., IF, |i. HO

pousse les mâles à se disputer le rôle de conducteurs et d'étalons, suftit à expliquer leur manière d'agir.

Quant au besoin d'imiter, on peut le considérer comme aussi général que la sympathie dont il est la forme intellectuelle. Le lien qui unit la représentation au mouvement est d'autant plus étroit que l'activité du sujet est plus automatique, que sa mémoire toute fonctionnelle ne permet pas à l'image du passé de se projeter dans l'avenir et de conférer aux actes présents qui le créent, la souplesse et l'originalité qu'exigeraient les circonstances. Aussi la plupart des individus appartenant à l'ordre des ruminants ou aux autres groupes zoologiques dont l'intelligence est incapable d'exécuter des variations sur le thème fourni par l'instinct, se montrent-ils à la fois incapables d'imiter les mouvements du dresseur et comme contraints par une poussée intérieure à répéter les actes qu'ils voient accomplir par leurs congénères. Depuis le tour que Panurge joua à Dindenault, la sottise des moutons est proverbiale à cet égard. J'en ai vu, sur une montagne avoisinant Digne, un troupeau entier aller s'abîmer dans un ravin profond où un bélier était tombé par mégarde. Qu'une vache ou un

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taureau, pendaut Télé, se mette à courir pour (M'Iiapper à la piqûre des taons, et aussitôt tout le li'onpc;!!! fonce en avant, tête baissée et queue en l'air. Si. dans une écurie, un cheval est atîecté d'un lie, tel que le balancement de la tète, les autres ne tarderont pas à le contracter. Lorsqu'un chien se met à aboyer, tous ceux qui Tenlendenl lui font écho. Faut-il rappeler que la plupart des sentiments, des actes, des jugements dont se compose une vie humaine, sont ein|)runtés de toutes pièces aux j)arents, aux maîtres, à la conscience collective du groui)e social dont on fait partie? Mais tandis que chez les animaux inférieurs, chaque mouvementimitéest une simple reproduction d'un exemplaire identique |»our tous, une part d'invention se glisse, pour l(»s motifs indiqués j)lus haut, dans les acquisitions des animaux supérieurs, une part qui, dans la conscience de quelques hommes, peut devenir à ce point prépondérante que chaque acte est une véritable création ayant une qualité tout autre que les imitations dont il est la rencontre ou plutôt la synthèse.

Aussi, dans le dressage des sujets dont l'individualité tranche si peu qu'on doit plutôt les considérer comme de simples échantillons de

l'espèce, on ne saurait trop utiliser l'influence de l'exemple donné par un congénère instruit. Ce procédé suffît même à l'éducation des bovidés, puisqu'on habitue un bouvillon ouune génisse à obéira la voix et k l'aiguillon en les soumettant au même joug qu'un bœuf ou une vache déjà accoutumés à travailler. Mais les «. moniteurs » ou « maîtres d'école » trouvent un peu partout leur emploi. Non seulement ils sont indispensables pour former rapidement, par exemple un bon cheval de trait, mais encore pour instruire les sujets destinés à opérer de leur propre initiative. Un chien de garde reste-t-il muet en présence des intrus? Donnez-lui un compagnon fort en gueule, par exemple un roquet grincheux, et il ne tardera pas d'abord à faire chorus, puis à aboyer tout seul. Le dressage d'un jeune clnen d'arrêt est beaucoup plus aisé et rapide, si on le fait chasser avec un camarade déjà confirmé, Dans la plupart des cas on se tromperait pourtant, si l'on croyait pouvoir se décharger entièrement sur un élève plus âgé du soin d'instruire un animal novice. Un cheval dont l'allure est très correcte pendant qu'il travaille avec le moniteur, se montre souvent incapable de travailler seul, surtout s'il est peureux ou noncha-

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lanl. Il n'y a pas d'aiilodidacte parmi les bêtes ; celles même qui manifestent le plus d'initiative, doivent être tenues en laisse, au moins moralement.

Presque aussi féconde que l'émulation, mais beaucoup plus rare est la sympathie qu'éprouvent l'un pour l'autre deux individus de la même espèce indépendamment du sexe, ou encore l'amitié qui unit deux sujets appartenant à des groupes différents. Hugh Dalziel' raconte que Bob, un puissant setter-gordon qu'il avait dressé à l'eau dans une rivière, refusa de se jeter à la mer jusqu'au jour où, voyant un petit chien en danger de se noyer, il se précipita courageusement au milieu des vagues et le ramena sur le rivage. En féviier 189G, le chien d'un cultivateur de Cazarilh (Haute-Garonne) accomplit une prouesse analogue en faveur d'un chat que son maître voulait noyer. Deux fois il se jeta dans les eaux glacées de l'Onne et finit par mettre son vieux camarade en sûreté^. Les chevaux ont des haines et des amitiés qui influent, suivant le compagnon qu'on leur donne, sur leur manière de travailler. Plus généralement beaucoup d'ani-

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