‹ Du dressage à l'éducation. --Chapitre 48 sur 52 · LK DU CATION EST-KLL'^> UN' DRESSAGE · texte numérisé non relu

LK DU CATION EST-KLL'^> UN' DRESSAGE

qu'ils mctleiil au service de leur boune volonté, ils risquent de se consumer en efl'orls impuissjints, s'ils ne Irouvenl pas à leur disposition les habitudes intellectuelles et motrices dues à un dressage précédent. Dans l'action comme dans la science, l'hypothèse n'est féconde que lorsqu'elle dépasse l'expérience acquise, sans cesser d'y avoir recours comme à un point de déj)art et à un critérium, sinon elle court d'autant plus le risque de restera l'état de fiction, c'est-à-dire de capric<', que sur le |)rol)lème dont elle cherche la solution, elle eut pu acquérir par imitation des connaissances pratiques plus nombreuses. En un mol, la libcrlc, comme le génie auquel elle ressemble par sa l'onction créatrice, exige de |)lus en plus le savoir et le savoir-faire, la technique et l'idée, la mémoire des moyens et l'invention dans leur em))loi, d'où il suit que l'éducation ne saurait la créer sans recourir au dressage. Peut-être même celui-ci, (|ucl(pie paradoxale (|U(î paraisse celte thèse, est-il l'essentiel de l'éducation. Outre que le maître le plus libéral ne peut agir sur les élèves qu'en utilisant, comme le ferait un dresseur, leurs facultés pour les lins (ju'il juge j)rélerables, la liberlé elle-même, ou bien ne s'apprend |»as.

OU bien se forme par suggestion à l'exemple des libertés qu'on voit à l'œuvre. Et comme, d'autre part, dans presque toutes les tâches qu'imposela vie sociale, la plupart des opérations, étant déterminées d'avance, laissent peu de place à l'initiative, mais nécessitent, en raison dateur complexité, un long apprentissage auquel ne saurait suppléer un surcroît de bonne volonté, il s'ensuit qu'un homme bien dressé est d'autant mieux au niveau de sa fonction ou de son devoir, que la diversité de ses aptitudes sollicite son instinct rationnel à rattacher l'emploi de chacune d'elles à la conception d'une œuvre plus générale qui s'impose à tout homme, ce qui pratiquement équivaut à la liberté. Parmi les sujets bien dressés, seuls resteraient asservis ceux qui, dès l'enfance, auraient été élevés en vue d'une tache ou d'une doctrine exclusives de toutes les autres.

Vu :

le 3 Juillet 1909.

Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris,

A. GROISET.

Vu et PERMIS d'imprimer :

Le Vice-Recteur de l'Académie de Paris, L. LIARD.

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