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sur lequel on puisse agir avant d'en venir aux coups ; ou bien on peut leur demander ce qu'on les sent disposés à exécuter et passer insensiblement à des exercices plus désagréables. On n'y réussit pas toujours. On rencontre, notamment parmi les chiens, des individus obstinés qui, comprenant très bien ce qu'on leur demande, s'entêtent dans une résistance dont les moyens ordinaires ne sauraient venir à bout, ou qui se montrant dociles pendant qu'ils se sentent sous l'œil du maître, reviennent à leur naturel dès qu'ils se croient inaperçus. Dans les cas de ce genre, si la coercition par le recours aux instincts primaires neVéussit pas,si la faim même, ce qui est rare, resteimpuissnnte, on peutessayerdescoups; mais de l'avis à peu près unanime des auteurs qui ont réfléchi sur les conditions du dressage, les correclionsles plus méritées, si elles sont trop fréquentes, non seulement n'amendent pas l'élève coupable ou récalcitrant, mais de plus elles présentent le grave inconvénient de le stupéfier, au point que les ordres donnés susciteront désormais en lui non la représentation des actes à exécuter, mais l'attente inquiète du châtiment déjà reçu. A ce régime, un cheval rétif le devient d'ordinaire (la\aiitage; un chien qui n'était que têtu, ne
tarde pas à devenir stupide par surcroît. Les coups ne sont efficaces qu'administrés comme un châtiment exceptionnel et immédiatement après la faute. iMais il faut qu'ils provoquent une douleur assez cuisante pour que l'animal en garde une impression très vive. De cette manière la correction, parce qu'infligée rarement ne confère pas pour l'avenir à l'acte commandé un caractère douloureux ; néanmoins, le souvenir en demeure assez tenace pour que la rudesse du ton, la vue du fouet maintiennent l'élève dans une obéissance à demi consentie, partant de meilleur aloi que celle qui résulterait de la coercition pure. On n'est pas tenu aux mêmes précautions envers un sujet déjà confirmé, en qui les associations créées par une longue instruction sont devenues définitives.
Suivre la nature, tel devrait être en somme l'axiome fondamental en matière de dressage \ à condition que par la nature on entendit à la fois le naturel psycho-physiologique de l'élève, la diversité des circonstances où il agit, et les changements subjectifs qu'elles provoquent en lui. Pour décider un chien à se mettre à l'eau,
1. Nous verrons dans le Livre II qu'il en est de même en pédagogie.
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on peut y jeter un biscuil ou un morceau de viande s'il est gourmand, traverser un gué en l'invitant à suivre s'il est fidèle, y lancer un canard entravé s'il est chasseur, l'y précipiter s'il est indocile et a|>atliique, ou mieux combiner ces procédés et d'autres encore, en tenant compte (le toutes les données observables, par exemple de la température de l'eau, de l'humeur de l'élève, et aussi de celle du professeur; car on ne maîtrise un animal qu'à la condition de se maîtriser soi-même; dès qu'on commence à se sentir las ou irrité, le plus sage est de suspendre la leçon. Si, comme il arrive souvent avec les jeunes chiens, la colère est provoquée par une exubérance incoercible de l'élève novice, il est bon de lui faire sortir sa fougue par les jambes, en le laissant courir sur les routes, avant de le mettre à une leçon exigeant tlu calme et de l'attention.
I>e même pour le dressage du cheval. Comme le remarque M. llachet-Souplet ', les auteurs qui se sont occupés de cette question, croient trop au cheval théorique, au cheval entité; le grand art. (jui ne s'apprend du l'csle luillc part, est