‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 31 sur 52 · H2 L'ÉDUCATION EST-ELLE UN DRESSAGE · texte numérisé non relu

H2 L'ÉDUCATION EST-ELLE UN DRESSAGE

exercices mnémoniques les appels constants à la réflexion et au jugement, du moins en théorie ; car dans la pratique, beaucoup de maîtres, par la force même des choses, opèrent comme cet instituteur de Yasnaïa Poliana dont parle Tolstoï', qui sous prétexte d'appliquer de nouvelles méthodes allemandes exclusives de la mémoire, faisait tout apprendre par cœur sans méthode ni résultat. Aucun des grands pédagogues du xix" siècle n'a professé un tel exclusivisme. La plupart d'entre eux, sans penser comme Al. Bain que « la chose piincipale dans l'art de l'éducation est la recherche des moyens de développer la mémoire- », se rendent compte, suivant le mot connu de Pestalozzi ^ que l'autour et l'aigle eux-mêmes ne sauraient prendre des œufs aux autres oiseaux si ceux-ci n'en ont déjà déposé dans leur nid. IHusieurs, par exemple Rousseau, Pestalozzi, Herbart même, ont insisté sur la nécessité du travail manuel. Or, tout comme les exercices de mémoire, le travail manuel suppose à la fois l'imitalion d'autrui et la

1. La libertc dans Vécob:, irad. Tseylline ol Jaubcrt, p. 2Gi.

2. Science de Védiication^ p. 0. (Irad. fr., Paris, V. Alcan). .1. Vf-rs la fin de sa vio. IN^slalozzi avait môme exagéré le

côlé mécanique de sa mélliode; do plus il avait souvent recours à la contrainte,, même aux lapes et aux soulflets.

création par la conscience de processus psychophysiologiques qui finiront par devenir automatiques. Il n'est pas jusqu'aux jardins d'enfants qui, dans la pensée de Frœbel, devaient fournira l'activité des tout petits la possibilité d'évoluer spontanément suivant sa loi propre, où l'on ne retrouve la'main-mise de l'intelligence adulte sur les consciences neuves. Non seulement la forme des do?is elles lois de leurs combinaisons sont dues à l'entendement adulte et non aux données de l'observation telles que la nature les fournit aux yeux qui viennent de s'ouvrir, mais encore l'idée aussi bien que le mot de Jardin^ indique que la plante humaine, au lieu de pousser en liberté comme un sauvageon, sera cultivée sur un terrain soigneusement préparé en vue des fleurs ou des fruits qu'en espère le jardinier. Qu'on en juge par ces paroles de M"*" Brés' : « Qui donnera l'élan à cet activité, qui la réglera, qui aura soin de ces membres d'enfants comme de ces intelligences et de ces petites âmes pour les garder du mal? Cette grande tâche est celle de la jardinière...; son exemple enseigne autant que sa parole, et, comme elle a affaire à ces petits êtres qui ne

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