‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 43 sur 52 · Cf. M""' Kergomard, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. M""' Kergomard, op. cit., p

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iiir consciente que l'éducalion peut la diriger dans le sens (|iii lui semble préférable, cela en associant le plaisir (pj'elle provoque avec la représentation des actes ou des objets les plus utiles aux progrès ultérieurs. On sait combien sont tonacesles premières associations, au point que le caractère futur de l'iiomme, comme celui de l'animal, en dépend pour une très giande part. Ruskin parle en ces termes d'un certain ly Grant qui le soigna |)endant son enfance : « Ce nom est toujours associé pour moi à une certaine poudre brune (de rbubarbe ou auli'e) acre et granuleuse*. » A plus forle raison les pi-emières impressions (jui ont accompagné Taj)- |)aiition des différents modes de l'activité instinctive, ris(pient-elles d'orienter celle-ci dans un sens dont elle ne pourra })lus se détourner comj)lètemenl. Des premières bistoires racontées par rinslitutrice, des leçons de cboses ménagées a\('c ait, résultent assez souvent dès goûts littéraires ([ui font préférer la lecture au cabaret, un besoin de satisfaire la curiosité native par l'étude des mécanismes, par la connaissance des faits historiques, géographiques, etc., plutôt que j)ar

I. Cili'- |i;ii- .1. Sully, Ktiides sur icnfcuicc, p. ■'l^^ (P.iris, l'. Alcaii).

LA PART Dl DRESSAGE DANS LÉ DUC AT ION. 141

des enquôles puériles portuiil sur la vie secrète des voisins ou des personnages notoires. L'usage des dons, coïncidant avec la naissance de l'instinct de construction, la pratique des mouvements cadencés avec accompagnement de chant inaugurée au moment où commencent à prédominer les tendances motrices, semblent exercer dans certains cas une influence décisive sur les penchants qui plus lard solliciteront l'adulte vers la danse, les sports, les travaux manuels, etc. Il n'est pas jusqu'aux manières de la maîtresse, jusqu'à la couleur des murs et à l'aspect des chromos qui les décorent, qui ne donnent lieu parfois à des associations si tenaces que les expériences ultérieures, même si elles leur sont contradictoires, ne parviendront que difficilement à entamer leur solidité. Pour ce motif, une c< jardinière » ne saurait trop se préoccuper des effets parfois inattendus que la vie scolaire produit dans les esprits soumis à une première culture. Le tact le plus délicat suffit à peine pour approprier les méthodes apprises à l'imprécision des états naissants. Pourtant il serait facile d'éviter certaines erreurs qu'institutrices et auteurs commettent fréquemment. Par exemple, la plupart des leçons de morah^ ont le tort (h' se pré-

!i2 i/i'inrcATioN KST-KiJ.i: IN 11 m: s SA (;k.'

senlcr coinme (l«'s histoires où les enfanls gourmaiuls. meilleurs, taquins, ele., s'atliient maints Uésajiivmcnts [)ar leurs ilélauts. Outre le caraclère artiticiel de ces coniitositions, on peut leur reprocher d'al tirer rallenlion des innocents lecteurs sur des maUces qu'ils n'auraient pas soupc^onnées sans cela. Qu'on ouvre pour se rendre compte de ce dangei', un des livres en usage (U\ns les écoles eul'antines, par exemple les Premih-es 1er l tires de Marie-Hoi)ert Hait. rVirnii les premières histoires, il fii esl (jui appiennent comment le méchant \ incent s'y prend pour faire pleurer sa mère, comment un pelit garçon met le l'eu à ses vêtements, jjourquoi deux frères se battirent, etc.. Et comme ces événeiui'iils sdiil présentés sous une forme dramatiqui' (pie ne comporte guère, |)ar contre, le lahleau de la vie vertueuse, ils acquièrent dans des imaginations toute neuves une puissance de réalisation d'où peuvent résulter de fâcheuses conséquences. Il serait cependant facile de n'admettre, dans les récits enfaiiliiis. que de belles et grandes actions, emj)i'untées pour la |ihi|»a!-| à la \ie des enfants célèhres et des adultes qui ont le mieux incarné le courage, la sincérité, la reconiuiissance el les aulres ([ualilés

qui commencent à germer dans les petites âmes. Inépuisable est la veine qu'on pourrait exploiter dans ce sens ; car, suivant le mot sijuste d'Anatole France, ail y a une chose que les enfants comprennent mieux :encore que les ruses des singes, ce sont les belles actions des grands hommes ' ». Quant aux défauts, ce devrait être un principe de n'en jamais donner la formule aux enfants en qui ils ne se manifestent pas spontanément; là où ils commencent à se dessiner, des prohibitions fermes et nettes, imposées avec le moins d'explications possible, surtout la déviation des tendances enjeu vers des fins bonnes ou indifférentes, produiraient sans doute des résultats satisfaisants. Bref, le pédagogue doit faire comme le dresseur qui se garde de multiplier les défenses et les punitions, mais tâche plutôt d'utihser l'instinct de l'animal en associant ses mouvements spécifiques à la représentation de certains actes, qu'il s'efforce parla répétition ou l'influence du plaisir, de transformer en habitudes.

Mômes procédés pour l'éducation physique qui d'ailleurs, à cet âge, se distingue à peine de l'hygiène morale : il vaut mieux contraindre un

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