Commenl Gerlrude instruil ses enfants. Lettre XIII
à des intuitions toujours plus claires d'où les préceptes ne tardent pas à se dégager d'euxmêmes. A Stanz, dit-il en substance*, je n'ai enseigné ni la morale ni la religion, je m'efforçais d'éveiller le sentiment de chaque vertu avant d'en prononcer le nom. Cest la vie qui éduqiie, répète-t-il à plusieurs reprises dans le Chant du Cygnp. L'instruction ne déroge pas à cette règle, puisqu'elle sollicite l'élève à prendre conscience de ses forces intellectuelles, à construire luimême la science par des essais gradués. Aussi l'instituteur doit-il éviter les procédés qui risqueraient de figer l'activité mentale dans des formes prématurées. Par exemple, il ne doit enseigner l'écriture qu'après le dessin, parce qu'elle alourdit la main en l'accoutumant à tracer uniquement certains traits ; — ou bien encore, il doit ramener toutes les connaissances géographiques aux notions de géographie locale que l'écolier a conquises en reproduisant avec de la terre glaise le relief du sol tel qu'il l'a perçu au cours de ses excursions. Car la méthode ne peut qu'étendre graduellement le cercle des intuitions^
1. Lettre à un ami sur son séjour à Stanz, tr. R. de Guimps, pp. 199, 200, 203...