L'ÉDCCATION EST-ELLE UN DRESSAGE
loule sorte que nourrices, parents ou précepteurs imposent au corps et à l'osprit des frêles créatures qui leur sont confiées. «... en commençant par ne rien faire, vous auriez fait un prodige d'éducation... Laissez mûrir l'enfance dans les enfants. » Que cliaque faculté organique ou mentale trouve son emploi naturel au moment où elle commence à se manifester spontanément : jusqu'à 12 ans il suffit d'exercer les sens, de 12 à 15 c'est le tour du jugement, de 15 à 20 celui des sentiments. Mais surtout que le précepteur se garde d'enseigner quoi que ce soit à son élève : tout au plus doit-il répondre à ses questions de telle manière qu'il l'aide à comprendre les leçons qui se dégagent des faits. Au-dessus du savoir il doit toujours mettre le travail spontané de l'esprit. Pas de livres, pas d'exercices de mémoire : b^mile ' <( ne sait ce que c'est que routine, usage, habitude; ce qu'il fit hier n'influe point sur ce qu'il fait aujourd'hui ». L'essentiel est qu'il devienne un homme <( non instruit, mais instruisable ». Récompenses et punitions sont également superflues : les sanctions naturelles suflisent; en outre,