D'après La Dépcchc de Toulouse
maux manifestent pour certains de leurs commensaux des affinités électives qu'on peut utiliser pour obtenir d'eux des actes qui leur répugnent. Plus efficace est encore l'attachement qu'ils éprouvent pour leur maître'. Bien qu'il y ait beaucoup d'exagération et de parti pris dans les histoires attendrissantes qu'on raconte sur la reconnaissance des bêtes, mise en parallèle avec l'ingratitude des hommes, il est sûr qu'au bout d'un certain temps, entre la représentation agréable des soins reçus et l'image de celui qui les donne, il se forme une connexion qui dans quelques cas peut devenir définitive. Si, au surplus, le maître est suivant les circonstances tantôt très bon, tantôt très sévère, les oscillations affectives qui en résultent dans la conscience de l'élève, contribuent à produire les émotions les plus vives dont il soit capable, par suite à lui rendre impossible l'indifférence vis-à-vis de celui qui cause en lui ces bouleversements. Or, venant d'une personne aimée, les louanges, les caresses, les réprimandes produisent le
1. Y. de nombreux exemples dans Romanes, notamment l'histoire du skye-terrier qui, après avoir refusé longtemps de se laisser laver, malgré les coups et la privation de nourriture, céda dès qu'il se crut en danger de perdre l'affection de sa maîtresse, op. cit.., II, p. 195.
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maximum (l'effet, si on sait les combiner avec adresse et les mellre en valeur les unes par les autres. Au conli-airc, ni la manière douce, ni la manière forte, si on les emploie isolément, ne saliraient avoir la même eificacité. Trop d'indulgence tue l'autorité indispensable au dresseur ; d'autre piut, les mauvais traitements, pour peu (ju'on en abuse, sont plus nuisibles qu'utiles, en ce qu'ils associent la douleur à l'acte demandé ; pratiqués au début du dressage, ils risquent de dégoûter à tout jamais le sujet des exercices qui les ont occasionnés. L'idéal, en cette matière, serait de recourir aux sanctions naturelles, parce que leur influence n'y est pas limitée, comme en pédagogie, par les exigences souveiit contraires de la raison, ('ela se peut quelquefois. Par exemple, il arrive qu'un cheval, énervé par les premiers essaisdu travail aux grandes guides, se défend, tourne, s'enchevêtre et tombe, paralysant ainsi sa défense. Puni de la sorte, il ne larde pas à perdre l'habitude de recommencer. Mais les cas de ce genre sont rares. Le plus souvent le dresseur est obligé d'intervenir lui-même. Or lart d'appliquer les sanctions su|)pose un doigté, une maîtrise de soi, une connaissance de l'élève don! peu d'instructeurs sont ca|»ables.
« Les corrections elles caresses doivent toujours arrivera propos et juste au moment précis où elles doivent être efficaces. C'est là le point difficile qui constitue le tact chez le dresseur, tact sans lequel tout dressage est impossible'. » Un tel à-propos implique deux conditions essentielles : la conuaissance psycho-physiologique de l'individu qu'on instruit, la souplesse d'esprit et de main nécessaire pour proportionner la sanction aux mobiles de l'acte accompli. Il faut savoir faire une distinction constante entre un état de crainte ou de souffrance et la rétivité, réserver toutes les sévérités à celle-ci, tous les encouragements à celui-là. Presque toujours les fautes commises proviennent d'une cause spéciale, qu'on doit d'abord chercher avant de se résoudre à punir. Par exemple, « le plus souvent c'est pour fuir la douleur que lui causent une embouchure trop sévère et une main maladroite que le cheval prend l'habitude de se cabrer ; une embouchure plus douce, une main plus moelleuse suffisent dans ce cas à faire disparaître la défense » -. Bien plus, il y a intérêt à chercher, même chez les individus rétifs, un point sensible