‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 28 sur 52 · L'ÉDLCATION EST-ELLE UN DRESSAGE · texte numérisé non relu

L'ÉDLCATION EST-ELLE UN DRESSAGE

et son (( application s'arrête au point où il devient nécessaire de stimuler d'une façon quelconque la réflexion ; elle s'arrête au point où un exercice particulier, quel qu'il soit, ne naît plus spontanément pour ainsi dire et sans effort de ce que l'enfant sait déjà »>', de ce qu'il a tiré de sa propre observation.

Avant Pestalozzi, déjà Comenius, Rousseau, BasedoNv, etc., considéraient l'exercice des sens comme la base de l'éducation. Herbart, combinant cette doctrine avec les principes généraux de sa pbilosopbie, affirme que l'âme humaine se construit elle-même en tirant progressivement, ses idées de l'expérience. L'éducateur doit faire appel aux facultés aperreptives de l'enfant, à son initiative, à l'intérêt sous toutes ses formes. Quels que soient les degrés de l'enseignement il ne doit jamais quitter les aperceptions intuitives qui donnent aux connaissances toute leur plénitude ; il faut que l'élève reste toujours capable de relier par des idées spontanées (freisteigende VorstoUungen, Ideenlehre) les fragments épars des représentations synthétiques ou analytiques (jui tendent à se systématiser

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L'AUTOMATISME ET LA LIBERTÉ: i03

dans sa conscience. L'instruction ainsi comprise, bien que devant être complétée par la culture morale ou discipline (die Zucht), a sur celle-ci la supériorité des notions durables sur les sentiments qui les colorent d'une nuance passagère. Aussi est-elle le meilleur moyen de créer la moralité, qu'il faut considérer comme la fin suprême de l'éducation, puisque « la valeur d'un bomme se mesure à son vouloir et non à son savoir' ».

Spencer aurait souscrit à cette formule, avec cette réserve que la liberté, ou gouvernement de soi, lui apparaissait moins comme la fin de la morale que comme le moyen essentiel dont dispose l'adulte pour atteindre le bonheur. Or ce but, comme toutes les fins secondaires (conservation personnelle, capacité professionnelle, etc.) qui lui sont subordonnées, est, d'après Spencer, d'autant moins inaccessible que l'éducation fait une part plus large à l'enseignement des sciences. Le temps et les efforts que les découvertes scientifiques ont coûté à l'humanité, l'opinion de Spencer lui-même sur la ressemblance de l'enfant au sauvage, eussent dû,

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